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Dans un sale État
par Groupe Germaine Berton le 27 juin 2022

Electrons piège à cons

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Cherbourg) Retour sur la manifestation antipiscine nucléaire du 18 juin

Et encore un projet d’EDF sur la Hague! Cette fois-ci, c’est une nouvelle piscine d’entreposage sous eau, un bassin de 70 mètres avec une capacité de stockage de 6 500 tonnes de combustibles.




L’ASN (Autorité de Sûreté du Nucléaire) elle-même qui disait dès 2010 que les piscines seraient saturées d’ici 2030 et qu’il faudrait en construire de nouvelles. Nous y voici !
Après une tentative loupé en 2019 à Belleville sur Loire, où le projet est annulé face à la contestation des habitant.e.s ça sera au final à Orano-La Hague que le projet de construction aura lieu, à côté des bassins actuels où refroidissent un peu moins de 10 000 tonnes de combustibles irradiés issus des centrales nucléaires françaises c’est à dire l’équivalent de 130 cœurs de réacteurs.
Un site nucléaire de plus, un de moins dans cette région déjà bien minée : pas de différence se sont sûrement dit des technocrates dans leur bureau.

Pourtant, encore une fois des voix s’élèvent. La Hague ne doit plus être une zone d’expérimentation nucléaire.
Ce samedi 18 juin à l’appel de plusieurs collectifs, dont le collectif Stop piscine nucléaire, plusieurs centaines de personnes ont exprimé leur ras le bol face à cet énième projet écocidaire.
En plus de ceux-ci, il y avait dans le cortège des syndicats (surtout Solidaires), EELV (juste avant le deuxième tour des législatives), des militant.e.s anti-nucléaires (certains/certaines de Bure), des autonomes, des anarchistes et des individu.e.s.

La manifestation fut bien sage et en même temps comment faire face à une police présente à chaque coin de rue ?



De nombreux gendarmes mobiles avaient en effet fait le déplacement exprès. A quoi bon, à vrai dire, quand un superbe SO tout de casquettes rouges vêtu encercle le cortège empêchant ainsi toute contestation de déborder ?
Tout comme le SO qui arborait donc un magnifique couvre-chef rouge, les renseignements territoriaux avaient eux aussi sorti leur tenues estivales : short et lunettes de soleils étaient au rendez-vous !
Finalement seuls les GM n’avaient pas le droit à une tenue en adéquation avec la chaleur du jour.
Ça ne les a pas empêché pour autant de rester jusque dans l’après-midi pour surveiller un pique nique convivial dont le potentiel révolutionnaire saillant semblait faire trembler le pouvoir en place.


Quels enseignements tirer de cette journée?
Le premier c’est que de plus en plus de gens se rendent compte de l’absence de marge de négociation avec l’État, surtout sur des sujets sensibles comme le nucléaire. En effet, les mots d’ordres principaux étaient de refuser la concertation proposée dont l’issue est déjà connue.
Le deuxième découle du premier, l’État ne négociera pas et l’État mettra en place tous les moyens pour défendre les intérêts supérieurs du nucléaire. Le nombre de keufs et de RT [note] impressionnant, tout à fait disproportionné par rapport à la teneur de la manifestation révèle que le nucléaire est un sujet plus que jamais sensible.
Ainsi, nous pensons que nous n’arriverons pas à nous défaire du nucléaire sans nous défaire de l’État français. Et il faudra nous défaire du nucléaire, de sa centralisation, de son opacité, de ses implications néo-coloniales et de sa dangerosité.


Ni à Bure, ni à Belleville sur Loire, ni à La Hague, ni ailleurs !
Tant que l’État continue de serrer autour de nous les chaines qui nous relient au nucléaire, la mobilisation se prolongera ; il nous semble donc important d’élargir le spectre et de critiquer, au-delà des déchets nucléaires, l’industrie nucléaire en elle-même.

Le groupe Germaine Berton (Caen)
PAR : Groupe Germaine Berton
Caen
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