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Histoire
par Céd. le 9 avril 2021

Nostalgie quand tu nous tiens…

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(A la mémoire du camarade Iejov)

A l’occasion de son procès en excommunication
Le militant avoua aux gémonies de l’histoire
Que son autocritique avait été insincère
Et demanda à être châtié pour ses mensonges.

La Cour suprême juge sans passion
L’objectivité de ses procédures est notoire
Nul ne saurait influencer ces braves cerbères
Qui ignorent superbement la clé des songes.

Cela avait débuté par une instruction
En tout point respectueuse des règles de l’art
Avec la menace d’empoisonner père et mère
L’amanite phalloïde confondue avec l’oronge.

La fin justifiait les moyens disait-on
Dans les cercles du NKVD proches du pouvoir
L’épuration était parfaitement nécessaire
Pour tenir la bride et raccourcir la longe.

Quant à la méthode dite de la question
Elle empruntait son modèle d’interrogatoire
A l’Inquisition et aux mal-nommés Pères
Dont Staline chérissait l’entregent et l’allonge.

La chemise déchirée et délesté de son pantalon
Le vieux communiste ne pouvait plus voir
Son destin brisé par ses tortionnaires
Ses yeux pleurant du sang effacé à l’éponge.

Le procès tourna à la farce et à la fiction
Quand pris dans les rets et les mâchoires
De la Justice du pays des prolétaires
L’homme déclara un contact à Collonges.

La Cour le condamna au peloton d’exécution
Les aveux arrachés à coups de battoir
Le révélèrent contre-révolutionnaire
Un traitre aux méfaits à rallonges.

La vie aurait pu continuer son ronron
Et l’URSS demeurer un mouroir
Si le chef orchestrant la barbarie
N’avait cédé à l’athérosclérose qui ronge.

En Italie, en France, dans les comités
Les dirigeants avaient répandu un brouillard
Et crié haro sur les dissidents-ennemis
Assimilés à l’eau sale de la plonge.

Et quand les pratiques avaient été révélées
On avait tiré un grand rideau noir
Et le premier secrétaire du Parti
S’était bourgeoisement replié place Monge.

Céd.

PS [note] : Si sa vie n’avait été subitement écourtée, le camarade Iejov aurait aujourd’hui 126 ans. Il coulerait une retraite paisible et des jours heureux dans sa datcha sur les bords de la mer Noire. Bien qu’il ait scrupuleusement satisfait aux moindres désirs du camarade Staline durant les quelques années où il répandit la terreur, et bien qu’il compta à son actif plusieurs centaines de milliers de morts, le chef suprême du NKVD finit par tomber en disgrâce. Dans sa grande clairvoyance, le camarade Staline comprit que son « camarade de confiance » était devenu un « ennemi du peuple ». Il le fit fusiller le 4 février 1940



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PAR : Céd.
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