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Chroniques du temps réel
par Evelyne Trân le 28 décembre 2020

Les mots parlent d’eux mêmes

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Impossible de revenir au tumulte. Les choses sont et ne me demandez pas lesquelles, je parle seulement de celles qui vous rattachent au sentiment de beauté qui généralement ne fait pas de bruit. Parfois les mots ont un côté vase de porcelaine, ils songent creux. Alors, il faut cesser de les interroger. Il faut croire n’être qu’une virgule dans leur courant d’air ou plutôt une particule.
Ce sont les mots qui vous saisissent et si nous les quittons souvent c’est que sans doute il y a d’autres univers, Si j’aime les mots c’est parce qu’ils glissent sur moi comme une éponge et surtout qu’ils réveillent mes sentiments de haine et d’amour. Il faudrait interdire l’utilisation du mot « Je ». Il n’y a pas de pire ennemi que le « je » dans la littérature. Il n’y a pas plus lourd qu’un « je » faucille d’être et de néant. Il faut le remplacer par un prénom pour éprouver cette sensation franche et stupide qu’un homme est content lorsqu’on l’appelle par son prénom. Il y a des êtres si doux, si doux, qui donnent l’impression d’être plongés dans le chaos et qui pourtant entendent tout, entendent tout.
En fait, nous existons beaucoup par les autres. « Je » est une abstraction. Comment ne pas éprouver une fleur plus belle que soi.
Je lui dis adieu à cette fleur et si j’utilise « je » ce sera pour sa sonorité avec plein de fautes d’orthographe.
Il y a un jardin et dans le fond « je » est un mot outil comme les autres. C‘est la bêche qui sert à fouiller. Si vous ne savez pas vous servir de la bêche, alors fouillez la terre avec vos mains, ce sera plus long et en plus vos ongles vont devenir tout noirs. Vous le savez que vous l’avez un peu perdu cette sensation de toucher la terre. Oui n’importe comment, vous n’existez pas pour les autres si vous ne servez à rien. Mais on peut exister pour soi, le saviez-vous ? Et même pour ceux qui ne vous demandent rien. Maintenant, je vais faire une prière, je vais dire : « Je ne vais pas me taper la tête contre les murs »
Je vais entendre la forme des mots, Vincent va me donner un mot, il aura la couleur de sa main, il me sourira dans ses yeux, nous la grignoterons ensemble sa perle du ciel. Il aura un regard moqueur qui tachera ma robe mais il s’en fout. Il est très simple, Vincent, parce qu’il est capable de faire respirer n’importe quelle chaise dehors et grâce à lui, j’ai des souvenirs extraordinaires, libres.

J’ai dansé avec des chaises avec Vincent. J’ai été vieille comme lui avec un ventre tout ridé. Nous sommes rentrés dans sa chambre pour soulever un catafalque de choses mortes. Il est en train de me dire que ces choses existent toujours. Elles se sont transformées, c’est une histoire de château, c’est tout, de château de sable. Mais si nous ne prenions rien au sérieux, alors où irions-nous ? Moi je les aime les pâtés, je les adore. Ils ne me manquent pas, ils sont dans ma tête.
Nous serons sages comme des pâtés de sable. Dans ma tête, tous les gens se rencontrent, c’est formidable !

Paris, le 27 Décembre 2020
Evelyne Trân
PAR : Evelyne Trân
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1

le 28 décembre 2020 19:45:07 par Luisa

Grandiose !