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Littérature

par Patrick Schindler • le 28 février 2026
V’là l’printemps qui s’annonce et l’rat noir qui s’ramène...
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France : Vêtures évidentes du vide de Jehan van Langhenhoven suivie de deux ouvrages à lire avant d’aller voter aux municipales : A voté de Laurent Le Gall et Voter, moi ? Jamais !
« Chacun de nous ne parle qu’une seule phrase que seulement la mort peut interrompre ». Roland Barthes
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Walt Whitman par Eric Athenot
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En France, il a exercé une grande influence sur les poètes symbolistes et les écrivains unanimistes. Il semble acquis aujourd’hui que ses poèmes reflétaient son inclination sexuelle envers les hommes, bien qu’il s’efforçât, époque oblige, de plus ou moins de préserver sa réputation. Les carnets privés de Whitman corroborent le peu d’intérêt pour le sexe féminin manifesté par le poète. Pour beaucoup, Walt Whitman et Emily Dickinson (voir le Rat noir avril 2025) sont les deux piliers de la poésie américaine du XIXe siècle. À partir des années 1970, le mouvement d’émancipation homosexuel firent d’eux des figures de proue.
« J’escompte de mes frasques amoureuses des hommes parfaits, j’attends d’eux comme nous à présent, qu’ils s’interpénètrent »…
Dans la préface de cette biographie passionnante (éd. Belin), Eric Athenot nous prévient « Aller à la rencontre de Wilt Whitman sans idées préconçues est un véritable défi. Autodidacte à l’avant-garde de la création littéraire de son époque, omnivore et kaléidoscopique à la limite de la mégalomanie, subversif, vampyriste, chantre d’une Amérique idéale à jamais inachevée, grand-oncle goguenard de la beat generation, porte-parole avant-gardiste des gays américains, il est partout et souvent là où on ne l’attend pas, rarement toutefois là où on souhaiterait qu’il soit ».
Mêlées à sa bio, l’auteur nous invite à parcourir les nombreuses légendes colportées par le poète et par son entourage, mais qui se sont vues confirmées au fil du temps. Eric Athenot va nous promener ensuite à travers l’œuvre du poète nous expliquant qu’à son sens, ce fut sa prédilection pour le vers libre dans l’Amérique du XIXᵉ siècle qui le préfigura comme un écrivain révolutionnaire « mêlant le caractère sacré et païen de l’union sexuelle et du locuteur de la terre » :
- « Terre des arbres liquides qui sommeillent, Terre des déluges vitreux que verse la pleine lune à peine libérée du bleu »…
Plus loin, nous verrons à quel point la musique (et notamment les opéras italiens) marqua son œuvre poétique :
- « Les mots chantés sont plus beaux que les mots véritables ».
Pour le biographe « c’est d’une perpétuelle jouissance physique du réel que nait le sens du sacré chez Whitman ».
En ce qui concerne sa sexualité, on remarque dans certains extraits de ses poèmes, une prédilection pour la déconstruction des polarités masculin/féminin. Nombreuses sont les allusions à l’homosexualité :
- « Vous ruisseaux de sueur et rosées qui me chatouillez doucement en frottant contre moi vos génitoires, ce sera vous » !
Concernant les femmes, DH Lawrence reprochait à Whitman de ne voir chez ces dernières « que muscles et entrailles » !
Narcissisme et onanisme ne sont pas exclus de ses poèmes :
- « Sais-tu ce que tu fais, caresse scélérate ? Mon souffle hoquette dans ma gorge, Je n’en peux plus, déclenche tes écluses »...
En matière de politique, loin des clichés auxquels est trop généralement associé son discours nationaliste, en se familiarisant avec le style de Whitman on perçoit la dimension plus utopique que réelle de sa vision l’Amérique. Son rêve d’une nation multiraciale étant né de ce qu’il put voir durant les ravages causés par la guerre de Sécession. S’il prit position contre l’esclavagisme, Eric Athenot cherche à comprendre pourquoi dans son éloge d’Abraham Lincoln, Whitman ne mentionna pas ses convictions antiesclavagistes et l’auteur ne fait pas l’impasse sur les préjugés raciaux du poète. Ce dernier fréquentait volontiers les gens du petit peuple et rencontra ainsi Peter Doyle, une des deux passions amoureuses de sa vie.
Le biographe s’interroge enfin sur sa réputation en Amérique de « passeur désintéressé » :
- « Quand je donne c’est moi-même que je donne, sans hésiter, mais sachez-le cependant je ne donne ni leçons, ni charité médiocre ».
Quant à son rapport à la mort…
- « Mourir ne ressemble pas à ce que vous ou moi supposerions, c’est une chance […] Vite, plus loin, plus loin, plus loin »…
En guise de conclusion, Éric Athenot tente de répertorier la postérité de Wilt Whitman et ce depuis ses « contemporains whitmaniaques » (féministes, socialistes, anarchistes et intellectuels homosexuels), jusqu’à ceux plus récents (Oscar Wilde, Stefan Zweig, Federio Garcia Lorca, Fernando Pessoa, Allen Ginsberg, etc)…
Chester Himes : La croisade de Lee Gordon

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C’est sous cet angle que nous découvrons en effet le quotidien de Lee Gordon, le héros du roman qui se déroule à Los Angeles en 1943. Dès les premières pages nous sommes dans le vif du sujet, tandis que nous assistons à une scène de ménage entre lui et sa femme Ruth. Cette dernière s’étant frayé un chemin dans le monde des Blancs en tant qu’assistante sociale, tandis que Lee a longtemps galéré au chômage et vient d’accepter une offre inespérée au poste de recruteur pour le syndicat d’une grande usine de guerre. Au lieu d’accueillir la nouvelle avec joie, Ruth le rembarre, réaction à l’opposé de celle que Lee attendait d’elle.
Le lendemain, nous arrivons à l’usine avec Lee tandis que Joe le responsable permanent du syndicat, lui parait humain et non raciste. Ce dernier le met en garde sur la situation et notamment celle des ouvriers noirs dans l’usine « Fais de ton mieux pour recruter des Noirs dans l’usine car les blancs ici sont presque tous originaires du vieux-sud. Méfie toi aussi des communistes qui te feront des avances. Rappelle-toi toujours que tu travailles pour le syndicat et pas pour le Père Staline »… Les premiers essais de Lee sont assez décevants « Les Noirs sont soit trop silencieux ou trop bruyant, trop différents des autres. On les avait tellement mal menés. On leur avait tellement menti, trahis ». Aussi, Lee a honte de leur offrir "l’espoir d’un nouveau paradis de fabrication blanche" ». Ses réflexions le ramènent à son enfance en 1912, l’année où il naquit, tandis que les « Nègres » étaient tous domestiques en Californie, puis après une légère amélioration le nouveau statut « d’ennemis de l’intérieurs » qu’ils acquirent avec les Japonais après le pacte germano-soviétique.
Pour l’heure, Lee suit les conseils de Joe et se méfie des communistes qui ne tardent pas à lui faire les doux yeux. Côté personnel, nous allons être les témoins de la lente déliquescence du couple Gordon. Lors d’une soirée très alcoolisée, Lee rencontre Jackie. Sera-t-elle sa première relation amoureuse interraciale ? Parallèlement, nous allons faire la connaissance de plusieurs délégués syndicaux blancs et exceptionnellement noir ou Juif, tous plus difficiles à déchiffrer, les uns que les autres.
Au mitan du roman, l’action va rebondir quand soudainement, le couple Gordon est invité chez le directeur de l’usine. Va en découler, une véritable tragédie se déroulant entre autres dans le décor hyperréaliste d’une soirée édifiante chez un couple de communistes caricatural ou bien se dans « un quartier nègre fréquenté que par des Nègres qui s’y servaient d’autres Nègres » ou dans un autre quartier « où des Juifs travaillaient pour des antisémites notoires » !
Le tout saupoudré de phrases les plus mordantes de Chester Himes, telle que « On peut ignorer un Nègre perdu entre cinquante Blancs, mais huit Nègres sur vingt personnes, c’est déjà pour les gens presque une insurrection » !
On est encore bien loin du début de la lutte des Black Panthers !
Jake Lamar : Nous avions un rêve
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Né en 1961 dans le Bronx, Jack Lamar fait ses études à l’université Harvard et intègre ensuite la rédaction du Time Magazine, À 28 ans, il reçoit la commande d’une autobiographie, Confessions d’un fils modèle, où il évoque ses relations avec son père, qui obtient un prix littéraire et le convainc de se consacrer entièrement à l’écriture. En 1993, inspiré par la démarche des écrivains américains F. Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, Gertrude Stein, Richard Wright, James Baldwin, il s’installe à Paris dans le 18e arrondissement, où il réside toujours. Nous avions un rêve est une fresque satirique de l’Amérique contemporaine « critiquant l’intégration et le spectacle télévisuel omniprésent d’une société en constante perte d’humanisme ». Bien qu’il écrive des polars dans le style de Chester Himes auquel il est souvent identifié, Jack Lamar ne découvrit ce dernier qu’en France.

Dans un premier temps, nous serons plongés dans l’univers de Melvin Hutchinson, attorney général originaire d’un quartier noir du New-Jersey, en passe de devenir le premier Vice-président de couleur de l’histoire américaine. Ce dernier, tourmenté par son passé étant « bien conscient que l’accession aux arcanes du pouvoir se gagne et qu’on y accède comme on s’en fait exclure ». Aussi, Melvin est souvent contraint de taire ses sentiments profonds, d’autant qu’il est l’investigateur des « camps de rééducation pour délinquants et toxicos », mais prône en tant que candidat républicain, la multiplication des condamnations à mort !…
Parallèlement, nous suivrons le parcours d’un couple mixte, « nostalgique de leurs années heureuses et insouciantes dans le Massachussetts » au début des années 1990. Emma, une afro-américaine émancipée dont la devise est : « Je n’ai jamais rien fait pour être noire, ce n’est que ma race » et Steh, son compagnon juif.
Seul hic dans le couple, la mère de Steh, une femme acariâtre, crâne et raciste.
Tandis que l’action rebondit de page en page, vont apparaitre d’autres personnages. Un autre couple, composé de Raschid, un intellectuel noir convaincu « d’ethnocentrisme » et de la ravissante Morgan, jeune fille blonde branche et riche, mais boulimique, héroïnomane et dévergondée plutôt convaincue d’interactionnisme !
N’en dévoilons pas plus sinon que comme dans les meilleures tragédies, toutes ces personnes vont être prises dans le même piège et vont devenir les pièces d’un immense puzzle dont le réalisme donne plus d’une fois des sueurs froides dans le dos. Au point que dans les dernières pages de ce roman cathédrale, Emma l’afro-américaine en arrivera à se demander : « N’y a-t-il plus aux Etats-Unis que des catégories de gens : des races, des sexes, des ethnicités, des orientations sexuelles et des cultures ? ». Nous aurons en effet l’occasion de croiser des personnages aussi caricaturaux que typiques tels des activistes « pro-vie », des « Wasp » ou des « stars du rapp poseurs machos ».
Mais le plus étonnant reste Jake Lamar a écrit son livre en 1996, bien avant l’arrivée à la présidence de Barack Obama et plus encore de celle de Donald Trump !
Récitatif de Toni Morrison
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St Bonaventure, un foyer pour orphelines « mais nous on n’était pas de vraies orphelines, avec des parents beaux, morts au ciel. Nous on avait été abandonnées. Même les Portoricains de New-York et les Indiens du Nord nous ignoraient ». Twyla et Roberta, toutes deux pauvres, l’une noire et l’autre blanche. Mais toute l’attractivité de ce court roman est que nous ne saurons jamais laquelle est « poivre et l’autre sel ».
Au début de son récit Twila nous avoue : « On ne s’aimait pas tant que ça au départ » et l’on comprend que c’est leur différence en tant qu’abandonnées qui les a rapprochées dans cet univers rigide de préadolescentes. Mais il y a encore plus différente que Twila et Roberta, il s’agit de Maggy, l’employée de cuisine sourde et muette que les pensionnaires malmènent. Cette Maggy qui va se retrouver au centre de leurs discussions lorsqu’à plusieurs reprises des années plus tard, Twila et Roberta vont se recroiser et évoquer leurs souvenirs. Chacune selon sa version. L’une devenue riche et l’autre beaucoup moins. Aussi lorsqu’elle se retrouveront face-à-face dans une manifestation relative à la ségrégation dans les écoles dans les années 70, comment réagiront-elle ? Or, même au cours de cet épisode raconté très crument par Twila, nous n’arriverons toujours pas à déterminer laquelle des deux est noire et l’autre blanche !
Ce qui est donc tout à fait intentionnel de la part de Toni Morrison qui a déclaré lors d’un entretien : « Je ne veux pas prendre de positions qui soient fermées aussi bien matière de genre que de race. Je souhaite élargir l’articulation plutôt que la fermer, d’ouvrir des portes, laisser les conclusions ouvertes aux réinterprétations, aux relectures, à un peu d’ambiguïté. Je déteste et abhorre toutes les catégories ».
Ce n’est que dans la seconde partie de ce petit ouvrage que l’écrivaine Zadie Smith vient à notre secours, en nous offrant une analyse poussée de l’œuvre pertinente et illustrée de nombreuses références. Zadie Smith fait alors appel à notre moi profond pour « tenter de le rendre vierge des aprioris inscrits dans notre inconscient collectif en matière de comportements ou de codes sociaux et raciaux ». Mais respectant le doute voulu par Toni Morrison, Zadie Smith. Une réussite dans le genre !
Jehan van Langhenhoven : Vêtures évidentes du vide

Lettre à Jehan van Langhenhoven écrite du Métropole, dernier café à l’ancienne devant la gare de Rouen.
Cher compagnon supra-antipoète,
Comment oublier tes pages enflammées n’épargnant pas les affinités tranchantes d’un Robespierre. Celles également, racontant tes égarements libidinaux avec une belle sauvageonne au gilet jaune, mais aussi celles ayant laissé des traces « onaniristes » opiacées à l’usage des amnésiques et encore, celles évoquant le mystère de la courte vie d’une certaine Nora. Pourtant, tu nous surprendras toujours.
Cette fois-ci avec Les vêtures évidentes du vide, manifestation lyrique du naufrage (éd. L’Asymétrie) dans lesquelles tu nous affirmes que tu n’écris plus de poésie. Frôles-tu la démence ? Plus encore lorsque tu prétends que celle-ci « ne sert à rien comme la roulette des casinos. Il arrive qu’extatique d’elle-même, la poésie se referme sur le poète alors enchanteur pourrissant » ? Comble d’ironie, de moquerie quand tu nous dis que tu t’es transformé « en déboucheur, en aspirateur du néant ». Oui, tu te moques. Pour ma part, je suis persuadé que tu te leurres comme tu nous leurres.
La preuve par l’exemple. N’est-ce pas pure poésie lorsque pour nous convaincre que tu n’en écris plus, tu nous invites, je te cite : « à faire ressurgir de notre néant présent, les effluves crachées par les gants du comte Montévidéen aux cheveux de phosphore » ? Ou plus loin, tu fais résonner en nous quelques « élans d’un petit Ardennais mal chaussé ayant décidé d’en finir avec la poésie » ? N’est-ce pas appuyer là où tu sais que cela va nous faire mal, lorsque tu prends en otage le Comte nébuleux ou l’ado habillé de vent ? Comme si par-là tu voulais te dédouaner de n’avoir pas toi-même, réussi à larguer définitivement les amarres rimées en vers ou en prose. En effet ne rimes-tu pas en prose lorsque tu nous balances en pleine poire tes bribes hétérosexuellement érotisées, venues du Bosphore ou celles issues d’un quelconque lupanar parisien râclant « le vide oxymore à la boutonnière fait pour les dandies nerveux alanguis » ?
Comment ne pas parler de métrique quand on lit ces jets prosés : « Il pleut / Tempête d’être / Il pleut des cordes de piano / Et la partition est muette / Deux moignons sur un clavier sans fin » ? Autre exemple ?... « Nous ne fûmes que petits joueurs donnant dans la dentelle plutôt que chevaucher la course ravageuse des vents ». Une dernière ?... « Garçon, encore un verre pour ces poètes d’hier qui mêlaient leurs pétarades aux parfums des étoiles ».
Ne sont-ce pas là de magnifiques envolées lyriques parsemées, tandis que tu nous proposes à notre tour de « tout vider » ? Dans ce cas… En route à tes côtés vers ce « ballet "déjectatoire", ce fatras de mots venus des rives de l’Atlante, de l’Hôtel des Ambassades aux côtés des athlètes lyriques de la Porte des Lilas, des romans d’amour fous, des jeux de la phonétique, du trou du cul du monde ou de ceux des potron-minets, de la littérature des salons, et délires des ivrognes et des poubelles de l’Histoire » !
Jehan, tu es définitivement le plus fort à vouloir détruire la poésie, mais le faire malgré toi en poème… Merci pour cet exercice d’érudition !
En passager clandestin, un texte de Maurice Laisant pour annoncé les deux dernières recensions...
Laurent Le Gall : A voté !
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Pourtant, selon Laurent Le Gall « les doutes récents émis envers le vote, le phénomène de l’abstention n’ont, pour l’heure, pas affaibli la puissance de cette civilisation électorale » ?
Retour à la naissance des premiers bulletins de vote, de l’isoloir et de l’urne, car selon l’auteur bien peu d’électeurs se posent aujourd’hui ces questions. Il s’interroge ensuite sur le sens donné au vote depuis les années 1930, et base son argumentaire à partir de sept souvenirs personnels de suffrages. Quelles sont les pratiques différenciées qui président à l’acte de vote ? Il commence par les dits de sa grand-mère évoquant une époque où l’élection était faite d’éléments folkloriques : chansons, farandoles ou charivaris. Il évoque plus loin, son plus ancien souvenir, l’élection présidentielle de 1974. Quant à son premier vote en 1986, il nous explique en quoi ce ne fut pour lui « qu’un acte banal, éloigné des analyses savantes ». Laurent Le Gall s’arrête sur son vote blanc en 2001 « qui fut aussi riche d’enseignement », etc. avant de nous transporter aux temps où les notables replissaient les bulletins à la place des paysans ou plus amusant, nous raconte, entre beaucoup d’autres anecdotes, comment des villageois s’étaient emparés de l’urne du village voisin et avaient demandé une rançon ! Sont également évoqués les trucages, fraudes et autres bourrages d’urne. Enfin, tout en affirmant qu’il demeure au sujet du vote tant d’interrogations, de zones d’ombres et différentes appréhensions, l’auteur tente de faire le tour de ce que représente à ce jour, le vote. Une évidence pour beaucoup d’individus ? Un combat pour les adversaires du suffrage universel ? Un rejet seulement basé sur une méconnaissance des règles pour les uns et aux antipodes, un refus catégorique argumenté pour les anarchistes ? Ce sont les argumentaires de ces derniers que nous allons justement survoler dans :
Voter, Moi ? Jamais !

Dans la préface de Voter, Moi ? Jamais ! (éd. de La Pigne), l’éditeur évoque le temps où, après l’écrasement de la démocratie directe communarde et plus encore après la débâcle réactionnaire de 1875, la loi électorale de la IIIème République a confirmé l’établissement du suffrage universel. De fait, « pratiquement » tout le monde votait depuis lors. Mais, dès 1885, nombreux furent les écrits révélant la nocivité politique électorale.
C’est ainsi que nous allons croiser dans ce volume nombre de penseurs anarchistes qui entre 1885 et 1924, s’exprimèrent dans les colonnes de la presse libertaire. Nous nous sommes contentés ici de ne citer que leurs conclusions afin de vous laisser découvrir leur argumentaire.
Commençons par Elysée Reclus qui en 1885, écrivait dans Le Révolté un texte se terminant par un tonitruant : « N’abdiquez pas, ne remettez pas vos destinées à des hommes incapables et à des traitres futurs : voter c’est abdiquer » !
En 1888, Octave Mirbeau conseillait lui, aux électeurs du Figaro : « Rentre chez toi, bonhomme et fais la grève du suffrage universel ».
Pour sa part, Louise Michel pose cette question en 1880, dans La Jeunesse libertaire : « Peut-on encore parler du suffrage universel - ce dernier espoir de ceux qui voulaient faire vivre la vielle société lépreuse - sans rire ? ».
En 1896, Piotr Kropotkine nous démontre dans Le Libertaire, l’incompétence parlementaire, tandis que dans Le Père Peinard, Emile Pouget qualifie la mécanique gouvernementale de « muselage universel ».
Un an plus tard dans L’Agitateur, Alexandre Jacob prend « l’exemple catastrophique » (à découvrir) de Simon Flaissières, le maire socialiste de Marseille.
Puis c’est au tour de Zo d’Axa de nous expliquer dans La Feuille, pourquoi selon lui « s’abstenir c’est résister, vivre en révolte et rester soi »…
Un an plus tard, Gaston Couté écrit sa célèbre chanson Les électeurs qui se termine ainsi : « Quand l’temps est à l’orage et l’vent à la révolte… Ils votent ! ».
Dans L’Anarchie, Anna Mahé dénonce en 1905, les simulacres de vote imposés aux élèves des écoles laïques et s’interroge sur le vote accordé aux femmes. Neuf ans plus tard, Madeleine Pelletier ajoutera dans Le Libertaire : « les femmes doivent avoir le droit de vote ne serait-ce que pour le refuser » !
Revenons en 1906, tandis que dans L’Anarchie, Albert Libertad démontre en quoi « le peuple souverain en votant devient sa propre victime ».
En 1910, André Lorulot s’insurge dans Les éditions de l’Anarchie contre « La comédie du vote perpétuant la bêtise humaine ayant créé et perpétuant l’autorité ».
C’est ensuite Jean Grave qui en 1911, dans Les Temps nouveaux s’adresse aux électeurs ces « pauvres moutons tondus qui choisissent ceux vont les tondre » !
Dans L’Anarchie, Mauricius exhorte pour sa part l’électeur à « déserter les urnes et lire la presse anarchiste pour réaliser une société sans maitre et sans esclaves ».
Après-guerre, Sébastien Faure s’adresse lui aussi aux électeurs dans Le Bureau Antiparlementaire pour leur démontrer comment après-guerre « la Chambre a tué leurs plus folles espérances et tous les optimismes ». Dans La brochure mensuelle, Paraf-Javal démontre en 1924, en quoi « le suffrage universel n’est pas et ne peut pas être universel » !
Enfin, en 1934, L’Encyclopédie anarchiste revient sur l’histoire des électeurs à partir de 1356 en Allemagne !
Ces quelques petites apostrophes vous donnent encore l’envie d’aller voter aux prochaines municipales ?
Patrick Schindler du groupe de Rouen de la FA
Passagère clandestine, une chanteuse pacifiste israélienne qui a, toute sa vie, voulu croire et militer pour un apaisement entre Israéliens et Palestiniens. Sara Alexander est morte en mai 2009. Une chanson qui résonne douloureusement aujourd’hui, comme hier. Milchama (Guerre)
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Tu ne peux jamais retenir le printemps
Même si tu as perdu ton chemin
Le monde continue de rêver du printemps...
PAR : Patrick Schindler
Groupe de Rouen
Groupe de Rouen
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Les vendanges du rat noir. Septembre 2023, un bon cru...
Le rat noir est "in" pour ce mois d’août
Lunettes noires pour un rat noir, voilà juillet.
Gay Pride d’Athènes 2023 en une seule photo !
Le rat noir répond à l’appel de juin
En mai le rat noir lit ce qui lui plait (mai 2023)
En avril le rat noir ne se découvre pas d’un livre
Athènes . Rendez vous féministe et solidaire était donné le 8 mars
En Arès, le rat noir hellénophile attend le printemps.
Hommage au philosophe, René Schérer
Pour un mois de février à ne pas mettre un rat dehors...
Le rat noir a fait au gui l’an neuf : merveille : son œuf mensuel.
Grèce. Un Rom de 16 ans tué par un policier pour un vol à 20 €
Pour finir l’année avec le rat noir
Commémoration du 17 novembre 1973, hier à Athènes
Ballade en novembre pour le rat noir
Finies les vendanges en octobre, le rat noir fomente en tonneau
"C’est en septembre que je m’endors sous l’olivier." rêve le rat noir
Coming août, voici le rat noir.
Le rat noir lit à l’ombre en juillet
Gay Pride Athènes 2022
En mai, le rat noir lit ce qui lui plaît.
En avril, le rat noir ne se découvre pas d’un livre.
Encore un peu du rat noir pour mars
Le rat noir de mars
Vite, le rat noir avant que mars attaque...
Février de cette année-là, avec le rat noir.
Une fin de janvier pour le rat noir
deux mille 22 v’là le rat noir
Le Rat Noir de décembre...
Un rat noir de fin novembre...
Début novembre, le rat noir est là
Octobre, nouveau message du rat noir
revoilà le rat en octobre
Le message du rat noir, fin septembre
La rentrée du rat noir
La fin août du rat noir
Mi-août, voilà le rat noir !
Le rat noir, du temps de Jules au temps d’Auguste
Le rat, à l’ombre des livres
Interview de Barbara Pascarel
Le rat noir, fin juin, toujours le museau dans les livres
Un bon juin, de bons livres, voilà le rat
On est encore en mai, le rat lit encore ce qui lui plait
En mai le rat lit ce qui lui plait
Fin avril, le rat noir s’est découvert au fil de la lecture
Un rat noir, mi-avril
Une nouvelle Casse-rôle sur le feu !
Qu’est Exarcheia devenue ?
V’là printemps et le rat noir en direct d’Athènes
Le rat noir de la librairie. Mois de mars ou mois d’arès ? Ni dieu ni maître nom de Zeus !!!
Librairie athénienne. un message du rat noir
Le rat noir de la librairie athénienne. Février de cette année-là.
Le rat noir d’Athènes mi-janvier 2021
Le rat noir de la bibliothèque nous offre un peu de poésie pour fêter l’année nouvelle...
Volage, le rat noir de la bibliothèque change d’herbage
Octobre... Tiens, le rat noir de la bibliothèque est de retour...
Le rat noir de la bibliothèque pense à nous avant de grandes vacances...
Maurice Rajsfus, une discrétion de pâquerette dans une peau de militant acharné
Juin copieux pour le rat noir de la bibliothèque.
Juin et le rat noir de la bibliothèque
Mai : Le rat noir de la bibliothèque
Séropositif.ves ou non : Attention, une épidémie peut en cacher une autre !
Mai bientôt là, le rat de la bibliothèque lira ce qui lui plaira
Toujours confiné, le rat de la bibliothèque a dévoré
Début de printemps, le rat noir de la bibliothèque a grignoté...
Ancien article Des « PD-anars » contre la normalisation gay !
mars, le rat noir de la bibliothèque est de retour
Janvier, voilà le rat noir de la bibliothèque...
Vert/Brun : un "Drôle de couple" en Autriche !
Ancien article : Stéphane S., le poète-philosophe libertaire au « Sang Graal »
Algérie : l’abstention comme arme contre le pouvoir
Décembre 2019 : Le rat noir de la bibliothèque
1er décembre, journée mondiale contre le sida : les jeunes de moins en moins sensibilisés sur la contamination
A Paris, bientôt de la police, partout, partout !
Les Bonnes de Jean Genet vues par Robyn Orlin
N° 1 du rat noir de la bibliothèque
En octobre et novembre le ML avait reçu, le ML avait aimé
Razzia sur la culture en Turquie
Ces GJ isolés qui en veulent aux homos !
Service national universel pour les jeunes : attention, danger !
Vers l’acceptation de la diversité des familles dans la loi ?
Une petite info venue de Grèce
Le philosophe à l’épreuve des faits
La Madeleine Proust, Une vie (deuxième tome : Ma drôle de guerre, 1939-1940)
Loi sur la pénalisation des clients : billet d’humeur
Les anarchistes, toujours contre le mur !
Le Berry aux enchères
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