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Actus anarchistes
par René Berthier le 3 janvier 2022

À propos des 34 démissionnaires de l’UCL

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Le 15 décembre 2021 la “Plateforme communiste libertaire en construction” publia un texte intitulé “Nous quittons l’UCL pour des motifs politiques” [note] . On savait depuis un bon moment que la situation n’était pas au beau fixe au sein d’Alternative libertaire, puis au sein de l’UCL après la fusion avec des groupes de la CGA. Il importe peu que cette fusion ait pu aggraver les problèmes au sein de la nouvelle organisation, les nouveaux arrivants ayant pu amener avec eux leurs propres questionnements. Les “partants” se présentent comme des militants de longue date, parfois depuis plus de quarante ans pour certains, ce qui suggère implicitement qu’il existerait une coupure (générationnelle?) avec les militants les plus jeunes.
Il y a 34 signataires à ce texte, chiffre qui ne comptabilise sans doute pas ceux qui sont déjà partis et ceux qui vont partir. Leur constat est que les “relations humaines” sont malmenées dans l’Union Communiste libertaire, créée il y a deux ans, et que les “textes fondateurs” ne sont plus respectés. L’organisation, devenue une “fin en soi” aurait opéré une “rupture avec toute perspective révolutionnaire”. En bref, “l’évolution de l’UCL met à mal le projet communiste-libertaire”: l’accusation est extrêmement grave.





Quel est le contenu de cette accusation?
Le débat n’est plus nourri par des points de vue politiques mais se manifeste par des “anathèmes à partir d’une essentialisation des militant.es” [note] . Ce n’est plus le contenu de ce qui est exprimé qui est retenu, mais la personne qui s’exprime, en fonction de “la couleur de sa peau, son âge, son genre, etc.” On peut en conclure que le discours de certaines personnes définies par le degré de leur “oppression”, réelle ou ressentie, a plus de valeur, mérite plus d’attention que celui d’une personne qui est supposée n’être victime d’aucune “oppression” — et le pas est vite franchi pour ranger cette personne dans le camp des oppresseurs, non par par l’action qu’elle pourrait exercer mais pour son simple être.

Ainsi peut-on lire:

“Seul l’antipatriarcat ‘post-moderniste’ semble avoir le vent en poupe et constitue de fait un bureau politique qui ne dit pas son nom, minorant ainsi la parole des militantes qui portent une approche et une méthodologie autres. Le genre est en effet devenu le prisme de tout échange. Les camarades hommes hétérosexuels sont, notamment, soumis à une critique permanente du simple fait de ce qu’ils sont, quel que soit leur engagement concret dans la lutte pour l’égalité des droits, y compris dans leur vie quotidienne.”
Précisément, pour les démissionnaires de l’UCL, “les personnes doivent être reconnues dans leurs propos et leurs actes, et non par la liste des dominations vécues. Quant aux vécus et aux ressentis, s’ils ont une place, ils ne justifient pas l’imposition d’une ligne politique.”

J’avoue être plutôt effaré de lire tout cela. Etant un vieux briscard, sans doute à peu près de la même génération que bien des démissionnaires de l’UCL puisque je suis dans le mouvement libertaire depuis 50 ans, j’ai connu l’UTCL et toute son évolution jusqu’à Alternative libertaire et je ne me serais jamais imaginé que cette organisation qui prônait la rigueur, la discipline etc., selon les préceptes du “Plateformisme” s’effondre comme un soufflet au fromage. Je suis extrêmement étonné que ceux qui étaient jadis les partisans les plus fermes du plateformisme en soient arrivés à être poussés hors de leur organisation par des gens qui représentaient autrefois ceux-là mêmes qu’ils méprisaient: on les appelait alors les “anarchistes style de vie” (lifestyle anarchists comme disent les plateformistes américains), auxquels la Fédération anarchiste était abusivement assimilée, devenus aujourd’hui des partisans de la forme la plus caricaturale du “wokisme” (comme disent encore les Américains).
Précisément, les camarades démissionnaires écrivent dans leur document que “Le plate-formisme, à l’origine fondé pour tirer les conséquences de l’échec total des mouvements anarchistes pendant la révolution russe, est indispensable en ces mauvais temps”,
Ce n’est un secret pour personne je ne suis jamais tombé dans l’hystérie anti-plateformiste qui frappe malheureusement certains anarchistes, qui n’ont sans doute pas pris la peine de lire sérieusement le document fondateur de ce courant. En lisant les statuts de la CGT-SR, ceux des anarchistes qui ont des états d’âme dès qu’on parle de discipline ou d’appliquer les décisions prises seraient bien plus horrifiés. Ou les statuts de n’importe quel syndicat, d’ailleurs. La plateforme d’Archinov est un document qui date de presque cent ans et c’est une relique historique qui me paraît un peu obsolète aujourd’hui. Même chose pour la “Synthèse anarchiste”, d’ailleurs, que la FA ne pratique plus depuis longtemps.
D’ailleurs, les partisans de la Plateforme d’Archinov qui dominaient dans Alternative libertaire ne semblent eux-mêmes pas avoir su “tirer les conséquences de l’échec” de leur propre organisation et n’ont pas su trouver dans la Plateforme les moyens d’eviter cet échec — ce qui ne parle pas précisément en faveur de ladite Plateforme. Sauf à penser que la fusion d’AL avec la CGA fut un moyen de marginaliser les “vétérans-lutte des classes” de l’ex-UTCL en créant de l’espace pour les partisans des théories wokistes à la mode.
Si l’idéologie woke a légitimement pour vocation de s’intéresser aux gens sensibles aux injustices sociales et aux iniquités raciales, rappelons que ces questions sont au fondement même de l’anarchisme. Malheureusement cette idéologie woke, qui a enveloppé l’UCL de son aile envahissante, se fonde, elle, sur le rejet du principe de lutte des classes, qui est lui aussi un des principes de base de l’anarchisme. Ce dont les démissionnaires de l’UCL sont bien sûr parfaitement au courant puisqu’ils écrivent que dans l’UCL d’aujourd’hui, “la lutte de classes est systématiquement opposée à ‘l’intersectionnalité’, alors que pour nous toutes les luttes doivent être articulées ensemble”, ce qui me semble aller de soi.
L’explication de la fracture qui a provoqué les démissions n’est peut-être pas politique mais sociologique: pour que la lutte des classes apparaisse comme évidente à une personne, encore faut-il que celle-ci soit dans une position de la vivre dans son quotidien. La personne qui ne vit pas une relation d’exploitation et qui veut apparaître comme “radicale” se voit confinée dans “des discours prétendument radicaux”, comme le dit le document des démissionnaires de l’UCL, parce qu’elles n’ont pas d’“engagements concrets en lien direct avec les classes populaires”. Ce qui est peut-être une façon allusive de dire que ceux des membres de l’UCL qui ont provoqué les démissions sont des petits-bourgeois: n’est-ce pas ce qui est exprimé lorsqu’on lit que “dans l’UCL s’expriment dorénavant surtout celles et ceux qui sont maîtres du temps”. Comment cette organisation en est-elle arrivée à instaurer un terrorisme intellectuel tel que ceux qui ne sont pas “maîtres du temps” (en résumé ceux qui bossent par opposition à ceux qui ont du loisir) n’ont pas d’autre choix que “de subir l’opprobre public, de s’autocensurer ou de se taire”, ou de se voir accuser sans fondement “de racisme ou d’antisémitisme, de sexisme, de complicité de la culture du viol, de transphobie, de validisme, de putophobie”? (Les chauves passeraient-ils au travers de ces catégorisations?)
L’insistance lancinante sur d’innombrables micro-luttes partielles présentées comme essentielles conduit à oblitérer le fait que les prolétaires, au sens où l’entendait la CGT-SR dans les années 30 [note] , ont des intérêts communs et que la lutte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression ne peut avoir d’efficacité que si elle est globale. Cette insistance lancinante sur d’innombrables micro-luttes partielles conduit aussi les victimes d’une “oppression” déterminée à récuser aux tenants d’une autre “oppression” le droit de se dire opprimés. Notons que dans ce débat, on parle beaucoup plus d’opprimés que d’exploités.





Enfin, la question de la religion. Les démissionnaires de l’UCL nous disent que “la critique de toutes les religions, incarnée depuis toujours par le mouvement libertaire, [...] est devenue tabou et donne même lieu à des accusations de racisme lorsqu’elle est proposée, alors que le Manifeste de l’UCL rappelle son engagement à défendre ‘un projet de société libéré de l’aliénation religieuse’.” Il y a eu un peu le même problème à la FA, sans que cela ne prenne une importance disproportionnée. Un de ces camarades que les démissionnaires de l’UCL présentent comme “maître du temps”, autrement dit ayant du loisir, a tenté il y a quelques années d’introduire dans la FA la relativisation de l’importance de la religion, le refus de critiquer l’islam, etc., mais ça a fait long feu [note] .
Mais là, on a affaire à un problème général, je dirais même international: depuis des années, on constate une sorte de laxisme dans le mouvement libertaire sur la question de la religion, alors que le problème est extrêmement clair: être anarchiste, c’est être athée. La croyance en Dieu, c’est-à-dire en un être placé au-dessus de nous et qui nous est supérieur, est une aliénation. Être anarchiste, c’est être opposé à l’aliénation économique du capital, à l’aliénation politique de l’État et l’aliénation religieuse de Dieu. Or nombre d’anarchistes d’aujourd’hui tendent à relâcher la pression sur l’aliénation religieuse, jusqu’à considérer qu’il n’est pas contraire aux principes de l’anarchisme d’accepter l’adhésion de croyants dans l’organisation. Ces camarades ne semblent pas capables de faire la distinction entre l’organisation spécifique, fondée sur des principes, dont l’athéisme, et l’organisation de masse rassemblant les exploites et opprimés sans distinction de croyance. Ils ont l’air de penser que parce qu’on est athées, on ne peut militer côte à côte avec des croyants. C’est évidemment idiot.
Ce relâchement est particulièrement visible s’agissant de l’islam: sous prétexte que ce serait la “religion des opprimés”, on n’aurait pas le droit de la critiquer. Il ne vient pas à l’esprit de ces camarades que si c’est la religion des opprimés, c’est une religion qui les opprime d’autant plus. Aussi ces anarchistes-là s’efforcent-ils de défendre les femmes qui portent le voile plutôt que de défendre ces innombrables femmes qui ne veulent pas le porter. Comment concevoir le cas de figure où dans une organisation anarchiste il y ait des femmes qui portent le voile mais également des femmes qui se battent pour ne pas le porter? L’organisation anarchiste ne serait-elle pas plus fondée à faire adhérer des femmes de culture musulmane qui se battent contre le port du voile?

Il y avait une forme de démagogie dans l’attitude de l’UCL lorsqu’elle s’est constituée comme partie prenante dans l’organisation de la manifestation du 10 novembre 2019 contre l’islamophobie. Précisons que ce n’est pas d’avoir appelé à manifester contre le racisme anti-arabe qui était contestable, mais aux côtés de qui l’UCL a appelé : des organisations fondamentalistes islamiques notoires. Ce fut, il faut dire, une faute politique très grave, un piège dans lequel la FA n’est pas tombé. La liste des organisations ou personnalités islamistes signataires de cet appel avait été publiée sur une liste interne de la FA, avec un curriculum de chaque signataire, et le résultat était consternant: l’UCL s’était clairement compromise avec des ennemis de classe.

Un texte avait circulé en interne dans la FA, dans lequel on pouvait lire:

“L’Union communiste libertaire et le Nouveau parti anticapitaliste n’ont pas simplement mis leur signature, parmi d’autres, en bas d’un appel: ces organisations sont À L’INITIATIVE d’un appel aux côtés d’organisations dont les objectifs sont à l’exact opposé de nos objectifs d’émancipation humaine. Le choix fait par l’UCL de signer cet appel avec le NPA montre d’une part que les habitudes de suivisme de l’ex-Alternative libertaire n’ont pas été abandonnées, d’autre part que l’UCL persiste dans le désir de se fondre dans le magma de la ’gauche radicale’ dans l’espoir de s’y faire une place, quitte à renier toute perspective libertaire.”
Il est cocasse de constater que l’organisation désignée par tous les plateformistes de la planète comme étant “lifestyle”, “folklorique” et théoriquement inconsistante ait pu faire preuve d’une clairvoyance politique aussi aiguë. J’aimerais savoir quelle avait été la positiion des 34 démissionnaires d’aujourd’hui sur cette affaire [note] .
Les démissionnaires de l’UCL disent, concernant l’islamophobie, qu’ils “ne sont pas dupes” par rapport à l’islamophobie. Il serait intéressant de savoir précisément ce qu’ils entendent par là. La plupart des militants de la FA sont très réticents par rapport à ce terme, qui est une forme détournée pour désigner le racisme anti-arabe, mais qui présente pour les islamistes l’avantage considérable de confessionaliser ce racisme, un piège dans lequel nos bons camarades de la “gauche radicale”, du NPA et de l’UCL qui ne le suivait jamais de bien loin, sont tombés à pieds joints.
Dans les périodes de crise, de régression de la pensée critique et d’expansion de la réaction, les militants révolutionnaires peuvent en arriver à douter de leurs convictions athées et matérialistes et, par souci de conformisme, ils finissent par se demander s’il n’y a pas un peu de vrai dans le discours de la réaction triomphante dont ils finissent par être imprégnés. J’ai fortement l’impression qu’on est dans cette ce cas de figure aujourd’hui.
L’imprégnation du religieux est tellement forte que certains camarades en arrivent à relativiser l’importance de l’athéisme dans le fondement doctrinal de l’anarchisme par crainte de se trouver marginalisés alors même que dans ces périodes de recul il faut affirmer clairement nos principes. Mais en réalité le religieux ne semble fort aujourd’hui que parce qu’il est extrêmement bruyant, et les militants de la gauche dite radicale se laissent impressionner par ce bruit alors que les enquêtes montrent que seul un tiers des Français croient aujourd’hui en Dieu.
Il me semble que la lutte contre le racisme anti-arabe sous la forme confessionalisée de lutte contre l’islamophobie est une manière pour une certaine gauche, y compris anarchiste, de se trouver un prolétariat de substitution auquel accrocher sa mauvaise conscience de petits bourgeois.

Je ne suis plus à la FA depuis plus d’un an. Je ne l’ai pas quittée en claquant la porte, je ne l’ai pas quittée parce que j’avais des divergences insurmontables avec elle, je l’ai quittée simplement pour prendre ma retraite de militant en conservant d’excellentes relations avec mes anciens camarades. La FA a des défauts, cela va de soi, mais j’imagine mal qu’elle puisse être confisquée par une bande d’hurluberlus développant des théories fumeuses, en partie parce que je trouve que la plupart des camarades ont le sens de réalités et raisonnent sainement, mais aussi parce que ses structures ne le permettraient pas. Nos camarades de l’UCL devraient y réfléchir, dont les convictions plateformistes n’ont pas été capables d’empêcher les dérives de leur organisation.
Je pense que personne à la FA, et surtout pas moi, ne se réjouit de ce qui se passe. Deux ans après une fusion à laquelle la FA s’est tenue prudemment à l’écart mais qui aurait pu être potentiellement prometteuse, des militants parmi les plus expérimentés de cette nouvelle organisation démissionnent. J’espère que ceux qui sont restés à l’UCL tenteront de comprendre les causes de cet échec et ne se limiteront pas à dire: “Bon débarras”.

* * * * * * * *



Il ne fait pas de doute que le mouvement libertaire ne fera pas la révolution tout seul: si un grand bouleversement social a lieu, il devra compter avec la présence d’autres organisations, voire d’autres projets politiques, faire des compromis et contracter des alliances. La question reste de savoir quel type d’entente il sera possible de trouver avec une organisation présentant les caractéristiques de ce que l’UCL sera devenue lorsque tous les militants qui font la même analyse que celle des 34 démissionnaires seront partis.
Depuis toujours, les anarchistes pensent que l’action militante quotidienne devrait être la préfiguration du modèle de société émancipée qu’ils entendent bâtir. Il est possible que la lutte des classes dans les formes qu’elle adopte aujourd’hui suscite des formes de lutte et d’organisation qui ne correspondent plus aux schémas auxquels nous étions habitués (ce processus a d’ailleurs largement commencé, selon moi) et que les combats de l’avenir se feront en dehors des organisations libertaires “traditionnelles”, sans les militants qui s’accrochent à des schémas dépassés ou ceux qui s’engagent dans des combats disséminés.
Une société libertaire est une société fonctionnant de manière libertaire, non une société peuplée exclusivement de libertaires “purs jus”. Il est évident que nous vivons aujourd’hui une période de régression de la pensée critique, de défaites sur le front des luttes sociales. On pense à ce que disait Bakounine dans sa dernière lettre à Elisée Reclus, peu avant as mort. Il parle des “ terribles défaites dont nous avons été les plus ou moins coupables victimes”; il constate que lorsque “la pensée, l’espérance et la passion révolutionnaires […] ne se trouvent absolument pas dans les masses”, on ne peut rien faire. Pourtant, comme après l’écrasement de la Commune qui a instauré une chape de plomb sur la classe ouvrière, le feu couve encore sous la braise, les luttes continuent, les grèves se multiplient, l’organisation ouvrière résiste.
Plutôt que de se focaliser sur les patriotismes d’organisation et de rêver à une grande organisation anarchiste spécifique qui ne ferait au fond que reproduire les dérives de la société globale, les militants et militantes qui aujourd’hui comprennent la nécessité de continuer la lutte devraient plus modestement se regrouper là où se trouvent les exploités et les opprimés. Peut-être est-il temps de revenir aux fondements de ce qui constitua l’anarchisme de la Première internationale et de l’Alliance bakouninienne: un anarchisme profondément impliqué dans les luttes ouvrières, dans la lutte des classes.
PAR : René Berthier
Cercle d’Etudes libertaires Gaston-Leval
https://monde-nouveau.net
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1

le 4 janvier 2022 08:57:25 par Luisa

- Vous avez très bien fait de foutre le camp !
Vous ne vous êtes pas laissés ( ées ) piéger par des obscurantistes et des réactionnaires au point de perdre tout repère de classe et d’athéisme.
Certes, c’est beaucoup plus grave qu’une simple fièvre : C’est carrément une autre galaxie !
On est chez les dingues !
- Prenez soin de vous et tournez la page !

2

le 4 janvier 2022 10:39:05 par Anarcho syndicaliste

Je suis très triste de constater que vous reprenez les mots du vocabulaires de la droite et de l’éxtreme droite. parler de "wokisme"... quelle tristesse... lire ça sur le monde libertaire alors que ça aurrait pue être écris par le "front populaire" de onfray ou par les tarés racistes du printemps républicain... on voit vraiment que votre matrice idéologique est pourrit et n’arrive pas a accepter les nouvelles luttes... Quand l’anarchie qui est sencé représenté le fer de lance de la révolution devient réactionnaire... quelle tristesse. J’ai hate que tout les "briscards" réactionnaire partent de nos orgas en faisant ouin ouin et nous laisse renouveler l’anarchie pour enfin gagner.

3

le 4 janvier 2022 18:14:31 par René

Mon pote, j’en suis parti il y a plus d’un an, de la FA. Tu devrais être content !

4

le 5 janvier 2022 00:31:02 par Stop validisme et psychophobie

Pourrions-nous dans nos riches invectives arrêter d’user d’un vocable validiste et psychophobe "les dingues", "les tarés"... ?
Ton article cher camarade René souffre de plusieurs problèmes.
D’abord c’est celui d’emphaser un peu tout. Tu prends au pied de la lettre tout ce qui est dit dans le communiqué de la plateforme CL sans effectivement vérifier, recouper, rechercher si les faits sont là.
Ensuite, l’utilisation du "wokisme" reflète ton incompréhension de la stratégie du gouvernement de taper là ou ça fait mal chez nous. Utiliser des fourre-tout conceptuels, des chimères, vont chercher en toi des affects réactionnaires ( affects que nous avons tous et toutes à divers degrés ).
Tu ira chercher l’imaginaire ennemi intérieur de l’anarchisme comme l’ont fait les 39 personnes sur environ 600 qui ont quittées l’UCL.
Il faut comprendre que derrière la catégorie de "wokisme" se cache la réèlle trouille de la droite de perdre la bataille des idées ( que la nouvelle droite avait remporté ) au moins à l’université. Derrière le mot "woke" se cache des analyses puissantes anti-validisme, contre la culture du viol et anarcha-féministes, des analyses décoloniales, des analyses intersectionnelles et ablitionistes pénales. Bref, tout ce qu’on défends mais en plus sourcé, argumenté, en plus solide...
Je vais le dire comme je pense : les anciens de la FA et de la plateforme CL, avec tout le respect qu’on vous doit : FAITES DE LA RECHERCHE avant de sombrer tristement dans l’amertume en sortant des corrélations au mieux conspi au pire ractionnaires.

5

le 5 janvier 2022 09:00:11 par Idriss

Merci, plutôt bonne analyse... Mais je serais un peu plus sévère. Le ver étais déjà dans le fruit d’Alternative libertaire. Le suivisme des positions et alliances farfelues du NPA étaient déjà catastrophiques.
La fusion avec la CGA n’a fait qu’accentuer la dérive. Le départ de ces 34 est plus à mon avis une histoire de conflit de pouvoir à l’intérieure de l’organisation que de réelles divergences idéologiques. L’antipatriarcat existait déjà sous AL..Ils ont donné le fouet pour se faire battre et maintenant ils pleurnichent qu’ils n’ont plus le droit à la parole... Fallait pas donner les clés du camion aux enfants ????

6

le 5 janvier 2022 17:07:44 par Avis infondé

"Le départ de ces 34 est plus à mon avis une histoire de conflit de pouvoir à l’intérieure de l’organisation que de réelles divergences idéologiques"

Non, le fonctionnement interne de l’UCL permet l’expression d’une minorité, dans les groupes locaux, dans le journal et permet également de faire monter une position à l’échellon fédéral par un processus bien rodé. Ces personnes ont eu toutes leurs chances d’exprimer leurs opinions et elles l’on faites, opinions qui ont étées rejettée à la très très grande majorité.

Il y a une réèlle divergence idéologique entre les "class first" ( la lutte des classe d’abord, le reste on verra après ) et la luttte des classes intersectionelle ( toutes les luttes sont reliées entre elles ).

Les class first ont d’ailleurs avancé des arguments... très... très... problématiques. Lorsqu’il leur à été signifié que leurs propos véhiculaient des oppressions, ils ont pris la mouche et n’ont pas su se remettre en question.

Est-ce qu’on peut arrêter de spéculer ?

7

le 7 janvier 2022 18:11:32 par Sam

Bel article. Mais sur certains points je tique.
Comment défendre l’athéisme en intégrant des militantes et militants ayant une religion. Cela fait courir le risque de tentatives de prosélytisme voir d’infiltration et pour cela les religions sont fortes et savent faire. Et comment critiquer les religions avec des compagnons appartenant à ces même religions ? Rique de mésentente garantie.C’est paradoxal et risque de mettre le ver dans le fruit. De plus je ne plus supporter les religions.
Autre point, contracter des alliances faire des compromis cela à déjà été fait pendant la guerre d’Espagne avec des effets très néfastes. Je ne suis pas pour cette voie. Car faire des alliances en reniant sur quelles principes de bases ?
Certes une société à 100 % libertaire dans un premier temps sera difficilement atteignable et bien sûr on opprimera pas ceux qui ne pensent pas comme les libertaires. Mais il faudra être attentif à ce qu’ourdissent les non libertaires. Misons sur le fait que les futures générations qui naitraient dans un monde libertaire se défassent des idées réactionnaires à jamais.
Oui le monde à changé mais au lieu de s’adapter à lui notre projet n’est il pas de le changer ce monde?
Je suis d’accord avec toi sur le point que le terme islamophobe est mal interprété comme une insulte raciste et non dans le sens antireligieux.
Apparemment la question plateformisme versus synthèse est toujours d’actualité la preuve qu’une plateforme peut se casser la figure dès qu’il y a prise de pouvoir d’une certaine partie de ces membres.
Par contre tout à fait d’accord avec toi sur la critique de l’intersectionnalité, certains n’aiment pas le mot wokisme que c’est approprié ou inventé ( je ne ne sais pas ) les réac !
Pour répondre à Avis Infondé. tu viens de démontrer toi même que si même au niveau fédéral tu peux exprimer des opinions et si tu es mis en minorité tu n’a plus qu’a fermer ta bouche et partir. cela ne te fait pas un penser à ce fonctionnement dit démocratique dans lequel nous vivons actuellement?
René ne prends pas mal mes propos parce que c’est un bon article qui donne matière à réflexion, je n’ai pas chercher à t’attaquer mais juste faire part de mon opinion.

8

le 8 janvier 2022 08:44:11 par Marc6t

L’article est limite de la fake news.
Pas très sérieux pour un journal militant.
C’est tout le problème des propos rapportés que l’on prend pour comptant, des interprétations sur des interprétations.
Rien que dans le tire, il y a erreur factuelle sur le nombre de signataires ( 33 et non 34 ).
On accuse les féministes de l’UCL de ne pas être dans la lutte de classe, pourtant, elles sont syndiquées, parfois même mandatées, dans les syndicats les plus combattifs.
On prête à l’UCL une position d’antiracisme à l’anglosaxonne. Or la position fédérale du dernier congrès ( [LIEN] ) et les lignes du manifeste ( "À cette exigence de démocratie directe, nous ajoutons la lutte contre toutes les aliénations et contre
toutes les oppressions – capitaliste, raciste, patriarcale, religieuse…" ) disent a peu près la même chose que le texte des démissionnaires. Si des articles du journal expriment parfois des points de vue qui dépassent ce cadre, c’est bien la preuve que l’UCL admet les expressions minoritaires.

Ceci contredit certains commentaires postés ici exprimant le fait que si l’on est pas d’accord avec l’avis majoritaire, la seule option reste de partir. Partir est toujours un choix possible en cas de désaccord, quelque soit le niveau de démocratie.
Pourtant, les monoritaires-démissionnaires avaient publié dans le journal d’AL d’Octobre une tribune ( voir ici en fin de page :[LIEN] ) avant d’annoncer leur démission quelques mois plus tard.
Ce qui est a questionner ici, c’est plutôt l’esprit du plateformisme et de la démocratie libertaire, la discipline d’accepter et éventuellement appliquer les décisions fédérales avec lesquelles on est en désaccord, et d’user des outils démocratiques pour faire bouger des lignes.

Le comble pour "la plateforme CL", qui prétend ne pas s’enfermer a un "pré carré anarchiste" ( cf. texte dans AL d’octobre ), c’est que sa démarche ne se trouve défendue que par ce dit "pré carré anarchiste" et ne trouve de relais ailleurs, parmi les autres courants autogestionnaires avec lesquelles elle veut construire des liens.

9

le 8 janvier 2022 19:53:02 par René

RÉPONSE A SAM

Sam, ton post est extrêmement intéressant, selon moi.
♦ Sur le premier point: je pense que tu as mal compris mon propos. Je ne cesse de dire qu’il y a l’organisation anarchiste d’une part, fondée sur un certain nombre de principes, parmi lesquels l’athéisme. Proudhon avait parfaitement exposé le problème: nous sommes contre l’aliénation économique du capital, l’aliénation politique de l’État et l’aliénation religieuse de Dieu. Il n’est donc pas possible d’admettre des croyants dans une organisation anarchiste, c’est une affaire de cohérence, puisque on peut supposer, en poussant le raisonnement à l’extrême, qu’un jour il y aura plus de croyants que d’athées dans l’organisation et qu’alors l’organisation anarchiste se déclarera comme chrétienne, ou musulmane, ou bouddhiste ou que sais-je.
C’est évidemment une image. C’est aussi pour cette raison que je pense que l’organisation anarchiste devrait plutôt soutenir les musulmanes qui refusent de porter le voile que celles qui souhaitent le porter.
Mais on peut être militant dans une organisation anarchiste et militer aussi dans un syndicat, une association, etc. et côtoyer des croyants. Je ne vois pas quelle pourrait être l’objection à cela. On peut se battre aux côtés des croyants qui eux aussi se battent pour plus de justice sociale, où est le problème?
J’ai l’impression que souvent les gens ne comprennent pas les deux niveaux de l’intervention.

♦ Les alliances. Lorsqu’il y a une lutte quelconque, une grève, les anarchiste ne sont jamais seuls à exposer leur point de vue. Il y a toujours d’autres courants. La question est donc de savoir si on se retire de la lutte sous prétexte qu’on ne peut pas faire prévaloir notre point de vue, ou si on fait le maximum pour rallier les gens à notre point de vue. A un moment donné il faudra trouver des compromis avec les autres points de vue sur la manière de mener la lutte. Il va de soi que si les choses tournent de telle manière que la situation devienne inacceptable, dans ce cas on se retire et on se met dans l’opposition, en continuant de faire nos propres propositions.
♦ Sur l’intersectionnalité. Je ne suis pas opposé à la notion d’intersectionnalité si on entend par là qu’il existe des formes diverses de domination ou d’exploitation et qu’elles ne sont pas dissociables. Il est évident qu’une même personne peut subir diverses formes de domination ou de discrimination, je dirais même que c’est là le fondement même de l’anarchisme, qui est sans doute la doctrine qui a le plus insisté sur la question de la domination de classe, de race, de genre. Bakounine disait que la première forme d’esclavage a sans doute été celui de la femme. Il disait aussi que "l’oppression d’un peuple ou même d’un simple individu est l’oppression de tous et l’on ne peut violer la liberté d’un seul sans violer la liberté de chacun".
Le problème est que l’intersectionnalité peut conduire à négliger les discriminations sociales et à considérer qu’une femme de la haute bourgeoisie est plus discriminée qu’un ouvrier agricole – c’est évidemment un exemple extrême. Cela conduit à placer toutes les discrimination ou oppressions ( classe, genre, race ) au même niveau, et à penser que les personnes de mêmes genre ou race auraient plus en commun que des personnes d’une même classe sociale: l’employée malienne d’une société de nettoyage aurait plus d’intérêts en communs avec avec la patronne de Loréal qu’avec un ouvrier de chez Peugeot.
L’intersectionnalité poussée à l’extrême conduirait donc à fragmenter les luttes, en les divisant à l’extrême, et à éliminer la lutte contre ce qui nous semble être la domination principale, source de toutes les autres, la domination de ceux qui monopolisent le pouvoir économique et le pouvoir politique.
Il est vrai que les organisations syndicales et politiques de gauche sont largement responsables de la situation que nous connaissons aujourd’hui: en négligeant les formes de domination qu’elles considéraient comme "mineures" elles ont favorisé l’abandon du terrain de la lutte des classes. Mais il ne s’agit pas aujourd’hui d’entériner une dispersion encore plus grande des luttes mais de se battre pour imposer leur unification.
♦ Tu dis que je viens de démontrer moi même que "si même au niveau fédéral tu peux exprimer des opinions et si tu es mis en minorité tu n’a plus qu’à fermer ta bouche et partir. cela ne te fait pas un penser à ce fonctionnement dit démocratique dans lequel nous vivons actuellement?".
Je ne comprends pas très bien ce que tu veux dire ici. Dans une organisation il peut y avoir un groupe qui a un point de vue minoritaire, je ne vois pas en quoi cela l’oblige à "partir". Sauf évidemment si l’organisation avait préalablement développé un type de relation complètement toxique, mais alors ça ne relève pas de la démocratie mais d’autre chose. J’ai l’impression que dans le mouvement libertaire il y a de moins en moins l’habitude de débattre. Dès qu’il y a un désaccord, l’autre devient un ennemi. C’est très préoccupant. On a l’impression que les gens sont traumatisés quand on n’est pas d’accord avec eux. J’ai l’habitude du syndicalisme dans la CGT du Livre. Il y avait parfois des engueulades pas possible sur des questions syndicales, mais après on se retrouvait au bistrot pour boire un coup. Peut-être va-t-on m’accuser de "virilisme" pour dire ça. En bien! j’assume!

10

le 9 janvier 2022 13:31:25 par SR

Plusieurs commentaires viennent confirmer ce que notre camarade a écrit dans le ML sur l’UCL, les dérives ( idéologiques et relationnelles ). Merci pour cet article lucide et clairvoyant qui invite au débat.

11

le 9 janvier 2022 14:02:16 par Sam

Merci René, je valide toutes tes explications. Encore mon biais de lecture de pensée. Pour le dernier point il s’adressait à ’’ Avis infondé ’’. Comme quoi il serait mieux que je relise plusieurs fois les textes et m’abstenant d’interpréter.
Merci de m’avoir répondu.
Au fait j’ai Dévorer ton Livre ’’ Pour un anarchisme du XXI siècle ’’ . Franchement rien à redire, synthétique court mais tellement riche d’idées ! un seul mot Bravo René.
Amitiés Sam

12

le 10 janvier 2022 09:42:43 par René

Réponse à Sam: tu me fais beaucoup d’honneur de m’attribuer la paternité de "Pour un anarchisme du XXI siècle" mais ce n’est pas moi qui l’ai écrit.

13

le 10 janvier 2022 17:39:38 par Avis toujours infondé

Au camarade Sam,

Comme il l’a été mentionné, la minorité s’est exprimée. Elle avait toujours la possibiilté de s’exprimer et non de "fermer sa gueule", elle a choisi de partir de son plein gré et non d’accepter les processus de décision qu’elle a elle même contribué à construire. La minorité peut TOUJOURS s’exprimer à l’UCL.

14

le 10 janvier 2022 17:43:10 par Au camarade René

Camarade René, sur ce que tu dit à propos de l’intersectionalité et tes peurs de le voir dériver vers les exemples que tu donnes, je te recommande de ire l’article suivant pour éviter de donner des cas abstraits : [LIEN]

15

le 10 janvier 2022 18:50:37 par Sam

A René ! Mince je me suis encore planté.
Par contre j’ai commencé une Brève histoire de l’anarchisme et la je suis sûr que c’est de toi vu qu’il y a ton nom dessus. Je conseille vivement ce livre en passant !
A bientôt René et portes toi bien.

16

le 11 janvier 2022 13:47:21 par René

Réponse à "Au camarade René"

Je connais cette traduction d’un article paru sur Ballast, et j’avoue que je partage globalement le point de vue de l’auteur, même si ce qu’il dit m’irrite parfois un peu parce que j’ai l’impression qu’il a découvert l’eau tiède. Par ailleurs certaines de ses formulation me paraissent contestables, mais je ne vais par chipoter là-dessus.

Mon point de vue sur l’intersectionalite me semble clair puisque j’ai écrit ceci ( voir plus haut ):

"Je ne suis pas opposé à la notion d’intersectionnalité si on entend par là qu’il existe des formes diverses de domination ou d’exploitation et qu’elles ne sont pas dissociables. Il est évident qu’une même personne peut subir diverses formes de domination ou de discrimination, je dirais même que c’est là le fondement même de l’anarchisme, qui est sans doute la doctrine qui a le plus insisté sur la question de la domination de classe, de race, de genre."

Par ailleurs j’ajoute que:

"Il est vrai que les organisations syndicales et politiques de gauche sont largement responsables de la situation que nous connaissons aujourd’hui: en négligeant les formes de domination qu’elles considéraient comme "mineures" elles ont favorisé l’abandon du terrain de la lutte des classes. Mais il ne s’agit pas aujourd’hui d’entériner une dispersion encore plus grande des luttes mais de se battre pour imposer leur unification."

Ce qui rejoint tout à fait le point de vue de l’auteur de l’article de Ballast, mais en plus court.
Autrement dit des personnes qui subissent des formes d’exploitation ou d’oppression spécifiques qui n’ont pas été prises en compte par "la gauche" toutes tendances confondues ( sauf peut-être les anarchistes précisément ) se sont vues contraintes de prendre en charge la lutte contre ces formes spécifiques en marge du mouvement de la "gauche traditionnelle".
Ce qui revient à dire que la "gauche traditionnelle" est largement responsable de cette situation.

J’ai un exemple vécu parfaitement flagrant de cette situation. Vers 1974 je bossais dans un petit atelier d’imprimerie qui avait "modernisé", c’est-à-dire où la saisie des textes n’était plus faite par des ouvriers du livre syndiqués mais par des dactylos qui travaillaient sur des machines à boule.
Un jour les filles sont venues nous voir parce qu’elles voulaient se syndiquer. Nous leur avons organisé un rendez-vous à la Chambre typo ( Chambre syndicale typographique ), boulevard Blanqui. Elles ont rencontré un bureaucrate syndical qui leur a dit qu’il n’y avait pas de femmes à la Chambre typo et dont le machisme les a tellement dégoûtées qu’elles sont parties en courant; et il ne fallait plus leur parler de syndicat.
Si l’ensemble de la "gauche traditionnelle" a agi de cette manière à chaque fois qu’elle s’est trouvée confrontée à une forme de lutte à laquelle elle n’avait pas été préparée, la situation que nous connaissons aujourd’hui n’a rien de surprenant.

17

le 12 janvier 2022 09:42:44 par Charlie (Orléans)

"Avertissement. — Je ne pratique pas l’écriture inclusive. J’écris le français tel que je l’ai appris lorsque j’ai passé mon Certificat d’étude primaires, en 1958. On nous apprenait qu’il existe en français trois genres: masculin, féminin, neutre. Le genre neutre avait la forme du masculin. Personne à cette époque ne nous raconta cette ânerie, reprise par des ignares, selon laquelle le masculin était “supérieur” au féminin."
S’agit-il de la dernière prouesse de Blanquer ? Non il s’agit de l’avertissement qui accompagne ce texte de Berthier publier aussi sur [LIEN]
A lui seul cet avertissement illustre la fossilisation de sa réflexion.

"Il me semble que la lutte contre le racisme anti-arabe sous la forme confessionnalisée de lutte contre l’islamophobie est une manière pour une certaine gauche, y compris anarchiste, de se trouver un prolétariat de substitution auquel accrocher sa mauvaise conscience de petits bourgeois." Cette fois-ci c’est à Onfray que Berthier pique l’idée.

Etonnant comment un anarchiste peut se faire une religion de l’athéisme, façon Printemps républicain, de manière tout autant dogmatique qu’un jésuite. Pourtant les réflexions sur l’anarchisme ont continuées après la Première internationale et l’Alliance bakouninienne. Je l’invite par exemple à allé faire un tour au séminaire de recherche militante et libertaire ETAPE ( Explorations Théoriques Anarchistes Pragmatistes pour l’Emancipation sur « Spiritualité » et « Éthique », cela devrait lui dépoussiérer l’esprit.

18

le 12 janvier 2022 12:10:44 par René

1. Je trouve cocasses les partisans de l’écriture inclusive qui font des fautes d’orthographe et qui confondent en particulier le participe passé et l’infinitif.

2. Je n’ai jamais rien lu d’Onfray, je ne vois donc pas comment je pourrais lui piquer des idées. ( Pour être tout à fait exact, j’ai parcouru son livre sur Freud qui m’a fait superbement chier ( infinitif ) et que j’ai abandonné ( participe passé ) au bout de quelques pages.

3. Si je voulais me "dépoussiérer l’esprit", je n’irais pas m’adresser au séminaire "ETAPE" de Philippe Corcuff, j’irais plutôt vers le monde anglophone ou latino-américain où la recherche sur l’anarchisme est extrêmement vivace.

Sur la spiritualité, voici ce que j’écrivais il y a quelques années dans une brochure publiée par la Fédération anarchiste:

«Nous sommes à une époque où la gauche dite radicale, confrontée à la fois à la présence extrêmement prégnante de l’idéologie dominante et à l’extrême faiblesse du mouvement de contestation de l’ordre dominant, se montre incapable d’affirmer positivement ses propres concepts parce qu’elle a au fond perdu confiance en elle-même. Cette perte de substance est compensée par la récupération de concepts étrangers à ceux du mouvement naturel d’émancipation des masses. Ce qui est surprenant est surtout que les personnes qui découvrent la recherche du sens de la vie aient besoin de préciser que cette spiritualité est “sans dieu”.»

Pour lire la suite, aller à:
[LIEN]

19

le 13 janvier 2022 12:41:17 par Luisa

- « Plus les gens deviennent cultivés, plus leur bavardage devient insupportable. »
[Thomas Bernhard]
Quiconque viendrait, pour la première fois, à fouiller dans les liens en ligne, serait saisi par l’état d’exaltation inquiétant des commentaires.
Prenez soin de Vous !

20

le 13 janvier 2022 15:12:08 par François-Georges

« On en finira rapidement avec les anarchistes, sans autre forme de procès. »
Thomas Bernhard, Der Präsident ( Le Président ), 1975

21

le 13 janvier 2022 20:01:26 par Sam

Ne pas faire d’amalgame avec l’athéisme et le racisme c’est un raccourci un peu facile. Je suis anti religions toutes les religions. Elles ont et elles font toujours autant de dégâts, sont majoritairement patriarcales, attisent les conflits inter religieux avec son lot de morts de génocides, sont oppressives, promulguent des interdits tout aussi débiles les uns que les autres. Je ne me vois pas défendre ce type de sales engeances.

22

le 19 janvier 2022 11:50:24 par Pecunia

Très bel article de René Berthier réaffirmant les fondements de l’anarchisme en cette période de bouillie mentale ambiante qui nous vient des Etats-Unis pour le plus grand profit du capitalisme et permet d’écarter de son chemin son ennemi mortel qu’est la lutte de classe en divinisant l’individu et le particularisme. D’ailleurs, nombrilisme rime avec libéralisme