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par Justhom le 6 juin 2026

La TERRE

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« Vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la Terre n’est à personne. »
Jean-Jacques Rousseau / Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes

On peut convenir que la Terre n’a été produite par personne. Elle n’appartient donc à personne. Ce qui veut dire qu’il est possible en tant que citoyen du monde de s’y installer là où bon nous semble sans en référer à une autorité quelconque.
Ce qui veut dire que tout ce qui s’y trouve (plaines, vallons, mers, montagnes) constitue un héritage commun que personne n’a le droit de s’approprier et de léguer à ses héritiers, à des administrateurs, à des spéculateurs.
Pas plus que les socialistes ni mêmes les communistes qui, au nom de la dictature du prolétariat, avaient décrété que la Terre était la propriété de l’État, n’avaient le droit de créer des kolkhozes (coopératives d’État) ou des sovkhozes (fermes d’État) par la contrainte et l’autorité. Ce furent deux composantes du système agricole soviétique.
Que ce soit le capitalisme de type privé ou le socialisme étatique, cela ressemble étrangement au capitalisme d’État. Les moyens de production sont accaparés par, soit le patronat, soit l’État. Ils contrôlent les faits et gestes des travailleurs qui mettent en mouvement les moyens de production. Ce contrôle peut aller jusqu’à la répression voire la privation des libertés.




La valeur de la Terre est créée par le collectif mis en mouvement et non par un seul travailleur. Les bénéfices ne doivent pas être monopolisés par les spéculateurs, qu’ils soient privés ou publics. Pourtant, ce tour de passe-passe porte un nom : « le vol ». Si le travailleur reçoit individuellement un salaire, le travail collectif pour réaliser un produit fini qui lui donne toute sa valeur, lui, n’est pas rémunéré, c’est là qu’intervient la supercherie (Merci Proudhon).
Les possesseurs de la Terre qui ont l’argent, le pouvoir imposent des conditions de vie démentes et détruisent à petit feu la planète.
Il nous faut donc nous libérer de l’exploitation privée et étatique et prendre possession en nous installant partout sur la Terre et en l’utilisant en toute liberté. Ce bien commun qu’est la Terre est détourné et sert pour enrichir les intérêts capitalistes. Il nous faut nous organiser pour que cesse ce vol à l’échelle mondiale et légalisé par les États.
Produisons ensemble, collectivement sous forme :
- de coopératives et non en tant qu’employeurs et employés ;
- d’entraide et de solidarité en utilisant les biens produits en fonction des besoins de chacun et en stockant le reste dans des entrepôts où pourront se servir ceux et celles qui en auront besoin.

Pas un espace ne leur échappe

Les rapaces capitalistes et les tordus de politiciens à leur service mettent à mal notre bien commun la Terre (les océans, la montagne, les fleuves, les rivières, les forêts, la faune, la flore, les sols et les sous-sols...)
Par exemple, ils mettent en danger la biodiversité en France : 14 % des mammifères, 24 % des reptiles, 23 % des amphibiens, 32 % des oiseaux nicheurs, 19 % des poissons d’eau douce, 28 % des crustacés d’eau douce sont menacés de disparition.
La surpêche dans les océans fait que des poissons tels que : le thon rouge, la sole, le cabillaud, la dorade, la raie l’anguille, l’anchois… sont des espèces en voie de disparition.
Les grands mammifères marins sont également menacés par la pollution plastique tels que : la baleine bleue, la tortue luth, la loutre de mer, le requin-marteau, le grand cachalot, le requin-baleine...

Les rapaces capitalistes détruisent la TERRE systématiquement au risque de mettre en péril l’existence humaine jusqu’à la rendre irrespirable.
Ils l’abîment à coup de bétonnage et d’artificialisation (autoroutes, immeubles en bord de mer et à la montagne…)
Ils la polluent à coup de particules fines.
Ils l’empoisonnent à coup d’algues vertes.
Ils dénaturent les bords de mer, la montagne, la campagne, les fleuves, les rivières, les forêts, les villes.
Ils tuent les espèces vivantes : selon un rapport de « Planète vivante » daté de 2018, 60 % des populations d’animaux sauvages ont disparu depuis 40 ans
Ils sont responsables du dérèglement climatique (déforestation, inondations, fontes des neiges éternelles, des glaciers, des pôles, montée des océans, incendies…).




L’agriculture intensive, la surpêche, les usines d’élevage (poulets, porcs, saumons, truites…) la surexploitation des ressources naturelles sont la cause de la pollution plastique des mers, des sols.
Ils rendent la vie impossible et sèment la mort : 48 000 décès prématurés en France selon « santé publique ».
6,7 millions de décès prématurés dans le monde, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé.)
Au nom de la sacro-sainte croissance et du sacro-saint progrès pour ne pas dire profits et dividendes, les destructeurs de la planète, les patrons/milliardaires/pollueurs sont les principaux responsables de tous ces crimes. Ils se savent impunis dans la mesure où ce sont eux qui dictent leurs lois aux politicards serviles.

Je vais terminer par un texte prémonitoire de Voltairine de Cleyre écrit en 1903, et qui prend toute sa résonance et son sens aujourd’hui 123 ans plus tard :

« La Terre fut construite, aménagée et peuplée dans les conseils d’une délégation de gens supérieurs et, jusqu’à ce qu’ils apparaissent et commencent à s’ingérer dans les affaires, faisant les lois et s’instaurant comme maîtres, la pauvreté et ses viles conséquences étaient inconnues de l’humanité. Quand la science sociale trouvera une façon de faire disparaître les obstacles au libre cours des lois naturelles et à la distribution équitable des fruits du travail, les masses cesseront d’être pauvres et la misère, le crime et les problèmes de population disparaîtront. »

Ce n’est pas par le bulletin de vote que les peuples mettront un terme à ce suicide planétaire. Nous autres anarchistes, nous préconisons la propagande par le discours, les écrits par l’acte et surtout par notre façon d’être. Alors, nous ferons naître des rebelles qui se libéreront de toutes les formes d’esclavage.
La pratique du sabotage, de la désobéissance sont également des outils pour détruire les obstacles que le système nous impose, abolir les lois et mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme afin que les richesses ne soient plus accaparées par des voleurs.
Il nous revient à nous, les damnés de la Terre, d’organiser la société sur d’autres bases (liberté, égalité, entraide, autogestion…) Alors et alors seulement nous pourrons tracer la voie vers la libération totale de la TERRE du joug capitaliste et étatiste.

Justhom
Groupe de Rouen
PAR : Justhom
Groupe de Rouen
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