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Littérature

par Patrick Schindler • le 28 août 2026
En attendant l’été, le rat noir...
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Pour ce mois de juin particulièrement porté sur l’évasion , premier arrêt au Japon, à bord du Bateau-usine de Kobayashi Takiji, puis avec La Mer, un recueil de nouvelles de Yoko Ogawa. Cuba : à la découverte de La chair de René de l’étonnant Virgilio Pinera. Petit détour en Grèce Par les monts et les îles visités par les grands écrivains grecs modernes. France : Le livre de Monelle de Marcel Schwob ; Paris, mille vies de Laurent Gaudé.
« Le Japon disparaîtra, il deviendra inorganique, vide et incolore tout en étant une grande puissance économique prospère et astucieuse perdue au fin fond de l’Orient » Youkio Mishima
Takiji Kobayashi est né en 1903 à Ödate. Quatre ans plus tard, ses parents paysans déménagent sur l’île d’Hokkaidö où ils deviennent gérants d’une pâtisserie. Durant son adolescence, Takiji se passionne pour l’œuvre de Shiga Naoya et se rapproche des idées socialistes en lisant Marx et Lénine pendant ses études durant lesquelles il présente un mémoire sur La Conquête du pain de Piotr Kropotkine. Il travaille ensuite dans une banque et rencontre une jeune serveuse prostituée qui exercera une grande influence sur son œuvre. Aux législatives de 1928, il se présente comme candidat du Parti des ouvriers et paysans et se lance dans la littérature avec son premier roman Le Bateau-usine. Une version édulcorée afin d’éviter la censure, mais il est néanmoins interdit et ne sera republié au Japon qu’en 1948. À Tokyo, il adhère au PC, vit dans la clandestinité et continue à écrire des romans engagés. En 1933, il est arrêté par la police politique et meurt sous la torture dans le commissariat de Tsukiji.
Nous sommes dans les années 1920, en fond de cale du bateau-usine Le Hokkô-maru, le jour du départ. Un navire crasseux de 3 000 tonnes dans lequel sont empilés des gosses de 14/15 ans où leur font leurs adieux quelques-unes de leurs mères du moins, pour ceux qui en avaient une (!)…
Page après page, nous allons nous imprégner de la misère de ces gamins et de quelques étudiants faméliques, mais aussi d’adultes plus aguerris composant l’équipage antagoniste du navire. D’une part les marins et de l’autre, les ouvriers et les pêcheurs. Ces derniers étant composés d’anciens paysans saisonniers itinérants expulsés de leurs terres ou d’anciens mineurs, dockers ou ouvriers. Tous ayant connu des conditions de travail selon leurs dires, « pires que dans les camps de la mort de Dostoïevski ! » et espérant trouver sur le bateau une meilleure condition. Tous se partagent un dortoir surnommé « le merdier » où pullulent, par manque d’hygiène poux, puces et punaises, vecteurs avec la mauvaise bouffe, de maladies.
Et en haut de l’échelle sociale culminent : le capitaine du navire « cet exploiteur sans cœur », l’intendant « une peau de vache » et le contremaitre « ce faux cul ». Trio régnant qui tient à son pré carré et à ses privilèges.
L’ancre levée, nous allons franchir les mers d’Okhtsk et celle glacée du Kamtchatka, à la limite des eaux territoriales soviétiques dans lesquelles « les marins à plat ventre devaient se recroqueviller pour éviter les attaques des flocons qui venaient se planter dans les mains et les visages comme autant de minuscules éclats de verre, le navire étant devenu une grosse baleine se tordant de douleur entre les vagues en furie »… En effet, le Hakkô-maru comme tous les autres bateaux-usines n’était autre qu’une ancienne épave « laissée à l’abandon durant une vingtaine d’années avant d’être repeinte et revendue telle une prostituée syphilitique dissimulant ses disgrâces sous d’épais fards » !
Durant la pêche aux crabes, les cadences à bord sont infernales et épuisantes : parfois jusqu’à treize heures par jour sur ces mers inhospitalières aux vents glacés qui n’épargne rien à l’équipage dont certains « éléments » parfois disparaissent. Toutes ces horreurs vécues aussi bien de jour que pendant « ces longues nuits sans femmes durant lesquelles les visites nocturnes des pêcheurs au quartier des jeunes ouvriers commencent »…
Combien de temps marins et ouvriers continueront à subir ces conditions extrêmes, sans rechigner ? Et quel serait un éventuel élément déclencheur d’une révolte ? Patience et en attendant, l’auteur nous invite lors de scènes hallucinantes à mieux connaitre et nous familiariser avec les protagonistes de cette histoire inspirée de faits réels. Enfin, en fin de volume, l’éditeur nous expliquera comment ce livre du militant Takiji Kobayashi, ne pouvant laisser personne indifférent, a connu une seconde jeunesse à partir de 2008.
Tel celui d’un petit garçon solitaire ayant inventé « un instrument merveilleux et unique au monde », que seul un étranger de passage aura le grand privilège de découvrir. Plus loin, nous accompagnerons une jeune japonaise se rendant à Vienne en voyage organisé. Celle-ci verra ses plans touristiques contrariés par la rencontre inopinée d’une veuve nippone venue, elle, dans cette ville, pour retrouver son amour de jeunesse reclus dans une maison de retraite. Ceci nous promettant une fin, on ne peut plus inattendue. Un autre conte nous raconte la passion insolite du « gardien des caractères » du Butterfly, un bureau de dactylographie. Bienvenue dans le monde caché des amoureux des idéogrammes japonais, ces « condensées d’informations » ! Autre histoire fantastique, celle d’un portier d’hôtel solitaire qui loue une chambre chez une veuve et sa petite fille de six ans. Celle-ci muette, jusqu’au jour où un élément d’exception va lui faire trouver la parole. Autre ambiance que celle de l’histoire d’un petit garçon très éveillé qui accompagne sa mère guide touristique lors d’une visite. Celle-ci ne l’enchantant guère. Mais sa rencontre avec un vieil homme qui pratique un étrange métier va changer la donne. En effet, ce dernier est le propriétaire d’une « titrerie », c’est-à-dire une boutique qui promet à ses clients de trouver un titre collant à leurs souvenirs !...
Lire Yoko Ogawa c’est acquérir une certitude : la plus banale des réalités peut parfois en cacher une autre aussi déconcertante qu’inattendue dans son double-fond…
Il sera dès lors en butte aux dérives du régime qui censure son œuvre. La même année, il est arrêté pour délit d’homosexualité pendant « la nuit des trois P », c’est-à-dire « Proxénètes, Prostituées et Pédérastes » ! En 1968, il reçoit cependant le prix officiel Casa de las Américas pour son œuvre théâtrale Dos viejos pánicos mais… la représentation de cette pièce ne sera autorisée qu’en 1990 ! Après avoir subi moultes humiliations, il lui est interdit de publier à partir de 1969 et ce, jusqu’à sa mort. Il meurt d’une crise cardiaque à La Havane en 1979, dans la solitude.
Noyé au beau milieu de la foule, il attend son tour dans la queue du marché de la viande au détail, en ce jour de la semaine, libre de ticket de rationnement. Mais pourquoi René doit-il acheter une telle quantité de viande pour sa famille ? Selon les dits de son père « dans le but de te familiariser au culte de la viande » ! De fait la famille de René est, on ne pourrait plus spéciale. Et par voie de conséquence, livrée à tous les soupçons du voisinage. En haut de la pyramide, trône le père, Ramon. Lequel contraint sa femme Alicia et son fils situés au plus bas de l’échafaudage, à un perpétuel exode de ville en ville, voire de continent en continent… Ramon, qui passe des heures, enfermé dans son bureau « une pièce qui restait toujours close ».
Mais, dès le deuxième chapitre, les choses vont peu à peu se préciser, déjà lorsque le chef de famille va demander à René de l’assister lors d’une cérémonie très étrange dont les tenants et aboutissants ne devront lui être révélés que la veille du jour de ses vingt ans. Or le fameux jour de la prétendue révélation, sans aucune autre explication, Ramon emmène son fils dans une école, elle aussi très spéciale dans laquelle ce dernier doit être enfermé pendant trois années « afin d’être initié et prendre la succession de son père pur la cause ». Ce en quoi consiste la dite cause ne nous sera révélé que par petites touches. Son historique, ses implications politiques, stratégiques et leurs conséquences...
Livré alors aux mœurs et diktats on ne peut plus barbares et pervers de son école, René s’y soumettra-t-il ou se transformera-t-il peu à peu en rebelle ? Et quand bien même choisirait-il la rébellion, comment ferait-t-il alors pour s’échapper et survivre une fois rendu au monde hostile. Lequel pourrait se révéler pire encore que celui qu’il a connu dans son école…
Quatre-vingt ans après sa rédaction datant de l’époque du rideau de fer, ce fabuleux roman aux touches hyperréalistes de Virgilio Pinéra « ce maitre de l’absurde », prend une résonnance toute particulière. Mêlant dans ses pages, propagande et pulsions sadomasochismes au sein d’une atmosphère schizophrénique, digne du non moins effrayant Orange mécanique. De la grande littérature.
Le premier d’entre eux nous invite à suivre les pas de Giorgis Manousakis (originaire de Crète) dans les gorges de Samana (Crète), pour « une descente dans les entrailles maternelles de la nature, avec ses arbres séculaires qui refusent de mourir »…
Pour sa part, Stratis Myrivilis (Lesbos), nous explique comme une évidence comment il est tombé amoureux de Rhodes « dans une ivresse des sens et de l’esprit qui se renouvelait continûment, mais comment décrire quelqu’un ou quelque chose dont on est amoureux ? ». Plus loin dans le livre, il nous parlera de son île natale « le jardin flottant grec ».
C’est au tour de Kostas Ourakis (Constantinople) d’évoquer Santorin « une île où vous sentez que vous êtes devant quelque chose de surnaturel, d’exceptionnel et en même temps d’inquiétant ».
Zisimos Lerentzatos (Athènes) nous entraine lui, sur une petite plage dérobée de Koufonissia, son île natale « qui pourrait se résumer à ces vers magiques de Gérard de Nerval : J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène ».
Plus avant, M. Karagatisis (Athènes) nous offre un portrait de Mykonos, cette île « giflée par le meltem, vent du nord rude et froid et où l’on se sent loin du tumulte du monde et de la fièvre du siècle ».
Suit un très beau texte aux accents nostalgiques de Kostas Ouranis (Constantinople) sur l’île de Syros à l’époque où sa capitale Ermoúpolis, était partagée entre catholiques pauvres en haut et familles riches orthodoxes dans la partie basse. Quelques pages plus loin, il nous décrit le Magne, cette terre pauvre battue par les vents aux confins de la Grèce (sud-est du Péloponnèse). Il nous donne son explication sur le choix de ce site par les antiques pour « rendre hommage à la beauté du corps ». Enfin, l’auteur nous emmènera dans le Pélion au printemps « où la nature y est comme endimanchée », puis à la découverte de la Macédoine, vingt-deux ans seulement après son rattachement à la Grèce, lorsqu’elle était encore pour les hellènes une « terra incognito »…
Au tour à présent du poète Giorgos Orosinis (Etalie) de nous faire participer au pèlerinage de Tinos « rassemblant des milliers de personnes venues des quatre coins de la Grèce pour y faire des vœux ». Plusieurs pages plus loin, il nous fera découvrir les habitants de Pyrgi (Chios) « ces nomades tziganes y ayant échoué en des temps reculés ».
C’est ensuite Ion Dragoumis (Kastoria) qui nous transporte sur la mythique île de Samothrace, alors encore sous domination turque avant que celle-ci ne soit rattachée à la Grèce, en 1912.
Dimitrios Vikela (Béroia, Macédoine) nous invite, lui, à suivre les traces des longues relations de l’île de Zante avec Venise, du XIIIème au XVIIIème siècles.
A la suite de quoi, nous emboiterons le pas à Pavlos Nirvanas (Empire russe) lors de son ascension en haut du Mont Soros dans l’île de Céphalonie.
C’est au tour de Kostas Stergiopoulos (Chypre) de nous livrer ses impressions sur l’île d’Ithaque « qui n’existe pas que dans l’imaginaire, mais aussi dans la réalité » !
Nikiforos Vrettakos (Lakonie) quant à lui, évoquera les gens du Mont Taygète (Spartes) « dont le cœur déborde ».
Le peintre Fontis Kontoglou (Asie Mineure) nous entrainera dans les ruines de la Mistra franque (Morée) sur les pas de Chateaubriand et nous fera part de sa frustration.
Nikos Kazantazakis (Crète) nous décrit le rocher de Monembasía (Laconie) « masse de granit sauvage et pauvre, reliée au continent bien plus impressionnante que le rocher de Gibraltar ».
Angelos Tersakis à propos de Nauplie : « Ma patrie est un vieux lion de pierre [la forteresse Palamède de Nauplie] qui plonge ses griffes dans la mer émeraude écumante du Golfe d’Argolide » et développera.
Andréas Karkavitsas (Elide) et son voyage dans la Naupacte, ce repaire fortifié aux temps des Albanais et de Youssouf Pacha. Il nous racontera ensuite séjour à Larisa en 1881, dans « un monde bigarré de Turcs, Albanais, Thessaliens, Macédoniens et Juifs ». Et enfin, il évoquera ses trois jours passés dans une Salonique encore à majorité juive en 1892.
Le journaliste Mikhaïl Mitsakis (Mégare) prend la plume à sa suite, pour nous raconter son voyage dans une Thessalie pauvre et soumise en 1886, cinq années après son rattachement à la Grèce. Puis, sa visite en Epire à l’époque où les Turcs et les Grecs « se livraient une vraie guerre silencieuse entre eux ».
Enfin, « last but not the least », nous accompagnons Ilias Venezis (Anatolie turque) durant son ascension sur les traces des pionniers du mont Olympe, ou sur « le trône de Zeus ».
Véritable document historique, ce livre a, outre la qualité de nous faire revivre un passé presque oublié des nouvelles générations, celle de nous présenter un large panel représentatif de la littérature grecque, au tournant des XIX et XXème siècles. A lire avant ou mieux… pendant le voyage !
Sans plus de précisions, le narrateur de ce recueil nous invite tout d’abord, à « entendre les paroles de Monelle », cette femme qu’il a rencontrée dans une plaine où il errait, quand celle-ci lui a déclaré « Encore une fois je viendrai parmi vous, car peu d’hommes m’ont vue et aucun ne m’a comprise ; et tu m’oublieras et tu me reconnaitras et tu m’oublieras »… C’est alors Monelle qui raconte et commence par évoquer « ces petites prostituées des grands romans qui ne vous comprennent que si vous êtes malheureux. Quand vous ne pleurez plus, elles n’osent plus vous regarder ». Suivent quelques considérations de Monelle sur plusieurs sujets. Par exemple, sur la destruction : « Détruis tout bien et tout mal. Détruis car toute création vient de la destruction ». Sur la perception des « moments » : « Sois heureux avec le moment. Tout bonheur qui dure est malheur », etc.
Après quoi, Monelle va nous présenter ses sœurs dans de brefs récits dont certains, de vrais petits bijoux, vont nous transporter dans un univers allégorique proche de celui d’ETA Hoffmann. Mais aussi, tendre, témoin celui de « Marjolaine la rêveuse dont le père avait été conteur et bâtisseur de rêves ». Philosophique, comme celui mettant en scène « la petite égoïste trop impétueuse que la crème des garçons préférait fuir ». Frisant le fantasme sadomasochisme, tel celui de « la voluptueuse à la recherche d’émotions fortes ». Magique, à l’image de « la petite diablesse verte emportée vers la liberté inconnue ». Conte troublant que le suivant, narrant les aventures de « Ilse et son double du miroir ». Baroque, est celui de « Cice qui prenait les corbillards pour des carrosses ». Ou encore factieux, comme icelui présentant « Morgane la princesse rouge qui n’aimait personne » qui devint « une fameuse prostituée égorgeuse d’hommes », etc. Pour conclure, Monelle réveillera pour nous les circonstances de son apparition et de sa disparition, avant sa résurrection parmi « les enfants blancs et les plaisirs de l’instant ».
Du symbolisme à l’état pur.
Laurent Gaudé est né à Paris en 1972. Ancien élève de l’École Alsacienne de Paris, il poursuit ensuite des études de Lettres Modernes puis théâtrales et commence sa carrière d’écrivain en 2001.
La question que l’homme vient de lui poser ne va plus quitter ce dernier. Il commence dès lors à se sentir de plus en plus étranger au monde, à la foule parisienne « avec ses milliers de vies qui vont, viennent, s’agitent, parlent, rient, souffrent et espèrent ».
Qui pouvait bien être cet homme ? Un dieu des carrefours, un des personnages des romans que le narrateur avait écrit vingt ans auparavant dans ce même quartier ? Et pour lui annoncer quoi, dans ce cas ? « Et s’il n’était pas d’ici ni de notre temps cet homme ? Un marcheur qui arpente les rues et les époques ? Mystère. Que faire ? le suivre ? Jusqu’où ? Dans les rues du souvenir ? ».
C’est ainsi que nous allons nous retrouver dans le quartier du Luxembourg où comme dans un jeu de piste, en lisant les plaques dédiées aux résistants, nous allons vivre les dernières heures de ces derniers « et les faire remonter chez les vivants pour que rien ne soit oublié et prendre soin de ce qu’ils furent ». Plus loin dans le récit, comme « à chaque coin de rue, des visions surgissent », nous revivrons la révolte des étudiants du quartier Latin au temps de François Villon, puis de celui des soixante-huitards. Petit arrêt sur la Commune de Paris ou derrière le corbillard des pauvres transportant Victor Hugo jusqu’au Panthéon. Nous fréquenterons aussi, « la quintessence » des écrivains et artistes noirs réunis à la Sorbonne en 1956, dans l’indifférence générale. Nous croiserons également entre autres, Arthur Rimbaud « l’éternel rejeté, décalé et provocateur » ainsi que les Vilains bonshommes. Nous assisterons à la dernière apparition publique d’Antonin Artaud, ce « spectre à l’esprit calciné par les électrochocs ». Mille vies, mille mots : « criés ou murmurés qui se transmettent de siècle en siècle » !...
Un beau voyage de mémoire collective.
Patrick Schindler, groupe de Rouen de la FA
Spéciale dédicace pour les climatosceptiques...
et puis
et puisque le rat noir a entraperçu Rimbaud, une version venue du Québec...
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« Le Japon disparaîtra, il deviendra inorganique, vide et incolore tout en étant une grande puissance économique prospère et astucieuse perdue au fin fond de l’Orient » Youkio Mishima
Takiji Kobayashi : Le bateau-usine
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Takiji Kobayashi est né en 1903 à Ödate. Quatre ans plus tard, ses parents paysans déménagent sur l’île d’Hokkaidö où ils deviennent gérants d’une pâtisserie. Durant son adolescence, Takiji se passionne pour l’œuvre de Shiga Naoya et se rapproche des idées socialistes en lisant Marx et Lénine pendant ses études durant lesquelles il présente un mémoire sur La Conquête du pain de Piotr Kropotkine. Il travaille ensuite dans une banque et rencontre une jeune serveuse prostituée qui exercera une grande influence sur son œuvre. Aux législatives de 1928, il se présente comme candidat du Parti des ouvriers et paysans et se lance dans la littérature avec son premier roman Le Bateau-usine. Une version édulcorée afin d’éviter la censure, mais il est néanmoins interdit et ne sera republié au Japon qu’en 1948. À Tokyo, il adhère au PC, vit dans la clandestinité et continue à écrire des romans engagés. En 1933, il est arrêté par la police politique et meurt sous la torture dans le commissariat de Tsukiji.
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Nous sommes dans les années 1920, en fond de cale du bateau-usine Le Hokkô-maru, le jour du départ. Un navire crasseux de 3 000 tonnes dans lequel sont empilés des gosses de 14/15 ans où leur font leurs adieux quelques-unes de leurs mères du moins, pour ceux qui en avaient une (!)…
Page après page, nous allons nous imprégner de la misère de ces gamins et de quelques étudiants faméliques, mais aussi d’adultes plus aguerris composant l’équipage antagoniste du navire. D’une part les marins et de l’autre, les ouvriers et les pêcheurs. Ces derniers étant composés d’anciens paysans saisonniers itinérants expulsés de leurs terres ou d’anciens mineurs, dockers ou ouvriers. Tous ayant connu des conditions de travail selon leurs dires, « pires que dans les camps de la mort de Dostoïevski ! » et espérant trouver sur le bateau une meilleure condition. Tous se partagent un dortoir surnommé « le merdier » où pullulent, par manque d’hygiène poux, puces et punaises, vecteurs avec la mauvaise bouffe, de maladies.
Et en haut de l’échelle sociale culminent : le capitaine du navire « cet exploiteur sans cœur », l’intendant « une peau de vache » et le contremaitre « ce faux cul ». Trio régnant qui tient à son pré carré et à ses privilèges.
L’ancre levée, nous allons franchir les mers d’Okhtsk et celle glacée du Kamtchatka, à la limite des eaux territoriales soviétiques dans lesquelles « les marins à plat ventre devaient se recroqueviller pour éviter les attaques des flocons qui venaient se planter dans les mains et les visages comme autant de minuscules éclats de verre, le navire étant devenu une grosse baleine se tordant de douleur entre les vagues en furie »… En effet, le Hakkô-maru comme tous les autres bateaux-usines n’était autre qu’une ancienne épave « laissée à l’abandon durant une vingtaine d’années avant d’être repeinte et revendue telle une prostituée syphilitique dissimulant ses disgrâces sous d’épais fards » !
Durant la pêche aux crabes, les cadences à bord sont infernales et épuisantes : parfois jusqu’à treize heures par jour sur ces mers inhospitalières aux vents glacés qui n’épargne rien à l’équipage dont certains « éléments » parfois disparaissent. Toutes ces horreurs vécues aussi bien de jour que pendant « ces longues nuits sans femmes durant lesquelles les visites nocturnes des pêcheurs au quartier des jeunes ouvriers commencent »…
Combien de temps marins et ouvriers continueront à subir ces conditions extrêmes, sans rechigner ? Et quel serait un éventuel élément déclencheur d’une révolte ? Patience et en attendant, l’auteur nous invite lors de scènes hallucinantes à mieux connaitre et nous familiariser avec les protagonistes de cette histoire inspirée de faits réels. Enfin, en fin de volume, l’éditeur nous expliquera comment ce livre du militant Takiji Kobayashi, ne pouvant laisser personne indifférent, a connu une seconde jeunesse à partir de 2008.
Yôko Ogawa : La mer
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Tel celui d’un petit garçon solitaire ayant inventé « un instrument merveilleux et unique au monde », que seul un étranger de passage aura le grand privilège de découvrir. Plus loin, nous accompagnerons une jeune japonaise se rendant à Vienne en voyage organisé. Celle-ci verra ses plans touristiques contrariés par la rencontre inopinée d’une veuve nippone venue, elle, dans cette ville, pour retrouver son amour de jeunesse reclus dans une maison de retraite. Ceci nous promettant une fin, on ne peut plus inattendue. Un autre conte nous raconte la passion insolite du « gardien des caractères » du Butterfly, un bureau de dactylographie. Bienvenue dans le monde caché des amoureux des idéogrammes japonais, ces « condensées d’informations » ! Autre histoire fantastique, celle d’un portier d’hôtel solitaire qui loue une chambre chez une veuve et sa petite fille de six ans. Celle-ci muette, jusqu’au jour où un élément d’exception va lui faire trouver la parole. Autre ambiance que celle de l’histoire d’un petit garçon très éveillé qui accompagne sa mère guide touristique lors d’une visite. Celle-ci ne l’enchantant guère. Mais sa rencontre avec un vieil homme qui pratique un étrange métier va changer la donne. En effet, ce dernier est le propriétaire d’une « titrerie », c’est-à-dire une boutique qui promet à ses clients de trouver un titre collant à leurs souvenirs !...
Lire Yoko Ogawa c’est acquérir une certitude : la plus banale des réalités peut parfois en cacher une autre aussi déconcertante qu’inattendue dans son double-fond…
Virgilio Pinera : La Chair de René
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Il sera dès lors en butte aux dérives du régime qui censure son œuvre. La même année, il est arrêté pour délit d’homosexualité pendant « la nuit des trois P », c’est-à-dire « Proxénètes, Prostituées et Pédérastes » ! En 1968, il reçoit cependant le prix officiel Casa de las Américas pour son œuvre théâtrale Dos viejos pánicos mais… la représentation de cette pièce ne sera autorisée qu’en 1990 ! Après avoir subi moultes humiliations, il lui est interdit de publier à partir de 1969 et ce, jusqu’à sa mort. Il meurt d’une crise cardiaque à La Havane en 1979, dans la solitude.
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Noyé au beau milieu de la foule, il attend son tour dans la queue du marché de la viande au détail, en ce jour de la semaine, libre de ticket de rationnement. Mais pourquoi René doit-il acheter une telle quantité de viande pour sa famille ? Selon les dits de son père « dans le but de te familiariser au culte de la viande » ! De fait la famille de René est, on ne pourrait plus spéciale. Et par voie de conséquence, livrée à tous les soupçons du voisinage. En haut de la pyramide, trône le père, Ramon. Lequel contraint sa femme Alicia et son fils situés au plus bas de l’échafaudage, à un perpétuel exode de ville en ville, voire de continent en continent… Ramon, qui passe des heures, enfermé dans son bureau « une pièce qui restait toujours close ».
Mais, dès le deuxième chapitre, les choses vont peu à peu se préciser, déjà lorsque le chef de famille va demander à René de l’assister lors d’une cérémonie très étrange dont les tenants et aboutissants ne devront lui être révélés que la veille du jour de ses vingt ans. Or le fameux jour de la prétendue révélation, sans aucune autre explication, Ramon emmène son fils dans une école, elle aussi très spéciale dans laquelle ce dernier doit être enfermé pendant trois années « afin d’être initié et prendre la succession de son père pur la cause ». Ce en quoi consiste la dite cause ne nous sera révélé que par petites touches. Son historique, ses implications politiques, stratégiques et leurs conséquences...
Livré alors aux mœurs et diktats on ne peut plus barbares et pervers de son école, René s’y soumettra-t-il ou se transformera-t-il peu à peu en rebelle ? Et quand bien même choisirait-il la rébellion, comment ferait-t-il alors pour s’échapper et survivre une fois rendu au monde hostile. Lequel pourrait se révéler pire encore que celui qu’il a connu dans son école…
Quatre-vingt ans après sa rédaction datant de l’époque du rideau de fer, ce fabuleux roman aux touches hyperréalistes de Virgilio Pinéra « ce maitre de l’absurde », prend une résonnance toute particulière. Mêlant dans ses pages, propagande et pulsions sadomasochismes au sein d’une atmosphère schizophrénique, digne du non moins effrayant Orange mécanique. De la grande littérature.
Par les monts et par les îles, voyages en Grèce d’écrivains grecs
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Le premier d’entre eux nous invite à suivre les pas de Giorgis Manousakis (originaire de Crète) dans les gorges de Samana (Crète), pour « une descente dans les entrailles maternelles de la nature, avec ses arbres séculaires qui refusent de mourir »…
Pour sa part, Stratis Myrivilis (Lesbos), nous explique comme une évidence comment il est tombé amoureux de Rhodes « dans une ivresse des sens et de l’esprit qui se renouvelait continûment, mais comment décrire quelqu’un ou quelque chose dont on est amoureux ? ». Plus loin dans le livre, il nous parlera de son île natale « le jardin flottant grec ».
C’est au tour de Kostas Ourakis (Constantinople) d’évoquer Santorin « une île où vous sentez que vous êtes devant quelque chose de surnaturel, d’exceptionnel et en même temps d’inquiétant ».
Zisimos Lerentzatos (Athènes) nous entraine lui, sur une petite plage dérobée de Koufonissia, son île natale « qui pourrait se résumer à ces vers magiques de Gérard de Nerval : J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène ».
Plus avant, M. Karagatisis (Athènes) nous offre un portrait de Mykonos, cette île « giflée par le meltem, vent du nord rude et froid et où l’on se sent loin du tumulte du monde et de la fièvre du siècle ».
Suit un très beau texte aux accents nostalgiques de Kostas Ouranis (Constantinople) sur l’île de Syros à l’époque où sa capitale Ermoúpolis, était partagée entre catholiques pauvres en haut et familles riches orthodoxes dans la partie basse. Quelques pages plus loin, il nous décrit le Magne, cette terre pauvre battue par les vents aux confins de la Grèce (sud-est du Péloponnèse). Il nous donne son explication sur le choix de ce site par les antiques pour « rendre hommage à la beauté du corps ». Enfin, l’auteur nous emmènera dans le Pélion au printemps « où la nature y est comme endimanchée », puis à la découverte de la Macédoine, vingt-deux ans seulement après son rattachement à la Grèce, lorsqu’elle était encore pour les hellènes une « terra incognito »…
Au tour à présent du poète Giorgos Orosinis (Etalie) de nous faire participer au pèlerinage de Tinos « rassemblant des milliers de personnes venues des quatre coins de la Grèce pour y faire des vœux ». Plusieurs pages plus loin, il nous fera découvrir les habitants de Pyrgi (Chios) « ces nomades tziganes y ayant échoué en des temps reculés ».
C’est ensuite Ion Dragoumis (Kastoria) qui nous transporte sur la mythique île de Samothrace, alors encore sous domination turque avant que celle-ci ne soit rattachée à la Grèce, en 1912.
Dimitrios Vikela (Béroia, Macédoine) nous invite, lui, à suivre les traces des longues relations de l’île de Zante avec Venise, du XIIIème au XVIIIème siècles.
A la suite de quoi, nous emboiterons le pas à Pavlos Nirvanas (Empire russe) lors de son ascension en haut du Mont Soros dans l’île de Céphalonie.
C’est au tour de Kostas Stergiopoulos (Chypre) de nous livrer ses impressions sur l’île d’Ithaque « qui n’existe pas que dans l’imaginaire, mais aussi dans la réalité » !
Nikiforos Vrettakos (Lakonie) quant à lui, évoquera les gens du Mont Taygète (Spartes) « dont le cœur déborde ».
Le peintre Fontis Kontoglou (Asie Mineure) nous entrainera dans les ruines de la Mistra franque (Morée) sur les pas de Chateaubriand et nous fera part de sa frustration.
Nikos Kazantazakis (Crète) nous décrit le rocher de Monembasía (Laconie) « masse de granit sauvage et pauvre, reliée au continent bien plus impressionnante que le rocher de Gibraltar ».
Angelos Tersakis à propos de Nauplie : « Ma patrie est un vieux lion de pierre [la forteresse Palamède de Nauplie] qui plonge ses griffes dans la mer émeraude écumante du Golfe d’Argolide » et développera.
Andréas Karkavitsas (Elide) et son voyage dans la Naupacte, ce repaire fortifié aux temps des Albanais et de Youssouf Pacha. Il nous racontera ensuite séjour à Larisa en 1881, dans « un monde bigarré de Turcs, Albanais, Thessaliens, Macédoniens et Juifs ». Et enfin, il évoquera ses trois jours passés dans une Salonique encore à majorité juive en 1892.
Le journaliste Mikhaïl Mitsakis (Mégare) prend la plume à sa suite, pour nous raconter son voyage dans une Thessalie pauvre et soumise en 1886, cinq années après son rattachement à la Grèce. Puis, sa visite en Epire à l’époque où les Turcs et les Grecs « se livraient une vraie guerre silencieuse entre eux ».
Enfin, « last but not the least », nous accompagnons Ilias Venezis (Anatolie turque) durant son ascension sur les traces des pionniers du mont Olympe, ou sur « le trône de Zeus ».
Véritable document historique, ce livre a, outre la qualité de nous faire revivre un passé presque oublié des nouvelles générations, celle de nous présenter un large panel représentatif de la littérature grecque, au tournant des XIX et XXème siècles. A lire avant ou mieux… pendant le voyage !
Marcel Schwob : Le livre de Monelle
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Sans plus de précisions, le narrateur de ce recueil nous invite tout d’abord, à « entendre les paroles de Monelle », cette femme qu’il a rencontrée dans une plaine où il errait, quand celle-ci lui a déclaré « Encore une fois je viendrai parmi vous, car peu d’hommes m’ont vue et aucun ne m’a comprise ; et tu m’oublieras et tu me reconnaitras et tu m’oublieras »… C’est alors Monelle qui raconte et commence par évoquer « ces petites prostituées des grands romans qui ne vous comprennent que si vous êtes malheureux. Quand vous ne pleurez plus, elles n’osent plus vous regarder ». Suivent quelques considérations de Monelle sur plusieurs sujets. Par exemple, sur la destruction : « Détruis tout bien et tout mal. Détruis car toute création vient de la destruction ». Sur la perception des « moments » : « Sois heureux avec le moment. Tout bonheur qui dure est malheur », etc.
Après quoi, Monelle va nous présenter ses sœurs dans de brefs récits dont certains, de vrais petits bijoux, vont nous transporter dans un univers allégorique proche de celui d’ETA Hoffmann. Mais aussi, tendre, témoin celui de « Marjolaine la rêveuse dont le père avait été conteur et bâtisseur de rêves ». Philosophique, comme celui mettant en scène « la petite égoïste trop impétueuse que la crème des garçons préférait fuir ». Frisant le fantasme sadomasochisme, tel celui de « la voluptueuse à la recherche d’émotions fortes ». Magique, à l’image de « la petite diablesse verte emportée vers la liberté inconnue ». Conte troublant que le suivant, narrant les aventures de « Ilse et son double du miroir ». Baroque, est celui de « Cice qui prenait les corbillards pour des carrosses ». Ou encore factieux, comme icelui présentant « Morgane la princesse rouge qui n’aimait personne » qui devint « une fameuse prostituée égorgeuse d’hommes », etc. Pour conclure, Monelle réveillera pour nous les circonstances de son apparition et de sa disparition, avant sa résurrection parmi « les enfants blancs et les plaisirs de l’instant ».
Du symbolisme à l’état pur.
Laurent Gaudé : Paris, Mille vies
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Laurent Gaudé est né à Paris en 1972. Ancien élève de l’École Alsacienne de Paris, il poursuit ensuite des études de Lettres Modernes puis théâtrales et commence sa carrière d’écrivain en 2001.
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La question que l’homme vient de lui poser ne va plus quitter ce dernier. Il commence dès lors à se sentir de plus en plus étranger au monde, à la foule parisienne « avec ses milliers de vies qui vont, viennent, s’agitent, parlent, rient, souffrent et espèrent ».
Qui pouvait bien être cet homme ? Un dieu des carrefours, un des personnages des romans que le narrateur avait écrit vingt ans auparavant dans ce même quartier ? Et pour lui annoncer quoi, dans ce cas ? « Et s’il n’était pas d’ici ni de notre temps cet homme ? Un marcheur qui arpente les rues et les époques ? Mystère. Que faire ? le suivre ? Jusqu’où ? Dans les rues du souvenir ? ».
C’est ainsi que nous allons nous retrouver dans le quartier du Luxembourg où comme dans un jeu de piste, en lisant les plaques dédiées aux résistants, nous allons vivre les dernières heures de ces derniers « et les faire remonter chez les vivants pour que rien ne soit oublié et prendre soin de ce qu’ils furent ». Plus loin dans le récit, comme « à chaque coin de rue, des visions surgissent », nous revivrons la révolte des étudiants du quartier Latin au temps de François Villon, puis de celui des soixante-huitards. Petit arrêt sur la Commune de Paris ou derrière le corbillard des pauvres transportant Victor Hugo jusqu’au Panthéon. Nous fréquenterons aussi, « la quintessence » des écrivains et artistes noirs réunis à la Sorbonne en 1956, dans l’indifférence générale. Nous croiserons également entre autres, Arthur Rimbaud « l’éternel rejeté, décalé et provocateur » ainsi que les Vilains bonshommes. Nous assisterons à la dernière apparition publique d’Antonin Artaud, ce « spectre à l’esprit calciné par les électrochocs ». Mille vies, mille mots : « criés ou murmurés qui se transmettent de siècle en siècle » !...
Un beau voyage de mémoire collective.
Patrick Schindler, groupe de Rouen de la FA
Spéciale dédicace pour les climatosceptiques...
et puis
et puisque le rat noir a entraperçu Rimbaud, une version venue du Québec...
PAR : Patrick Schindler
Groupe de Rouen
Groupe de Rouen
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"Il y a des mai qui tiennent" pense le rat noir
En avril, le rat noir ne se découvre pas au fil de la lecture
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Décembre, le rat noir a un scoop : Dieu existe. C’est le Père-Noël qui lui a dit.
"Qu’on me laisse à mes souvenirs de lecture" fredonne le rat noir en ce mois de novembre.
En octobre le rat noir lira-t-il des octosyllales à l’octopode octogénaire ?
Septembre, des livres plein le cartable, le rat noir fait sa rentrée
Qui est in et qui est août ? se demande le rat noir
Juillet, rat noir, qu’est-ce que tu lis pour les vacances ?
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Mai, ou, et, donc, le rat noir ?
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Janvier, une nouvelle révolution... terrestre*. Et le rat noir, toujours là.
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