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Chroniques du temps réel
par Céd. le 2 janvier 2021

Saint-Sylvestre

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Laissez-moi vous raconter
La mésaventure qui m’est arrivée.
C’était le soir de la Saint-Sylvestre
Ou le 32 Décembre peut-être.
Je tapais 36 15 Ulla
SOS Amitié ne répondant pas.
La connexion, Juste ciel !
S’établit avec la demoiselle.
Mais avant la révélation
Je passais un examen de contrition.
À quand remontait mon dernier spermicide
Cette déperdition relevant de l’homicide ?
Priais-je tous les matins
À Noël ou à la Saint Glinglin ?
Une vérification finale et nécessaire
Ponctua le questionnaire.
Étais-je enregistré au diocèse
Enrégimenté dans l’Ordre des fadaises ?
À défaut de numéro de baptême
Une none m’administra le saint chrême.
Ces conversions à distance
Favorisent l’entrée dans la danse.
Aiguillé sur la bonne route
J’allais trouver le bonheur sans nul doute.
Les voies du Seigneur mènent à la messe
La voix d’Ulla me conduirait-elle à l’allégresse ?
La compagne de Jésus
Me prit pour un ingénu.
Elle me susurra des mots doux à l’oreille
Me demanda si j’avais de l’oseille.
Jésus m’aimait paraît-il
Et userait de moi comme d’un Playmobil.
Son regard passablement langoureux
Me transporterait dans des sables heureux.
Je rejoindrais alors le chœur
Des élus de son cœur.
Ulla était-elle une gagneuse
Ou bien une vulgaire rabatteuse ?
Loin de soulager mon mal
Elle l’éclairait de son fanal.
Je m’impatientais du bas-ventre
Tout mon être siégeant en son centre [note] .
Ne trouvant aucun soulagement
Je rompis sans ménagement.
Je rabattis le minitel rose
Maudissant dieu et ses gloses.
L’histoire bientôt s’achève
On ne la qualifiera pas de rêve.
J’empoignais mon téléphone
À nouveau pour qu’il sonne.
Sur le cadran je fis le numéro
Pour joindre de vrais héros.
« SOS Fantômes bonsoir »
Entendis-je plongé dans le noir.
Je pus parler de l’institutrice
Qui se voulait notre tutrice.
De l’entraîneur de football
Qui sévissait à La Baule.
De l’oncle tyrannique
Et de mes cousines mutiques.
Du maître du labrador
Qui hurlait la nuit dehors.
Du voisin en cachemire
Qui se rêvait en émir.
Du conseiller de la patrie
Nostalgique de Vichy.
J’ai vidé tout mon sac
Dans un mouvement de ressac.
Évoqué les spectres qui me hantent
Et les amis qui ont déposé la patente.
Tous les sans-grades
Tous mes anciens camarades.
Morts bien trop tôt
Exténués par le boulot.
Cassés par des décisions de justice
Le foie aux couleurs de l’anis.
Expulsés de leur vieille bicoque
Et achevés par un staphylocoque.
Le pistolet sur la tempe
Quand l’existence se mue en crampe.
Livrés aussi à la grande muette
Le crâne fendu par la baïonnette..
Morts aussi d’avoir tenté le diable
Lui que l’on sait un adversaire redoutable.

Céd.


PAR : Céd.
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