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Littérature
par Sylvain Boulouque le 18 décembre 2022

Page d’histoire (5)

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L’auteur de La Révolution comme horizon propose une analyse des événements dans le département du Maine et Loire entre 1914 et 1923 pour comprendre les scissions politiques et syndicales. Il propose une réflexion à partir du journal l’Anjou communiste sur la guerre, la Révolution russe, le congrès de Tours, la naissance du PCF puis la scission syndicale donnant naissance à la Confédération générale du travail unitaire.

Le refus de la guerre est d’abord conduit par les instituteurs syndicalistes Louis Bouët (1880 -1969) et sa compagne Gabrielle Dechezelles (1885-1977) qui organise une première réunion à la Bourse du travail d’Angers. Ils arrivent à établir la liaison avec les autres opposants comme Alphonse Merrheim.
Parallèlement, les mouvements sociaux reprennent de l’ampleur à partir de l’hiver 1916. Geneviève Leboucher, une militante libertaire, incarne la contestation sociale qui mêle revendication sociale et antimilitarisme. Les grèves repartent de plus belles en 1918 avec la fin de la guerre à Angers et à Trélazé. Elles marquent deux années de luttes sociales.
Le premier mai 1919 est un apogée.
Un autre libertaire Ludovic Ménard conduit les syndicalistes dans les grèves puis anime la minorité qui tente de prendre le contrôle de l’Union départementale puis de la CGT. Il est rejoint par le couple Bouët.

Frédéric Dabouis analyse en même temps les évolutions politiques et électorales. Sur ce dernier point, pour la SFIO c’est la douche froide.

Sur le plan syndical, la minorité proche des bolcheviques incarnés par les Monatte, Bouët et Rosmer pousse les vieux lutteurs syndicalistes vers la sortie. Ménard, « Ludo » comme l’appelait affectueusement les vieux militants prend sa retraite, écœuré par la servilité des « moscoutaires ».
Très vite, le débat se cristallise autour de deux points : l’indépendance du syndicalisme et la prise de contrôle de la CGTU par les philocommunistes d’une part et la dictature des bolcheviques en URSS d’autre part.
Dans cette partie, les libertaires restent majoritaires dans le mouvement syndical angevin, mais perdent sur le plan national. L’auteur suivant par la suite principalement les destinées du PCF et de l’Anjou communiste.

Sylvain Boulouque

La Révolution comme horizon, Fréderic Dabouis. Syllepse 2022 538 p. 25 €

PAR : Sylvain Boulouque
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