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Littérature
par Sylvain Boulouque le 13 novembre 2022

Pages d’histoire (2)

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Fondée en 1881, par Alexandre III, la police du Tsar a compté parmi les organisations les plus efficaces dans la protection de l’État russe et surtout dans les méthodes modernes de tentative de manipulation et de contrôle des populations. Ainsi l’Okhrana a inventé le faux antisémite grossier les Protocoles des sages de Sion ou a utilisé un nombre important d’agents provocateurs pour discréditer les organisations qui étaient hostiles au tsarisme. L’historien Alenxadre Sumpf a retrouvé des mémoires inédits d’anciens responsables de la police et des pièces d’archives rares comme celle d’un étudiant révolutionnaire emprisonné et retourné par la police ou cet autre militant devenu informateur pour survivre financièrement alors qu’il ne trouvait plus de travail. L’auteur consacre par ailleurs plusieurs pages à la surveillance du mouvement anarchiste par les services de police russe et français, les méthodes de surveillance et de répression n’étant pas les mêmes, les deux polices n’arriveront jamais à s’entendre…
À la chute de la maison impériale, si l’Okhrana a été dissoute, l’esprit policier est resté et les bolcheviques ont amplement repris plusieurs de ses méthodes en la peaufinant et en les amplifiant.

Okhrana. La police secrète des tsars, Alexandre Sumpf. Cerf 2022. 444 p. 24 €




Célestin et Élise Freinet ont été des instituteurs militants à la pédagogie novatrice. Après la Première Guerre mondiale, il rejoint le courant l’école émancipée et observe et se documente sur les méthodes d’enseignement libertaire qui peuvent exister Paul Robin, Sébastien Faure ou l’école de Hambourg). Freinet est alors sympathisant du PCF et trouve que ses méthodes mettent au centre l’individu et non le collectif, il développe alors sa propre méthode, qui reprend des aspects de la pensée pédagogique d’Anton Marchenko. Installés à Saint-Paul-de-Vence, Célestin et Élise mettent en œuvre une pédagogie alternative jusqu’au jour où un article met en cause le maire de la ville. C’est le début la crise, le militantisme communiste des Freinet est remis en cause, les hordes d’extrême-droite tentent de faire pression pour obtenir sa peau et surtout la fin de son expérience pédagogique. L’extrême droite manifeste sous ses fenêtres. Freinet est prêt à défendre son expérience jusqu’au bout. Y compris les armes à la main. L’expérience pédagogique devra sa survie à la victoire du Front populaire. Freinet peut alors poursuivre son expérience jusqu’à sa mort en 1966. Étonnamment, l’autrice ne souligne pas que la violence fasciste qui s’est manifestée avant la guerre contre Freinet a été reprise après la guerre par le Pcf pour mettre fin à ses expériences pédagogiques qui se détachaient de l’orthodoxie communiste.

Une journée fasciste. Célestin et Élise Freinet. Pédagogue et militants, Laurence de Cock. Agone Mémoire 232 p. 19 €

PAR : Sylvain Boulouque
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