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Chroniques du temps réel
par Céd. le 21 août 2022

Clochardologue

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Photo Barney Moss

Clochardologue reconnu par ses pairs
Il avait accumulé diverses récompenses
La médaille d’or attribuée par le CNRS
Un prix au concours du levage de coude.

Il avait de l’entomologiste les manières
Étudiant sous les ponts de la Défense
Insoucieux des accusations de paresse
Des SDF manquant d’huile de coude.

Formé à la recherche en plein air
Il sillonnait les ruelles de France
Mâchant un livre de Bouveresse
Et un chewing-gum Hollywood.

Sans se donner de grands airs
Il offrait sa corne d’abondance
Pleine à ras bord de tendresse
Et d’alcools fins qui soudent.

Il picolait sous les lampadaires
Avec des punks en transhumance
Des clodos rêvant des abbesses
Et d’un monde sans fast-food.

Dans le Journal de l’universitaire
Il publiait des articles denses
Narrant ses accès de faiblesse
Le cerveau corrodé par la soude.

Il absorbait des litres de bière
Vivait sa vie de manière intense
Cédait même parfois à l’allégresse
Avec les gueux coude-à-coude.

Céd.

un passager clandestin...
PAR : Céd.
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« Moi je dis qu’il existe une société secrète avec des ramifications dans le monde entier...
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le 23 août 2022 10:09:04 par Mato-Topé

Carnet d’un abstinent
Guerre à l’Alcool
En étudiant le problème de l’alcoolisme, je suis conduit à distinguer ici, comme en toute étude qui touche à la société, les deux côtés de la barricade
D’un côté, ceux qui ont un intérêt certain à favoriser l’alcoolisme, parce qu’ils en vivent et de l’autre, ceux qui ont un intérêt évident à le supprimer, parce qu’ils en meurent.
Ici, la classe capitaliste a ses partisans qui, pour demeurer les maîtres de la situation, ont besoin d’empoisonner encore et toujours les travailleurs ; et là, la classe ouvrière qui, pour s’affranchir, a besoin de cesser de s’intoxiquer par l’alcool.
Pour les uns : les dirigeants et les patrons, l’alcool est un moyen de gouverner et d’exploiter et, on peut l’affirmer, un des moyens les plus sûrs, parce que, de la part des individus qui sont atteints de cette répugnante affection, les riches et les maîtres n’ont à redouter ni sursaut de dignité, ni geste conscient de révolte.
Pour les autres : les gouvernés et les exploités, la nécessité de réagir contre l’alcoolisme et de terrasser ce mal est incontestable, s’ils ont la volonté de conquérir leurs droits et de réaliser le sublime devoir de tous les révolutionnaires : « Bien être et liberté ! »
Travailleur, mon frère, je t’en supplie, ne bois plus d’alcool ; fuis le comptoir ; cesse d’être l’esclave de cette déplorable habitude d’ingurgiter tournées sur tournées et de laisser au cabaret, avec une partie de ta paye, ta dignité, ta raison et ta santé.
Prends la ferme résolution de pratiquer sur ce point l’abstinence sans réserve et, cette détermination prise, aie le courage de t’y conformer sur l’heure.
Ton intelligence et ta santé se trouveront bien de ta sobriété, les économies que tu réaliseras, consacre les à rendre ton foyer plus confortable, plus coquet, plus attrayant ; achète des livres, des brochures, des journaux dont la lecture te procurera de sains divertissements et de douces émotions. Donne à ta famille, à tes camarades de travail et d’idée, le temps que tu gâchais chez le marchand de vins. Instruis-toi ; occupe ton esprit à l’étude des grands problèmes dont la solution est pour le monde ouvrier de la plus haute importance ; ouvre ton cœur aux purs sentiments de justice, de liberté et de solidarité dont le triomphe fera succéder, quand les travailleurs le voudront, le bonheur pour tous à la douleur universelle.
Sébastien Faure