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Littérature
par Patrick Schindler le 29 mars 2022

Encore un peu du rat noir pour mars

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Pour cette fin mars , une première étape (rituelle) en Grèce avec On a sa fierté de Yorgos Ioannou. Puis, en compagnie du Somnambule de Margarita Karapanou. Cap à l’est, cette fois-ci avec Lamartine et son Voyage en Orient. Deux romans de fiction La maladie blanche du Tchèque, Karel Capek et Quinzinzinzili de Régis Messac. Puis La ligne de force de Pierre Herbart et enfin, deux polars en sourdine : Le Silence de minuit de l’Écossaise, Denise Misa et La forêt des silences de Serge Brussolo.

Yorgos Ioannou : On a sa fierté




Yorgos Ioannou est né à Thessalonique en 1927 où ses parents, chassés de Turquie en 1922, se sont réfugiés dans un quartier pauvre. Il débute sa carrière littéraire par une série de poèmes « au lyrisme tourmenté ». En effet, depuis son enfance, Yorgos Ioannou est contraint de cacher sa sexualité dans une Grèce alors, très conservatrice. Ce qui ne l’empêchera pas d’y faire maintes fois allusion dans ses œuvres qui évoquent le monde perdu de son enfance, passée dans « la beauté sauvage, oubliée et transformée » de sa ville natale. Chroniques éclatées de familles grecques ayant trouvé refuge dans la cosmopolite Thessalonique, qu’elles soient de souche, réfugiées d’Asie Mineure, ou encore, Roms, Juives ou Vlaques. Longtemps négligé (pour ne pas dire oublié), Yorgos Ioannou est réhabilité et reconnu aujourd’hui comme étant l’un des plus originaux auteurs grecs contemporains.




On a sa fierté (éd. Le miel des anges, trad. Hélène Zervas et Michl Valkovitch) est le premier recueil de la tétralogie de Yorgos Ioauis. « Le Sarcophage », « Douleur du vendredi Saint » et « Le Seul héritage » ont déjà été évoqués dans de précédentes rubriques. « On a sa fierté » se démarque des trois autres par la variété des thèmes qui y sont abordés, plus légers et porteurs d’un humour particulièrement incisif. Comme lorsque de Yorgos Ioannou nous explique pour quelles raisons lorsqu’il tient à s’isoler, il privilégie le silence des salles de tribunal, des cellules de prison ou encore celui des « cabinets », plutôt que celui des églises ! Il nous dévoile ensuite pourquoi il est troublé lorsqu’il se retrouve dans l’ambiance très spéciale des cinémas populaires. Et pourquoi préfère les poules lorsque celles-ci sont encore vivantes plutôt que quand elles sont mortes. Il nous confie ensuite, ce qu’il trafiquait dans les tombes juives de Thessalonique avec son petit camarade de classe. Puis, Ioannou essaie de nous expliquer l’origine de sa phobie des insomnies et des cauchemars. L’exilé est un texte qu’il a écrit durant le séjour de deux ans (le seul voyage de sa vie) qu’il fit en Lybie en tant qu’instituteur. Il y raconte son amour inconditionnel pour le désert. Puis, Yorgos Ioannou nous indique comment reconnaître un assassin dans une foule ! Il nous faire part ensuite, de ses sentiments tandis qu’il traverse le quartier incendié des réfugiés à Thessalonique. Il se demande ensuite ce qu’on bien pu devenir les photos « d’un véritable puzzle pornographique », qu’ils avaient dégotées dans une église avec son copain Zéphyr ! Ioannou nous explique ce qui distingue à son sens, les ouvriers des bourgeois thessaliens et ce qui distingue les Blancs des Noirs sur les côtes africaines ? Il raconte comment des puces ont empêché un de ses amis d’avoir sa première et dernière relation sexuelle. Pourquoi Ioannou refusa-t-il toujours de s’arrêter dans la gare d’Adendro ? Quelle est la différence entre l’amour et la tendresse ? La peur est-elle une maladie ? Quel est le point commun entre les mulets et les « déviants » ? Ou encore, comment le malheur des pauvres fait le bonheur des touristes ? Pourquoi une vache peut être condamnée à l’isolement par la populace ? Quelle question essentielle ou métaphysique ne se pose pas encore Yorgos Ioannou, dans ce sympathique petit recueil : on a la fierté qu’on mérite !

Margarita Karapanou : Le somnambule




Margarita Karapanou est née à Athènes en 1946. Fille de la romancière Margarita Limberaki, elle grandit entre Athènes et Paris où elle étudie la philosophie, le cinéma, puis la puériculture à Londres. Ses romans ont été traduits en plusieurs langues.




Ainsi commence Le Somnambule de Margarita Karapanou (éd. Gallimard, version française de l’auteure) : « Dieu est fatigué. Il rumine sur l’Homme, sa création et… vomit, car il l’a raté » ! Comment à présent rectifier le tir ? En envoyant un nouveau dieu-messie sur terre ? Ci-fait : il l’envoie. Celui-ci débarque sur une île grecque « prison noyée dans les fleurs qui peut-être n’est qu’un rêve » et qui ressemble étrangement à Mikonos. Mais avant de nous dévoiler son identité, Margarita Karapanou tient à nous présenter le joli petit monde insulaire qui ne va cesser de s’agiter tout au long de ses pages. Tout d’abord, quelques locaux. Madame Amezoula. Femme de ménage des expatriés, masseuse à l’occasion. Celle-ci croit aux revenants et est douée de dons de guérison et de voyance. Madame Eugénie. Marieuse. Le patron « archétype du grec » de la taverne du village et son « homme à tout faire ». De l’autre côté du miroir : le petit cercle des expatriés. Mark. Peintre alcoolique, amateur de jeunes garçons. Il commence ses portraits par les pieds de ses modèles et ne parvient jamais à dessiner leur visage car il est trop saoul ! Louka. Ecrivaine américaine en panne d’inspiration. En « panne sèche », même puisqu’elle boit l’ancre de son stylo ! Un couple : Ron. L’Anglais qui « tricotte plus vite que son ombre » et son petit ami espagnol, Placido qui ne fait pas grand-chose, sinon « faire des plans sur cinq ans ». Maggie. Ecrivaine qui n’arrive également à rien car elle change tous les jours de sujet. Mais, fine cuisinière, chaque soir elle invite les expats à des dîners à thèmes, qui se terminent souvent en cacophonie.
Ce soir-là, Maggie organise une chasse aux fantômes qui, aux heures les plus pâles de la nuit va se transformer en véritable orgie païenne antique. Le lendemain, alors qu’a lieu le Carnaval travesti des ouvriers dans le village : horreur ! On découvre qu’un assassinat suivi d’une décapitation a eu lieu, dans un coin reculé de l’île. Manolis, un policier, non moins fantasque que les habitants de l’île, est envoyé pour seconder l’officier insulaire dans l’enquête. Très bel homme qui semble un peu idiot, Manolis débarque (tel le personnage mystérieux de Théorème de Pasolini) dans cet univers clos « beau petit monde interlope qui semble obéir à quelque mot d’ordre d’une secte ». Parviendra-t-il à débusquer l’assassin ? Le somnambule, un polar « palpitant ». Atmosphère tantôt à la « Notre-Dame-des-Fleurs » de Genet », tenant du « Tango de Satan » de Krasznahorkai, avec un zest des « Faux-Fuyants » de Sagan et un soupçon de « L’Exilé de Capri » de Peyrefitte. Délicieux !

Lamartine : Voyage en Orient




Alphonse de Lamartine est né en 1790 à Macon. Il passe son enfance en Bourgogne, mène une vie de jeune homme oisive. Il occupe une éphémère fonction militaire auprès de Louis XVIII, puis voyage en Italie. Il vit une histoire d’amour intense avec une femme mariée mais qui meurt prématurément et l’inspire pour ses « Méditations » qui obtiennent dès leurs sortie, un succès fulgurant. Il continue à écrire, épouse Mary Ann Elisa Birch et occupe des fonctions de secrétaire d’ambassade en Italie. Il en démissionne en 1830, pour entrer en politique. Il se rallie à la monarchie de Juillet, mais échoue à la députation. Il décide alors, de partir faire un voyage en Orient, durant lequel il perd sa fille, Julia. En 1933, il est élu député, joue un rôle important durant la révolution de 1848, proclame la République et siège quelques mois à la commission exécutive du gouvernement provisoire. Mais, après sa défaite à l’élection présidentielle de 48, il se retire de la vie politique. Très lourdement endetté, il écrit des œuvres alimentaires et meurt en 1869. Admiré par la génération des Romantiques, il est jugé plus sévèrement par les suivantes, notamment par Gustave Flaubert et Arthur Rimbaud …




La dernière rubrique du Rat noir présentait « l’Itinéraire de Châteaubriand de Paris à Jérusalem ». Lamartine effectue son Voyage en Orient (éd. Arléa, augmentée), vingt-six ans plus tard. Mais, lui ne part pas dans le même état d’esprit que Chateaubriand « une bible à la main », selon sa propre expression. Notons cependant que Lamartine ne manquera pas de faire lui aussi sans arrêt durant son récit, l’apologie de la religion. « L’hôpital qui se fout de la charité », en quelque sorte ! Passons outre. Lamartine part donc sur une impulsion après son échec à la députation. Comme nous l’explique Fraçois Truhal dans sa préface, lorsque Lamartine s’embarque pour le Moyen Orient, celui-ci est soumis à une lutte sévère entre l’Empire Ottoman d’une part et la Russie, l’Angleterre, l’Allemagne et la France d’autre part, qui disputent leur influence grandissante sur cette région instable. Instabilité qui débouchera moins d’un siècle plus tard, sur la longue agonie de l’Empire ottoman et plus grave, sur la première Guerre mondiale. Dans son introduction, Lamartine prend soin de nous prévenir « Ceci n’est ni un livre, ni un récit de voyage, ce ne sont que des notes (sic) » ! Il n’avait pas (tout comme soi-disant Chateaubriand avant lui), l’intention de les publier ! Durant son voyage, Lamartine est loin du « révolutionnaire » de 1848. Aussi au fil de ses pages, il fait souvent référence aux « valeurs » de la famille, de la religion, de l’ancienne aristocratie. Il nous gratifie parfois grâce de quelques poèmes au goût ampoulé de l’époque. Cependant, comme il le dira lui-même « Ce voyage a été pour moi l’occasion d’élargir considérablement mon horizon. Si mon esprit s’est agrandi, mon coup d’œil s’est étendu, si j’ai appris à tout tolérer, je le dois uniquement à ce que j’ai souvent changé de scène et de point de vue ». Assez causé, il est grand temps d’embarquer !
C’est un matin de juin 1932, dans le port de Marseille que Lamartine met un premier pied dans sa frégate, accompagné de sa femme, sa fille, leurs servantes, deux de ses amis (dont un médecin) et dix-neuf hommes d’équipage, des vivres et des armes. Rien de moins ! Tandis que nous longeons les côtes maltaises, Lamartine nous explique en quoi il préfère aux Romains antiques : les Egyptiens, les Juifs, les Indous et les Grecs. Ces derniers ayant « idéalisé la politique ». Il débarque ensuite dans une Grèce qui vient tout juste de faire sa Révolution et de commencer à se débarrasser du joug ottoman, mais qui en sort un peu secouée. Lamartine assiste, atterré, à une séance « itinérante » qui réunit les chefs tribaux du parlement grec. Tout comme Chateaubriand, il est déçu par Nauplie et également par Athènes, « ville sombre et sinistre où s’entassent des paysans grecs, juifs et musulmans ». Cependant, quel plaisir de s’y promener en sa compagnie parmi les ruines « sur les traces de Périclès et Socrate ». Mais nous voilà déjà repartis. Nous passons Rhodes « poste avancé de l’Asie, couvert de minarets » et débarquons à Beyrouth située alors, dans une Syrie occupée par les Ottomans. Il y installe sa femme et sa fille et nous emmène visiter la ville, découvrir sa population (un mélange de Druzes, Maronites, Syriens, Arabes, etc.). Il nous explique ensuite la situation précaire de la région, prise en otage entre le pacha d’Egypte et le Sultan de Constantinople et s’étend longuement sur son histoire. Il a une tout autre approche des habitants de la Palestine que Chateaubriand, qu’ils soient Libanais, Maronites, Mahométans, Chiites, Bédouins ou Druzes. Ce dernier peuple le fascinant particulièrement. Ces passages sont heureusement entrecoupés de moments burlesques, comme sa visite à une Lady britannique au caractère bien marqué. Laissant sa femme et sa fille en sureté, il part en caravane : destination la Judée, la Galilée, la plaine du Jourdain, mais l’entrée de Jérusalem lui est interdite parce qu’infestée par la peste. Il en profite pour nous charmer une fois encore avec les épopées de ces peuplades et territoires, eux aussi à l’histoire tourmentée et confrontés aux incessantes luttes de domination et conflits d’intérêts. Tout à coup, la première partie de son voyage est interrompue par un drame. « LE » drame de sa vie : lorsqu’il retrouve sa femme, Julie, sa fille adorée n’a plus que quelques heures à vivre avant sa mort brutale, en décembre 1832 « Maintenant tout est mort pour moi. Dans ma maison vide, je vais sans savoir où, j’attends sans savoir quoi ».
Nous retrouvons Lamartine et sa femme quatre mois plus tard, après qu’ils sont rentrés en France enterrer la petite Julie. Et c’est « la mort dans l’âme » que vêtus à l’arabe, ils reprennent la route des caravanes. A ce sujet, Lamartine remarque que les Musulmans sont plus respectueux des femmes européennes que des leurs, qu’ils rendent totalement dépendantes. Le couple visite les bazars de Damas, Baalbek, le désert de Palmyre, les cèdres centenaires de Salomon. Mais si « tout est à présent différent et sans goût », Lamartine ne laisse pas de nous faire découvrir les Wahhabites, secte musulmane sunnite partie d’Arabie pour restaurer la « vrai foi ». Ils se rendent ensuite à Constantinople « ville où tous les costumes et toutes les langues de l’Orient se heurtent à l’œil et à l’oreille ». Lamartine est très choqué par le marché aux esclaves du Grand Bazar. Mais enchanté par le spectacle qu’il nous fait partager. Les côtes du Bosphore, ses « points de vue les plus merveilleux que le regard humain puisse contempler sur la terre », ses petits villages juifs et arméniens qui en bordent les rives. Reçu par les beys, Lamartine contrairement à Chateaubriand est absolument subjugué par le peuple turc qu’il trouve très différent du peuple arabe. Le premier étant « beaucoup plus sensible à la philosophie et aux charmes de la nature ». Nous avons droit ensuite à la longue histoire de la fin de Byzance et du règne sanglant des descendants de Mahomet II. Mais, déjà sonne l’heure du retour. Escortés par des drogmans tatars, le couple traverse la Bulgarie (alors la grande ennemie des Turcs) et la Macédoine grecque. Lamartine tombe gravement malade avant d’atteindre la Serbie, nouvellement autonome et dont il nous raconte la libération. En fin de volume, il synthétise les enseignements qu’il a tiré de son voyage et expose dans le détail les alliances successives ayant existées entre les rois de France et les dirigeants des pays du Mont Liban (la France orientale) du règne de Louis XI jusqu’à celui de Louis XIV. Dans un épilogue écrit en 1849, il ajoute les évènements survenus dans la les régions qu’il a traversées, depuis 1834 ; la politique de la Triple Alliance (France, Russie et Allemagne). Suit une analyse géopolitique avant l’heure, bien triste constat qui deviendra « la » référence durant quelques décennies.

Karel Capek : La maladie blanche




Karel Capek est né en Bohême en 1890. Contraint d’arrêter ses études à la suite des positions prises par le Cercle antiautrichien dont il fait partie, il s’exile à Berlin, puis à Paris. Réformé, il échappe à la guerre de 14, commence à écrire et publie en 1922, son roman antireligieux « La fabrique d’absolu ». Le mot « robot » apparait pour la première fois dans sa pièce de science-fiction « RUR ». Dans « La guerre des salamandres » qu’il publie en 1936, il dépeint avec un humour féroce la politique de son temps et tourne en dérision le national-socialisme. Il est profondément choqué par les accords de Munich en 1938, et l’annexion des Sudètes par les nazis. Après la démission du président Benes, il reste le seul symbole visible de la Première République tchèque et devient une des cibles privilégiées des nazis. Il meurt quelques mois avant son arrestation programmée par la Gestapo. Son frère Joseph, également engagé dans la lutte antinazie, n’y échappe pas. Envoyé en camp de concentration en 1939, il y meurt en 1945. S’il elles furent ostracisées sous deux régimes autoritaires, nazi puis stalinien[note], les œuvres de Carel Kapek, ce grand homme pacifiste et antiautoritaire, sont petit-à-petit redécouvertes.




Carel Kapek a écrit sa pièce de théâtre, La maladie blanche (éd. Du Sonneur, préface d’Alain Van Crugten) à Prague, en 1937. Elle raconte l’histoire d’une maladie ou plutôt d’une pandémie « plus grave que la peste, baptisée la maladie de Tcheng et venant de Chine ». Pandémie qui se répand à vitesse grand V. Elle n’atteint pas les animaux, mais exclusivement les humains âgés de plus de cinquante ans. « On va y passer tous, impossible d’y échapper », préconisent trois « lépreux » dans la première scène. Or, le Dr Galen, un jeune médecin à la clientèle pauvre, pense avoir trouvé le remède miracle. Il souhaite l’expérimenter auprès des malades hospitalisés dans la clinique du Pr Sigelius. Comme il est le fils d’un de ses amis, celui-ci consent par le recevoir. Le jeune médecin lui expose son projet, mais y met deux conditions : il ne livrera la recette du remède que si celles-ci sont respectées. La première consiste à l’expérimenter mais que sur les patients pauvres et démunis. Agacé par cette première condition, mais entrevoyant par-là, un moyen d’assoir sa réputation internationale, Sigelius finit par l’accepter. Et ça marche ! Devant les premiers résultats de ce « miracle », les médecins étrangers, les journalistes et hommes politiques sont en effervescence. Mais quelle ne va pas être leur stupéfaction lorsqu’ils vont apprendre les termes de la seconde condition. En effet, Galen exige qu’en ces temps de menaces (n’oublions pas que nous sommes en 1937) : « les fabricants d’armes arrêtent la production de matériel de guerre dans leurs usines » ! Stupeur. Confrontés à ce chantage, ces derniers céderont-ils ? Ne serait-ce pas plus simple d’isoler les malades dans des camps de concentration ?...
S’il est aisé de présager la fin de l’histoire, l’élément le plus délectable dans cette pièce prophétique de Capek, est qu’il nous décrit en détail dans un style incisif et décapant, les réactions engendrées par le Dr Galen. Celles de la population, des médecins, des politiques et de ces hommes d’affaires « marchands de canons ». Pour la première catégorie : comme la maladie ne touche que les personnes de plus de 50 ans, les jeunes ne se sentent pas concernés. Se pose alors sérieusement un problème générationnel, capable d’aboutir sur des solutions extrêmes. Pour ce qui concerne les médecins : la contrainte de ne soigner que les pauvres ne les arrangent pas. Sauf si le Dr Galen acceptait faire quelques passe-droits… Pour les hommes politiques à présent, les exigences pacifistes de ce dernier sont encore pires que l’impact de la maladie elle-même. A leur sens, son discours anarchiste n’est qu’un « appel à la débauche barbare, à la lèpre de la corruption et à la peste de la décomposition sociale et pire qu’une tumeur susceptible d’attaquer de façon menaçante l’organisme de la nation » ! Enfin, pour les amis du Baron Krüg, patron d’une usine d’armement « soigner uniquement les indigents n’est-il pas une preuve de pure démagogie » ? Mais, que va-t-il se passer lorsque ces beaux messieurs vont commencer, un à un, à être eux aussi touchés par la maladie ? Outre la variété des thèmes majeurs abordés dans « La maladie blanche », petit chef de d’œuvre de prophétie, comment ne pas penser, qu’une siècle plus tard, une autre pandémie viendrait elle aussi de Chine : le coronavirus ?...

Régis Messac : Quinzinzinzili




Régis Messac est né dans une petite ville du Cantal en 1893. Fils d’instituteurs, il finit ses études secondaires, mais échoue deux fois à l’entrée de Normale-Sup. Incorporé en 1914, il tient à demeurer soldat de deuxième classe pour des raisons pacifistes. Blessé à la tête et trépané il s’en sort. Il devient docker à Dunkerque où il apprend l’anglais avec les « Tomies » et écrit deux romans autobiographiques antimilitaristes. Il reprend ses études et finit par devenir Docteur ès-lettres dans les années 1930, tout en continuant à écrire. Il est généralement considéré comme un précurseur de la science-fiction, alors que son œuvre est très diversifiée. Cet antireligieux, antisexiste et anticapitaliste écrit dès les années 1920, nombre d’articles pamphlétaires dans diverses revues « prolétariennes », syndicales et anarchistes. Anarchiste non-violent et pacifiste actif, Régis Messac écrit un pamphlet contre le régime de Vichy et s’engage dans la Résistance. Arrêté en 1943, il est emprisonné puis déporté en camp de concentration. La dernière trace avérée de son existence porte la date de mai 1945. A part une mauvaise photographie (ci-dessus) et un portrait, il ne reste rien de lui sinon ses œuvres, dont l’inénarrable Quizinzinzili (rééd. Arbre vengeur). Dans la préface, Eric Dussert s’arrête en détail sur le parcours de Régis Messac, personnage oublié de la littérature française, ainsi que sur l’étendue de son œuvre.




L’histoire commence ainsi : « Moi, Gérard Dumaurier, ayant écrit ces mots, je doute de leur réalité. Est-ce que j’existe ? Suis-je autre chose qu’un rêve ou qu’un cauchemar. Suis-je fou ? » Et il a de quoi douter. Aussi tente-t-il de remonter le fil de ses souvenirs. Du moins ce qu’il en reste. « Quelques bribes, comme quelques instantanés qui auraient été pris avec un mauvais Kodak ». Il se souvient par exemple, qu’en cette année fatale « Le Japon menacé devait se trouver des alliés. Il en trouva. Hitler était à vendre, le Japon l’acheta. Ainsi commença la guerre. Ce fut le commencement de la fin. Seuls quelques individus isolés et sans influence refusèrent. Ils furent brûlés, fusillés, assassinés ». Gérard Dumautier, à ce qu’il s’en souvient, en était ! Messac écrit tout cela, quatre ans avant le début de la Seconde guerre mondiale. Se trompant de très peu dans ses pronostiques « A Paris, la campagne coulait à flot. Une Duchesse célère, lança pour les femmes, la mode de se promener à peu près nues, en short et sans soutien-gorge, avec une boîte à masque à la ceinture, brinqueballant entre les cuisses. Les boites de nuit faisaient des affaires ». Or, se sentant menacés, les Japonais inventent une arme fatale. Un gaz mortel (et hilarant) qui se répand bientôt sur toute la planète. « Le visage crispé les mains à la gorge pour tenter d’élargir le passage d’un air qui n’existait plus, l’humanité mourut en ricanant ». Enfin pas toute l’humanité. Seuls quelques groupes humains y échappent, par des hasards de circonstance. Dont un petit groupe composé d’une dizaine de garçons tuberculeux, d’une seule fille, d’un guide de montagne et de Gérard Dumautier, en vacances dans une région reculée de la Lozère. Alors qu’ils visitent une grotte, la catastrophe se déclenche. Ils y échappent, sauf le guide qui heureusement avait laissé à l’intérieur de la grotte, son sac à dos rempli de victuailles. Restent un adulte, Gérard Dumautier face à une bande de gamins « ignares, ahuris, vicieux, superstitieux et peureux » dont il devient l’observateur passif. Une micro-société « mâle » avec ses faibles et ses dominants et Ilayne, la seule et unique « femelle ». Comment vont-ils évoluer ? Que vont-ils devenir ? C’est cette histoire que le héros retranscrit au jour le jour dans son carnet « qui vraisemblablement ne sera jamais lu »… Sauf par nous !

Pierre Herbart : La ligne de force




Pierre Herbart est né à Dunkerque en 1903, dans une famille bourgeoise déclassée dont le père, après avoir dilapidé la fortune familiale, finit clochard. Pierre grandit à Malo-les-Bains où il fait ses études. Bon élève, il décroche un emploi dans une compagnie d’électricité, puis est incorporé dans les troupes de Lyautey au Maroc. En 1924, il fait la connaissance de Jean Cocteau et d’André Gide. Il se marie et publie son premier roman grâce à l’intervention de ce dernier. Son anticolonialisme viscéral est né après ses voyages en Afrique et en Indochine. Son engagement lui attire la sympathie des communistes. En 1935, ils lui confient la direction de la revue Littérature internationale en URSS. Entretemps, la guerre civile a éclaté en Espagne. Il s’y rend muni des épreuves du manuscrit anticommuniste de Gide, Retour d’URSS dont il doit discuter avec André Malraux. Louis Aragon ayant probablement averti les autorités soviétiques, il est menacé de mort, arrêté et ne doit sa libération qu’à l’intervention de Gide. Lorsque la Seconde guerre mondiale éclate, il s’engage dans la Résistance. A la Libération, Albert Camus l’invite à rejoindre l’équipe de Combat. Après quelques déboires littéraires, il s’installe chez Roger Martin du Gard, mais après sa mort, il se retrouve dans une situation financière précaire et meurt d’hémiplégie en 1974.




La ligne de force (éd. L’imaginaire, Gallimard) est un livre rare. Une autobiographie qui résume l’épopée de Pierre Herbart « J’ai beaucoup voyagé dans ma jeunesse ». Son périple commence en Allemagne où il part « afin de vérifier la véracité de la phrase de Dostoïevski affirmant que tout Allemand est comique » ! Son engagement anticolonialiste date de son premier voyage en Afrique. Impression qui se confirme lorsqu’il accompagne en Indochine, la grande reporter, Andrée Viollis sur les traces de Paul Reynaud, le ministre des Colonies. Celui-ci vient y faire l’apologie de « la France éternelle et généreuse », alors que les indochinois suspects sont enfermés en prison durant sa visite ! Ecœuré, Herbart fréquente les fumeries d’opium « seul bon souvenir de l’Indochine, tout le reste ne fut que démence, famine, sang ». Il nous fait voir ces mendiants qui regardent les riches colons riches se gaver dans les restaurants chics. Scènes dignes d’un roman de Marguerite Duras. Il nous entraine ensuite dans une ville cosmopolite de Chine « peuplée de marins, de prostitués hommes et femmes et autres chinoiseries excentriques » qui le laissent froid. Ecœuré par ces spectacles, il décide de s’engager politiquement et se rapproche du PCF. On l’envoie à Moscou pour diriger la revue Littérature internationale et remplacer Paul Nizan « Il y avait toujours dans cette capitale une planque pour l’intellectuel du premier bateau. On me l’accorda » ! S’ensuit la partie la plus croustillante du livre, tandis qu’il se démène dans les arcanes kafkaïens des administrations soviétiques durant les « grandes heures » de l’épuration stalinienne. Du jour au lendemain, il ne sait plus lequel parmi ses connaissances et amis a été arrêté, qui est mort ou qui est vivant. Dabit ? Boukharine ? Maria Osten ? Béla Kun ? « Je sentais qu’il y avait quelque-chose de pourri dans le royaume ». C’est l’époque où Gide à Moscou, assiste à un congrès à la suite duquel il écrit les épreuves de son « Retour d’URSS ». Epreuves qu’il confie à Herbart, afin qu’il les soumette à Malraux en Espagne. La suite est rocambolesque. Un vrai polar dans lequel nous allons croiser Gide, Malraux, Aragon, des anarchistes. Toujours est-il que rentré en France, il intègre la résistance. Contrairement à d’autres, il ne s’en ventera jamais et exprimera sa honte durant les heures de l’épuration. Pierre Herbart, lucide, réaliste, critique, efficace, mais surtout capable d’un humour décapant. On se demande comment durant son épopée, Herbart a fait pour ne pas rencontrer un autre personnage de son envergure : son contemporain Gustav Régler [note] . Ce dernier ayant suivi le même parcours dans les mêmes lieux et ce, à la même époque !

Denise Misa : Le Silence de minuit




Denise Mina est née à Glasgow (Ecosse), en 1966. Elle passe sa jeunesse dans plusieurs villes européennes (Paris, La Haye, Bergen, etc.). Elle quitte l’école à seize ans et enchaine les métiers peu qualifiés (barman, serveuse, cuisinière, employée à la découpe dans une usine alimentaire), s’oriente ensuite vers le milieu médical, travaille comme aide-soignante et auxiliaire de vie en gériatrie. Elle reprend ses études de droit à l’âge de 21 ans et publie son premier roman policier, en 1998. Elle créé le personnage de Maureen, femme mentalement fragilisée accusée de meurtre. Abandonne le personnage pour mettre en scène une espèce de sosie, l’inspecteur Alex Morrow de la police de Glasgow, mal dans sa peau et peu sûre de ses pulsions. Parallèlement, Denise Misa exerce ses talents en tant que scénariste de BD.




Banlieue résidentielle de Glasgow. Trois jeunes hommes, chômeurs un peu paumés dans une voiture. Ils préparent un coup. Pat, le héros, le « beau mec » de la bande. Malki, son cousin junkie et Eddy, un brut de pomme, impulsif qui vient de se faire larguer par sa femme. A priori, tous les trois ne sont pas vraiment faits pour ce genre de boulot. Pat et Eddy font irruption dans le pavillon d’une famille pakistanaise d’apparence tranquille. Ils réclament à parler à un certain « Bob ». Or, il n’y a pas de Bob ici ! Les aurait-on mal informés ? Il faut faire quelque-chose. Et vite, avant qu’un membre de la famille n’appelle les secours. Ils décident alors d’enlever le brave patriarche, la soixantaine, en attendant d’y voir plus clair. Tandis qu’ils l’emmènent vers leur voiture gardée par Malki, Pat blesse au passage, la benjamine de la tribu « par simple maladresse ». A l’extérieur, un des fils de la famille et son pote fument tranquillement une cigarette dans leur voiture, quand ils aperçoivent Pat et Eddy sortir en trombe du pavillon, transportant une espèce de colis humain. Ils tentent vainement de les en empêcher, les prennent en chasse, mais sont arrêtés en pleine nuit par une patrouille de police. Police « légèrement » raciste qui immédiatement soupçonne ces deux Pakistanais d’être les auteurs d’un mauvais coup dans ce quartier à l’ordinaire, plutôt tranquille de la grande ville écossaise. Arrêtons-nous là et laissons l’enquête dans les mains d’Alex Marlow, inspectrice de la criminelle de Glasgow, principale métropole d’Ecosse.
Alex est d’abord désignée pour démêler cette affaire d’enlèvement avec violence. Or, la jeune inspectrice a un caractère « un peu spécial, sujette aux fréquentes sautes d’humeur et peu douée pour les subtilités des relations, aussi bien personnelles que professionnelles ». Dans un univers masculin, elle n’est pas très bien vue et se fait rafler la première place par un de ses collègues. Sous prétexte que les nuits peuvent être très dangereuses dans une ville de Glasgow « inondée par un incessant flot d’armes en provenance d’Irlande où on peut les acheter pour trois fois rien ». Comme l’enquête s’avère de plus en plus embrouillée et qu’Alex est, malgré son mauvais caractère, douée d’un flair inflexible, les deux inspecteurs finissent par faire équipe. Un : pour retrouver l’homme kidnappé contre rançon. Deux : pour savoir qui est ce fameux « Bob » réclamé à la famille. Famille qui durant l’enquête, se révèle être moins unie qu’il ne semble au premier abord et qui de plus, a un certain nombre de choses « pas très claires » à cacher.
Hormis l’intrigue bien ficelée de ce polar fulgurant, il y flotte, sous-jacent, comme un parfum de critique sociale et politique (racisme anti indien et casse sociale) entachée de portraits psychologiques passionnants. Car Alex a de quoi faire avec les protagonistes de l’histoire, aussi bien les coupables que les « victimes » ! Mais le plus attachant dans les polars de Denise Mina est peut-être le personnage de l’inspectrice Alex à l’expression plutôt « cash ». Deux petits exemples. D’une femme demi-mondaine : « Elle avait un rire comme trois notes qui se voulaient cristallines et qui crépitaient comme des bouts de verre écrasés sur un trottoir gelé ». Au sujet de l’appartement d’une autre femme, rencontrée au cours de l’enquête : « Tout chez elle était rose et cela semblait à Alex à peu près aussi obscène que si on l’avait invitée à visiter une maquette de vagin surdimensionnée à des fins psychologiques » … Sans compter ses pensées intimes au sujet de ses collègues « macho-mâles », que nous vous laissons découvrir. Les polars « féminins », pas pour autant forcément « féministes » : le Rat noir adore !

Serge Brussolo : La forêt des silences




Serge Brussolo est né en 1951, dans une modeste famille parisienne où il vit une enfance tourmentée, principalement à cause de la folie de sa mère. Dès l’âge de douze ans, il cherche à se faire publier. Mais ce n’est qu’après ses études de Lettres et de psychologie et après avoir exercé plusieurs petits métiers qu’il finit par s’imposer dans le domaine de la Science-fiction. Avec son style un peu « hors-normes », mélange d’étrange et de polar. Il lance une collection de romans fantastique qu’il abandonne parce qu’harcelé par les satanistes ! Lassé des caprices de l’édition commerciale, en 2014, il annonce souhaiter devenir son propre éditeur.




La Forêt des silences (éd. H&O poche) : une forêt qui garde en elle, la mémoire les crimes perpétués durant l’époque reculée des procès des Sorcières de Salem. Une forêt profonde, repoussante, inquiétante et redoutée située dans le fin fond de l’East Texas. Une forêt que les animaux ont fuie. Qui encercle Hags, un petit village fantôme pris en étau et dont les habitants vivent en autarcie, hors du temps et refusent toute modernité. Village dans lequel régna un temps en maître, un certain Clements Augustus Hooter. A la fois shérif, juge et bourreau « se prenant pour le bras armé du Seigneur » et qui faisait pendre sans procès, tout individu accusé de « déviance ». Personnage fou, autoritaire que les habitants de Hags continuent à honorer comme le Messie. Or, un journaliste envoyé par le patron d’une maison d’édition y faire une biographie sur le juge-bourreau, n’a plus donné de ses nouvelles depuis trois mois. Le patron envoie alors en mission Noami, documentaliste de la maison, à sa recherche. Dès son arrivée dans le village, elle se doit d’abandonner toute trace de modernité (vêtement, portable, etc.) et souscrire à une charte un peu spéciale. Elle a bien du mal à s’adapter aux mœurs très particulières de la « communauté », plongé un univers digne du « Prisonnier », la série culte britannique de la fin des années 60. Comment, après en avoir tacitement accepté les règles, va-t-elle réussir, non seulement à retrouver le journalise, mais surtout à se sortir d’une situation qui très vite, tourne au pire des cauchemars imaginable ?

Patrick Schindler, individuel FA Athènes

























PAR : Patrick Schindler
individuel FA Athènes
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le 31 mars 2022 09:34:48 par Bravo, article très intéressant!

Un article très intéressant et très instructif