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Littérature
par Patrick Schindler le 1 avril 2022

En avril, le rat noir ne se découvre pas d’un livre.

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Début avril. Dans la série grecque : « Arioste l’attentif » de Yannis Ritsos / « Les mauvais anges » de Ménis Koumandaréas / et « Z213 : Exit » ou l’univers magique de Dimitris Lyacos. Direction « La Commune de Paris d’Arthur Rimbaud et de Jules Andrieu » / Suivie d’une analyse du mythe persistant des « Communards alcooliques », par Mathieu Léonard. Petit saut aux États-Unis des années 60 : « Retour dans l’œil du cyclone » de James Baldwin. En France avec « Elise ou la vraie vie » de Claire Etcherelli. « Le chien de Bergson » de Jos Houben et Christophe Schaeffer. Enfin, la passionnante « Histoire de la forêt française » racontée par Daniel Perro.

« Zeno répondit à la question pressante : Est-ce que rien n’est immobile ? – Si, la flèche qui vole est immobile » Franz Kafka

Yannis Ritsos : « Arioste l’attentif »



Yannis Ritsos est né en 1909 à Monemvasia, dans le sud du Péloponnèse (Grèce). Issu d’une famille de grands propriétaires terriens ruinée et détruire par la maladie et la mort. Prolétarisé et précarisé, il survit en calligraphiant des actes juridiques et commence à militer au KKE [note] en 1931. Parallèlement, il écrit son premier roman, Tracteur. Son œuvre poétique est fortement influencée par le surréalisme et les mouvements sociaux grecs de 1936. Il est emprisonné sous le régime de Metaxas comme opposant politique. Durant la Seconde guerre mondiale, il rejoint le Front de libération nationale, dans la résistance contre l’occupant nazi. Durant la guerre civile, il est une fois encore incarcéré dans plusieurs « camps de rééducation » où il continue à écrire clandestinement. Seulement libéré en 1952, il accède à la célébrité, notamment grâce à ses poèmes (dont le fameux Epitaphe), mis en musique par Mikis Theodorakis. Il est de nouveau emprisonné sous la Dictature des colonels. Atteint d’un cancer, il est hospitalisé sous surveillance à Athènes, jusqu’à la chute du régime. Il ne s’arrête d’écrire qu’à sa mort, en 1990. Ses poèmes ont été traduits dans plus de quarante langues.



« Je suis Arioste. C’est ainsi que je me suis baptisé. Je ne sais comment et pourquoi j’ai choisi ce nom. Je me rends compte maintenant qu’au prix d’une modique inversion - une transposition de l’o – je deviens Aoriste ». En grec, « aoriste » peut signifier : indéterminé, vague ou encore, attentif. Et attentif, Arioste l’est. Nous allons le constater tout au long de ce magnifique petit recueil de courts textes en prose (pas plus de deux pages) de Yannis Ritsos, Arioste l’attentif raconte les instants de sa vie et de son sommeil, (éd. Le Temps des Cerises, traduction Gérard Pierrat).
Son héros, Arioste (Yannis Ritsos) est attentif à tous les détails de la vie. Il pénètre instantanément au plus profond des choses et des gens « Rien qu’un instant, je fixe le silence dans les yeux quand je me promène parmi les hommes. Je me heurte à leurs coudes bien que je rase les murs ». Mais la réalité d’Arioste se confond souvent avec celle de ses rêves. Ses rêves qui de façon récurrente viennent se fracasser sur la figure de son chef de bureau : tandis qu’il rêve qu’il se promène dans le Musée d’Athènes « Que fait-il là ? Devant lui, je déboutonne ma braguette et je pisse entre les cuisses d’Hermès. Nos sexes se touche, ça m’excite » … Arioste, le conteur fait montre d’une tendresse confondante, pudique « C’est à cette époque-là que je me suis mis au tabac, pour dissimuler mes yeux derrière la fumée ». Mais parfois, il peut se transformer en un spectateur d’une acuité glaçante. Quand remarquant dans la rue, un homme à l’oreille un peu rongée, sa machine s’emballe : « Ce ne peut être que par un rat durant son sommeil ». Quand il croise un gamin, il souhaite lui offrir « une tête en guise de ballon ».
Yannis Ritsos excelle dans l’art de placer une phrase isolée du contexte, énigmatique qui tombe, tel un cheveu dans la soupe. « A la grande fenêtre, on aperçoit la tête en pierre de Zeus, sans barbe. Y aurait-il un barbier chez les statuts ? » … « Pourquoi me prend-il par le bras, puisqu’il sait bien que je ne suis pas l’autre, puisqu’il sait bien qu’il n’est pas question que je m’échappe ? ».
Autant de petites phrases qui résonnent en nous. A quoi fait-il allusion ? Réminiscences de ses années de prison ? … Pourquoi les défunts ne portent jamais de chapeau ? Dans le petit logement d’Arioste, les rideaux se transforment en danseuses. Les raisins noirs dans un morceau de cake le fixent « comme les yeux espiègles des enfants ». Il se transforme en moustique. Il qualifie de héros les hommes capables d’entrer seuls dans un magasin pour acheter des caleçons. Pourquoi préfère-t-il les mains aux visages ? Parce que « les mains ne se regardent jamais dans les miroirs ». Se pose des questions. Qu’adviendrait-il des critiques si les poètes décidaient d’arrêter d’écrire ? Il se lamente aussi : « Dans la pauvre chambre en face, il n’y aura plus ce beau garçon qui chaque matin se déshabille et de fait de la gymnastique suédoise ? Il n’y aura plus cette fillette qui passe à l’aube devant chez lui en tenant un panier vide.»Et la terre aussi mourra un jour « comme une vieille dans une chambre vide, plongée dans la pénombre, joignant ses mains osseuses sur son ventre ratatiné ».
Incomparable Ritsos !

Les Mauvais anges
de Ménis Koumandaréas



Ménis Koumandaréas est né en 1931, à Athènes. Il entreprend des études supérieures de philosophie et de droit, tout en suivant des cours de théâtre, mais n’obtient aucun diplôme. Il travaille comme journaliste, puis dans une compagnie d’assurances, avant de se consacrer à l’écriture et à la traduction. Ses romans lui valent plusieurs prix prestigieux dans son pays. A l’âge de 83 ans, il est étrangement assassiné dans son appartement d’Athènes, en 2014. Un fait jamais vraiment élucidé.



Mauvais anges de Ménis Koumandaréas (Quidam éditeur, traduction Michel Volkovitch), se compose d’une dizaine de petites nouvelles. Elles se déroulent dans le quartier animé de la place Kyriakou [note] à Athènes à l’atmosphère si particulière entre les années 1945 et 1950.
Petit aperçu. Séraphin, le héros de la première nouvelle est un garçon « au regard doux, voletant et tournoyant dans le ciel des années d’école. Flottant dans son uniforme militaire comme un ange déguisé en légionnaire », prompt par sa bonhommie et son physique avenant, à séduire les femmes, notamment celles qui environnent sa famille. Mais comment ce jeune homme si séduisant finira-t-il dans l’ennui, poinçonneur dans le métro ? Et comment Saavas le marin, le tout aussi séduisant héros de la seconde nouvelle, frère d’un concierge communiste va parvenir à semer une véritable zizanie en s’installant dans un petit local à côté de sa loge ? L’histoire de Kykélia, la jolie veuve d’un général « dont le chien était le seul être sans doute que sa main avait caressé » tandis qu’elle passait ses journées à peindre sur son joli petit balcon fleuri. Que pouvait-elle donc peindre ainsi avec tant de passion, se demande le narrateur ? Autre petite histoire, celle de Christos, le fil de Penelopi de la bonne de la famille du narrateur. Un peu dévoyé, un peu voyou, il débarque un jour et s’installe dans la petite chambre de sa mère. Mais que peut-il bien trafiquer toutes les nuits dans les lieux louches d’Omonia ? Dans ces cafés qui aux heures pâles de la nuit « se chargent d’une vertu apaisante et pousse les gens aux confidences, à la tendresse » … La succulente histoire de Clémence, l’infirmière du quartier que tout le monde apprécie bien qu’on ne sache rien d’elle et qui « montrait une maitrise inégalable pour les infiltrations et s’infiltrait de même, dans les affaires familiales » …
Koumandaréas nous raconte ensuite sa première expérience sexuelle dans l’ombre d’une salle de cinéma. Polybe est l’histoire d’un Eros déchu, « exhibitionniste habitué des jardins enfouis du Champs de Mars ». Une rencontre avec l’énigmatique et fascinante juive du Théâtre L’Olympia, « dont les yeux brûlaient comme s’ils avaient pris du feu ». Quel peut bien être son secret ? Chérubin à l’histoire d’une banalité confondante, « comme toutes celles qui accompagnent les ombres du quartier ». La fin du volume est magique. Le narrateur, vieilli, voit reparaitre tous les revenants de ce quartier (tellement changé au fil des années), qu’ils lui aient été sympathiques ou antipathiques. Autant de « visages emportés par le vent de l’histoire, mais qui ont tous laissé les empreintes de leur pas ». Dans ces nouvelles, non seulement Kourandaréas fait revivre l’Athènes des années de l’occupation, de la guerre civile dans laquelle « la poussière s’élevait dans une ivresse de robes imprimées, de mousselines, de messieurs en costumes clairs impeccables, tandis que des serveurs vêtus de blanc traversaient la rue du Trois-Septembre, des crèmes glacées plein leur plateau ». Le fils du concierge (traduction Nicole Le Bris, dessins Michel Barzin, éd. Esperluète) est l’histoire de Zissi, un jeune homme « zazou » et d’un vieil homme du quartier qui s’obstine à le prendre pour son fils disparu …

Dimitris Lyacos, Z213 : Exit



Dimitris Lyacos est né en 1966. Il grandit à Athènes, où il entame des études de droit avant de passer quatre années à Venise, puis étudier la philosophie à l’University College de Londres. Il a travaillé trente ans sur sa trilogie « Poena Damni » qui développe le thème des « procès des âmes condamnées en enfer et qui ont à y endurer la perte de la vision de dieu ». Dimitris Lyacos vit actuellement entre Berlin et Athènes. Des critiques anglo-saxons ont comparé ce jeune auteur grec presqu’inconnu dans son pays, à Dante, Kafka, TS Eliot, Cioran ou encore, Beckett ! L’éditeur Le Miel des anges nous propose ce premier volume de la trilogie traduit en français, les autres suivront.



Z213 : une lettre et des chiffres. Z213. « Pourquoi je m’en souviens ? », se demande le narrateur qui ne se souvient pas où il les a vu écrits. Dans un camp de prisonniers duquel il se serait échappé « par un tunnel creusé à travers la montagne » ? Peu importe. Restent quelques bribes de ce voyage très spécial. Des instantanés. Des morceaux fragmentés, enchevêtrés. A plusieurs vitesses. Mots incomplets, comme blessés. Une histoire d’exil et un monologue « Personne derrière moi. Ils m’ont oublié sûrement ». Passé ? Présent ? « Morceaux, comme la glace qui se rompt et tombe à tes pieds / Papillons sombres comme des trous dans le mur ». Envolée lyrique et chute brutale : « Je pense à toi mais pas comme avant ». Esquisse : « Tu fais le tour d’un cercle. Un cercle qui fait le tour d’un autre. J’ai un peu joué avec ». Hyper réalisme : « Je me suis réveillé, quand on a frappé à la porte au milieu de la nuit, avec dans la main du sperme et de la salive de sa bouche ». Mélange des genres, errances : « A demi mangé par la rouille, à demi noyé : Ulysse ». Et cette lettre, suivie de ces chiffres : Z213 ?...

La Commune de Rimbaud et Andrieu



Dans la préface de La Commune, Rimbaud et Andrieu (éd. du Monde libertaire), Hugues Lenoir et Gilles Bounoure nous préviennent : « Arthur Rimbaud et Jules Andrieu ne sont pas compatibles. Leur rencontre ne reflète pas exactement l’importance de la Commune de Paris dans la longue histoire de l’émancipation humaine. Mais, ce qui c’était déroulé sous leurs yeux permet de saisir quelques aspects méconnus, voire ignorés de ce moment révolutionnaire ». Dès le premier chapitre : l’éternelle question « Arthur Rimbaud a-t-il physiquement participé aux événements de la Commune. Si oui : où, quand et comment ? » [note] .
Ici, les auteurs confrontent la version peu vraisemblable de Paterne Berrichon (le mari d’Isabelle, la sœur de Rimbaud) à celles déjà plus crédibles de ses professeurs (Georges Izambard) et de ses amis de Charleville. En premier lieu, Ernest Delahaye, l’ami d’enfance. Celui-ci avance que le jeune poète en était arrivé à l’époque de la Commune, à des doctrines que l’on qualifierait de nos jours de collectivistes ou d’anarchistes. Delahaye évoque encore, une « Constitution communiste » que Rimbaud aurait écrit à son retour de la Commune, dès l’été 1871. Si Delahaye en fourni de mémoire quelques détails, difficile à vérifier, puisque le document a été perdu ! Ou peut-être, comme tant d’autres qui paraissaient compromettants à Isabelle Rimbaud pour la postérité de son frère, l’a-t-elle lui aussi jeté au feu ?
Le deuxième chapitre nous propose un portrait du seconde personnage évoqué dans le volume : Jules Andrieu. Communard proudhonien, membre de la Commission exécutive de la Commune et de L’AIT [note] , acteur de la pédagogie libertaire. Comme nous le rappellent Gilles Bounoure et Hugues Lenoir, c’est Verlaine qui fit connaître Andrieu à Rimbaud durant leur premier séjour à Londres après les événements de la Commune, en 1872. Digression intéressantes sur les différents séjours londoniens de Rimbaud. Durant le premier, il y fréquente avec Verlaine le Cercle des études sociales. Celui-ci, justement fondé entre autres, par Jules Andrieu ! Son second séjour londonien, Rimbaud le fait en compagnie du poète Germain Nouveau, qu’il aurait selon les auteurs « enlevé », eux aussi ont des rapports avec Andrieu. Jusqu’à la brouille.
Si tout cela reste de l’avis général encore très flou et sujet à polémiques, témoin incontestable : la lettre, reproduite en annexe, que Rimbaud adressa à Andrieu à Londres en 1874. Lettre passionnante puisque Rimbaud lui demande son avis sur les Illuminations. Connivence intellectuelle et politique indéniable. Rimbaud qui écrit, telle une prophétie : « La poésie ne rythmera plus l’action, elle sera en avant ». On trouve en annexe du petit volume, une nécrologie (brute et peu flatteuse) de Jules Andrieu écrite par Hector France, autre romancier communard. Enfin, « Jules Andrieu, l’école mutuelle et les militants parisiens de l’AIT », clos le recueil. Outre les photos de documents et portraits, ce travail rigoureux de recherche ne pourra que séduire tant les inconditionnels de Rimbaud que ceux d’Andrieu, ce dernier personnage, trop souvent oublié de la Commune de Paris.

L’ivresse des communards de Mathieu Léonard



L’ivresse des Communards, ou « Prophylaxie antialcoolique et discours de classe (1871-1914) » de Mathieu Léonard, vient de paraitre aux éditions Lux. L’ouvrage s’ouvre sur une constatation « L’alcoolisme dont on a accusé les Communards a trop souvent servi de lieu commun pour accuser leur lutte d’émancipation ». Certains n’hésitant d’ailleurs pas à prétendre que l’alcoolisme avait été le « moteur de l’insurrection parisienne ». Heureusement, l’auteur s’empresse de nous rappeler que l’alcoolisme était déjà bien avant la Commune, dès la première moitié du XIXème siècle, considéré comme « une calamité nationale touchant « une classe dangereuse, syphilitique et hystérique ivre de vin et de sang » ! Il va sans dire que pour les tenants de ce genre d’affirmations, l’alcoolisme ne touchait essentiellement que la classe ouvrière ! On en retrouve l’écho dans les romans de Flaubert, de Maupassant, Dostoïevski, Ibsen et bien sûr, de Zola. «
Non ! La Commune n’était pas un bateau ivre !
», tente de démontrer avec vigueur, Mathieu Léonard dans la première partie de cet essai. Témoins : nombre de documents, notes de bas de pages et gravures qui illustrent ce passage et nous démontrent que l’alcoolisme n’est pas né de la Commune ! A l’appui encore : les nombreux décrets des dirigeants de la Commune condamnant l’alcool. Certes, à la marge, quelques caves bien remplies furent pillées et vidées, mais pour l’auteur, il est évident que les causes de la défaite de la révolte se situent bien ailleurs.
Mathieu Léonard nous propose ensuite une série d’affiches qui, après la Semaine sanglante ne vont que renforcer le mythe fallacieux. Scènes montrant des églises « transformées en lupanars par une bande de soudards avinés », nombreuses photos truquées aussi, montrant des « pétroleuses hystériques et fortement alcoolisées » (sic). Thèmes repris par certains médecins pro-versaillais qui prétendront que les Communards moururent plus des séquelles de leur alcoolisme que de leurs blessures ! Propos qui révolteront même Geneviève Breton, une femme de la bourgeoisie ayant assisté aux événements et qui niera courageusement de tels propos.
La seconde partie de l’essai s’arrête longuement sur l’attitude des médecins durant les combats. Si certains médecins pro-versaillais négligèrent les soins donnés aux Communards, Mathieu Léonard nous cite le cas d’un certain nombre d’entre eux qui respectèrent le serment d’Hippocrate et soignèrent aussi bien les blessés des deux camps. L’auteur analyse ensuite le rôle parfois ambigu joué par la Croix-Rouge lors des combats et la compare aux actions de « l’Union des femmes pour la défense de Paris et des soins aux blessés ».
Suit un exposé sur la responsabilité de certains médecins dans la montée des discours hygiénistes et anti-communards qui fleurirent après la Semaine sanglante. Certains allant jusqu’à dénoncer leurs collègues ayant soigné des Communards… D’autres dénonçant les grandes figures de la Commune (Théophile Ferré, Louise Michel, Nathalie Le Mel, Raoul Rigault, Emile Eude, Jules Allix, etc.) de « dégénérés atteints de troubles mentaux héréditaires ».
Puis les écrivains anti communards qui les relayèrent, au premier rangs desquels, Victor Hugo et Emile Zola. Tout ceci menant, sous le gouvernement Mac Mahon, à de véritables « croisades hygiénistes » et à une répression féroce contre les débits de boissons (considérés comme les « repères de révolutionnaires avinés, anticléricaux, de socialistes et d’anarchistes fomenteurs de grèves et de troubles » !) et à une floraison de ligues antialcooliques aux motivations souvent purement anti prolétariennes.
Enfin, la troisième partie traite des positions faites par des socialistes face aux dérives hygiénistes et des positions des anarchistes sur les mêmes sujets. Un passage très intéressant relate les dissensions entre les anarchistes « sociaux » et les anarchistes individualistes et « naturaliens ». Ces derniers se réclamant des théories du déterminisme biologique à la sauce Darwin, préconisant la maternité contrôlée à laquelle furent réticents nombres de grandes figures de l’anarchisme (Pierre Kropotkine, James Guillaume, Elisée Reclus). Les féministes Nelly Roussel et Madeleine Pelletier y voyant, elles, surtout un moyen de libérer les femmes de leur statut de reproductrices et leur laissant le « libre choix ». Bientôt, les plus radicaux des individualistes entraineront une évolution négative du néomalthusianisme, pente glissante menant directement aux pires extrémités du « sélectionnisme », voire à une stérilisation des individus dits « dégénérés » - Théories nourrissant les répressions nazies ou staliniennes et qui survivront, par exemple aux Etats-Unis, jusqu’au début des années 1970 !
Dans sa conclusion, Mathieu Léonard revient sur la prédominance de l’alcoolisme dans la destruction de l’image révolutionnaire et fait une comparaison très habile sur l’alcool et les stupéfiants ayant été utilisés dans l’armée des guerres de 1870 à 1914, comme « stimulant patriotique » !
Le tout saupoudré d’un petit focus sur l’évolution du discours antialcoolique de nos jours. Edifiant !

James Baldwin : Retour dans l’œil du cyclone



James Arthur Baldwin est né en 1924, dans une famille pauvre du quartier de Harlem (New-York). Avant sa naissance, sa mère avait quitté son père biologique à cause de sa toxicomanie. Baldwin, est violé plusieurs fois, notamment par des policiers, une expérience qui le marquera à vie, mais ne l’empêche pas de prendre grand soin de ses frères et sœurs. C’est au collège qu’il s’initie à l’écriture. Pour faire face aux agression qu’il a subi, dans un premier temps il a recours à la religion. Il en revient vite. Quelques belles rencontres lui font prendre conscience qu’une personne de couleur peut aussi devenir artiste. Il quitte sa famille, s’installe à Greenwich Village où il commence à assumer son homosexualité. Il enchaîne les petits boulots, partage un temps un appartement avec Marlon Brando. Perpétuellement en but au racisme, écœuré par le ségrégationnisme et l’homophobie, il quitte les Etats-Unis et s’installe dans le Paris de la rive gauche où il commence à se faire un nom. En 1970, il s’installe dans le sud de la France où il ouvre sa maison aux amis et artistes américains de passage. Il se lie avec Yves Montant, Marguerite Yourcenar, etc. Atteint d’un cancer à l’estomac, il meurt en 1987 à Saint-Paul de Vence. Baldwin a influencé entre autres, Allan Ginsberg et Jean Genet.



Retour dans l’œil du cyclone (éd. Christian Bourgeois, traduit de l’américain par Hélène Borraz) est un recueil qui regroupe quatorze articles que James Baldwin. Ecrits pour des journaux et revues américaines, des années 1960 aux années 80.
Le premier raconte la visite qu’il fit en 1961, à l’université de Tallahassee (Floride) « réservée aux Noirs », quelques mois seulement après la répression violente d’un setting étudiant. Il nous raconte ensuite ses deux rencontres avec Martin Luther King. Puis, nous explique en détail les circonstances tragiques pour lesquelles il a quitté les Etats-Unis en novembre 1949. Anecdotes piquantes sur son accueil à Pairs, ses joies et désillusions en tant que « Noir américain et personnalité mal définie » …
Ensuite, Baldwin disserte sur le thème de « l’enfant noir et son image de soi » au sein d’une Amérique à l’histoire tronquée « où le Blanc a inventé le Noir » ! Il essaie ensuite d’expliquer sa démarche littéraire passionnée et passionnante « à la recherche de la vérité ». Le fameux « rêve américain » à deux vitesse, celui des Blancs et celui des noirs, par exemple lors des évènements d’avril 1966, violemment réprimés dans le Harlem occupée par la police. Dans un texte qui aurait du mal à passer aujourd’hui, il essaie avec beaucoup d’intelligence de comprendre « pourquoi les Noirs sont antisémites aux Etats-Unis ». Seraient-ils jaloux des Juifs ?
La fin du livre est bouleversante. Baldwin y fait son outing. Il évoque sa timidité maladive, sa conscience d’être laid, ainsi que les raisons de son court passage religieux. Tout au long de ces pages magiques, il aborde tous les thèmes. Le danger des drogues, sa méfiance envers la psychanalyse, les années McCarthy, ses rencontres avec des musiciens de jazz mythiques, Angela Davis, des leaders palestiniens, ou encore, l’énigme Mickael Jackson ! Et se pose, prophétique, la question : « Pour quand un président Noir aux Etats-Unis ? » !

Claire Etcherelli : Elise ou la vraie vie



Claire Etcherelli est née à Bordeaux en 1934. Tandis que son père est déporté puis exécuté par les nazis, devenue orpheline, elle part vivre chez son grand-père. Pupille de la Nation, elle est placée en pensionnat catholique. Ce sentant « déclassée », elle refuse de passer son bac. Après son divorce en 1957, elle part vivre à Paris, devient ouvrière à la chaîne et fait pour survivre nombre de petits boulots. C’est là qu’elle commence à écrire « Elise ou la vraie vie », roman autobiographique qui traite du racisme anti arabe durant la guerre d’Algérie et qui ne sera accepté chez un éditeur qu’en 1967. D’emblée, il est salué par des critiques, soutenu par des intellectuels (Claude Lanzmann, Simone de Beauvoir) et obtient malgré les controverses entretenues par la presse d’extrême-droite, le prix Femina. Devenue secrétaire de rédaction de la revue Les Temps modernes, Claire Etcherelli continue à écrire des livres de critique sociale et sur les violences faites aux femmes.



Elise ou la vraie vie (éd. Folio), un roman de femme à redécouvrir. A sa sortie, il est salué en ces termes par Simone de Beauvoir : « Une admirable et tragique histoire d’amour entre un Algérien et une Française et une voix d’une inoubliable tristesse ». Nous sommes au milieu des années 50. Elise, seule dans sa chambre, se remémore sa jeunesse d’orpheline dans le quartier pauvre d’une ville de province. Entre sa grand-mère et Lucien, son frère adoré. Mais au fil du temps, celui-ci devient taciturne, irascible, agressif. Quelles en sont les raisons ? Que choisira-t-il pour y remédier, la « vraie vie » ou un mariage précoce ? L’un comme l’autre seraient-ils efficaces contre son mal-être ? Et quid d’Elise dans tout ça ? Si contre toute attente, leur équilibre dans cette vie précaire venait à éclater, suivrait-elle son frère à Paris ? Quoi qu’il en soit, nous nous retrouvons dans le concret. Le frère et la sœur travaillent à la chaîne dans une usine de fabrication automobile. Entourés de leurs collègues, ouvrier français et immigrés. Bretons, Polonais, Espagnols, Algériens, Yougoslaves, Hongrois, etc. Dans le contexte de la défaite de Dien Bien Phu et de la guerre d’Algérie, que vont devenir Lucien et Elise dans « la vraie vie » ? Comment vont-ils réagir quand ils vont fréquenter les meetings, les manifestations et découvrir chacun de leur côté, l’envers du décor ? Les débordements du FLN, le peu de solidarité des ouvriers français et l’impuissance du syndicalisme. Comment réagira une Elise qui à l’usine, devra supporter le racisme au quotidien. Les petites phrases assassines : « Les Noraf : ces fainéants, voleurs, menteurs, cruels, sales », etc. Quand, tombée amoureuse de son collègue algérien Areski, elle devra affronter la réticence générale ? Une Française avec un Arabe ! Comment supporter les rafles, les concierges et une police omniprésente qui a pour consigne de « nettoyer Paris des Algériens », de les jeter purement et simplement à la Seine ? Ces flics qui « luisent du casque à la matraque ». Elise, Lucien et Areski arriveront-ils à s’en sortir ? Seront-ils des « Hans im schokeloch [note] » ou se brûleront-ils les ailes à « la vraie vie » ? Un roman magistral et d’une humanité confondante.

Jos Houben et Christophe Schaeffer : Le chien de Bergson



Deux amis, deux complices. Jos Houben, comédien et « professeur du rire », belge. Christophe Schaeffer, philosophe français. Un livre : Le chien de Bergson, dialogue autour de l’art de rire (éd. Premier parallèle). Le rire et Bergson : ok. Mais pourquoi un chien ? Ça, nous le saurons beaucoup plus tard… Retour au sujet : un lecteur peut-il rire d’un livre sur le rire ?
Ainsi s’engage un dialogue badin entre les deux auteurs. D’abord, les fondamentaux : Comment les comédiens et les clowns parviennent à déclencher le rire ? Comment arrivent-ils à oublier leur « moi » ? Quels sont leurs « trucs » ? Quels sont les déclencheurs, les clés du rire ? La perte d’équilibre et les chutes ; le « geste juste » ; la maîtrise de l’espace, de l’éclairage ; les situations ? Quels en sont les ressorts ? La perception ? La curiosité, l’étonnement ? L’intelligence ? L’environnement ? La respiration ? L’attention ? La tension ? La dé-tension ? Et pourquoi les clowns ont-ils de faux nez [note] ? Plus « sérieusement » : l’humour peut-il interrompre un discours sérieux ?
Si oui, dans ce petit livre, nous sommes servis et bien servis : petits jeux avec les mots ; avec les caractères d’imprimerie (lettres moulées, capitales, détachées) ; blancs ludiques qui permettent de se reposer, de respirer. Des fâcheries, aussi, entre le comique et le philosophe. De fausses et vraies disparitions (parfois dans les notes de bas de page !). Et parallèlement, s’enchaînent les interventions de grands penseurs du rire. Pensées de moultes philosophes (Aristote, Rabelais, Spinoza, Nietzsche, etc.) et d’artistes (Jacques Tati, Peter Brook, Grock, Catherine Germain, etc.).
Le dialogue se transforme parfois en « trilogue », voire en « tetralogue », par exemple quand Bergson et son compagnons interviennent directement. Et des questions qui sans arrêt, reviennent. Se bousculent. Tombent comme à Gravelotte. En avalanche. Le rire est-il social ? L’homme est-il le seul animal à rire ? A quel âge commence-t-on à rire ? Se souvient-on de son premier rire ? Pourquoi un individu qui en est isolé, ne rit pas forcément de ce dont rit un groupe ? Pourquoi le beau ne fait-il pas rire ? Les femmes font-elles rire différemment des hommes ? Le rire est-il un signe de bonne santé ? Quels sont les dangers à éviter pour un élève du rire ?
Ainsi, au tout venant. Mais aussi, quelques exercices pratiques ; des notes de bas de pages (parfois totalement déconnectées du contexte, ou l’embrouillant). Bref : tout est fait pour éviter l’ennui. Ce livre est également un spectacle où quelques fois les spectateurs interviennent, commentent. Au point de ne plus très bien savoir où l’on est. Et puis, combien de belles citations. Deux petits exemples. Du maître zen, Shunyu Suzuki : « L’esprit du débutant contient beaucoup de possibilités, mais celui de l’expert en contient bien peu ». Des auteurs : « Parfois, on prend les taxis de la pensée qui nous emmènent dans des endroits aussi éloignés qu’improbables. Si bien que prêter attention devient mission presque impossible » Merci à eux pour ce petit bijou ; merci à leur éditeur, aux philosophes et aux « professionnels » du rire, ainsi qu’à la dessinatrice du compagnon de Bergson qui nous accompagnent durant ce voyage aussi intelligent que ludique. Mais au fait : ce livre m’a-t-il fait rire ? … Ça, je ne vous le dirai pas. Et attends « avec gourmandise », comme disait ce cher Rimbaud, vos commentaires [note] !

Daniel Perron : La forêt française, une histoire politique



Docteur en droit, discipline qu’il enseigne à Paris I, Daniel Perron se passionne depuis plus de vingt ans pour les politiques rurales et forestières. Il a été conseillé de l’Agroalimentaire avant de devenir chef de la prospective de l’ONF [note].



Dans l’introduction de La forêt française, une histoire politique (éd. L’Aube), Daniel Perron définit ainsi le rapport entre l’Homme et la forêt : « L’arbre est à la fois un allié avec lequel nous entrons en symbiose et un concurrent qu’il nous a fallu abattre pour installer l’agriculture et la sédentarité ». Il ajoute un peu plus loin, que le droit forestier contemporain ne donne pas de définition de la forêt « Déjà en 1827, date de sa création, il était silencieux ou peu précis à son égard, se contentant d’énumérations parfois fluctuantes ».
Nous voilà lancés à travers la longue histoire de la forêt. De l’invasion de la Gaule par les Francs, à celle des Wisigoths, puis sous le règne des rois Carolingiens et ce, jusqu’au XIIIème siècle et la naissance du mythe de la Quête du Graal. Durant toutes les périodes précitées, la forêt relève en France de la mainmise du « plaisir et du droit du roi, notamment de la chasse ». Cependant, le déclin du domaine forestier déclenche au XIIème siècle, une forte prise de conscience du besoin d’entretenir et de sauvegarder celui-ci. Puis, de la naissance de « l’Etat moderne » au règne de Louis XIV, une seule obsession : unifier le domaine forestier, afin d’en garder le contrôle, ce qui ne se fera pas sans mal... Mais ce contrôle va-t-il générer d’autres contraintes ? Contrôler les contrôleurs ? Embaucher arpenteurs et agents de terrain ? Et quid des seigneuries régionales et de l’emprise croissante du « domaine privé » sur le « domaine public » ? Daniel Perrin n’oublie pas de faire la comparaison avec les politiques menées dans les autres pays européens.
Le siècle des Lumières va-t-il opérer un virage avec l’arrivée des grand naturalistes (Buffon, Varenne de Feuille), etc. ? Quid pendant la Révolution ? Comment va-t-elle faire face à l’accroissement de la population ? Au besoin de plus en plus pressant de terres agricoles ? Aux dégradations incontrôlées ? Son impulsion sera-t-elle assez puissante ? Faudra-t-il conserver dans son intégrité ou vendre partiellement le domaine ? Confisquer les terres des Eglises ? Et dans ce cas, comment l’organiser ? Faudra-t-il réviser le pouvoir souvent abusif exercé par les officiers des Eaux et Forêts, sous l’ancien Régime ? Autant de questions auxquelles Daniel Perron tente de répondre en analysant les débats ayant eu lieu, de l’ouverture des Etats généraux en 1789, au coup d’Etat de Napoléon Bonaparte en 1799. Puis durant la guerre civile, le Directoire, le Consulat et enfin, l’Empire, la forêt va-t-elle, elle aussi, se doter d’un code ? Quid à la Restauration ? Faudra-t-il attendre la nouvelle loi de 1827 pour voir arriver une nouvelle ère ? A quand la création de la première école forestière ? Et ailleurs en Europe ? Toujours est-il qu’à partir de 1827, la loi devient plus rigide et donne lieu à des révoltes paysannes (Guerre des Demoiselles en Ariège en 1929), car elle remet en question la notion de « droit coutumier » dans l’utilisation des ressources de la forêt. Le jeune Karl Marx dénonce alors une dérive de l’Etat portant atteinte aux populations pauvres, au profit des nouveaux propriétaires privés. Mais cette question ne va-t-elle pas bientôt passer au second plan alors que les inondations se multiplient à cause du défrichement intensif dans les plaines ? Comment va s’y prendre le Second Empire pour faire face à la fixation des dunes, à l’assèchement des marais et au gazonnement des régions montagneuses ? La politique mise en place perdurera-t-elle sous IIIème République ? Comment indemniser les terres expropriées ou pour aménager le territoire, sinon en recourant une fois encore au législatif ? Nouveaux débats ? Faudra-t-il transférer la gestion des forêts du ministère des Finances à celui de l’Agriculture ? Que de questions, auxquelles Daniel Perron prend le temps de répondre !
La Première guerre mondiale va-t-elle rebattre les cartes ? La forêt, principal fournisseur de ressource aux armées, deviendra-t-elle symbole cocardier ? Nouveau chapitre passionnant. A la fin d’une guerre destructrice aussi bien au niveau humain que matériel, comment « réparer » les 53% d’hectares forestiers et agricoles détruits par les dégâts collatéraux ? Comment remplacer les hommes disparus au combat ? Comment faire face à l’envolée des prix ? Combien de temps pour revenir à l’équilibre ? Ci-fait, la société ayant évolué entre les deux guerre, que proposeront les socialistes pour « Rendre la forêt, espace public, aux citoyens » ? Prendront-ils exemple sur les autres pays européens, la Nouvelle-Zélande ou le Japon ? Comment, dans les années 1920, les gouvernements réagiront face aux incendies de forêt ? Comment organiseront-ils les secours, la prévention et les premières indemnités aux sinistrés ? Sous la Seconde guerre mondiale, le Maréchal Pétain va-t-il nous refaire le coup d’une forêt comme symbole de sa « révolution nationale » ? Daniel Perron va s’arrêter longuement sur cette période jusqu’à ce que la forêt devienne le refuge des réseaux de la Résistance... Mais, la Libération saura-t-elle changer la manière de penser la forêt ? La contrainte économique et la productivité prendront-elle le « lead », au détriment du reste ? Que va changer la création de l’ONF dans les années 60 ? Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour voir arriver la petite révolution de la pensée environnementaliste, puis la notion de « gestion durable de la forêt » ? Les années 2000 ? Quid à l’international face aux dangers du réchauffement climatique et de la déforestation massive ? La France sera-t-elle capable de relever de tels défis ? Ou le « pays de Descartes », comme le suggère Daniel Perron, devra-t-il « regarder ailleurs et confronter son histoire à d’autres visions du monde ? » … Cet ouvrage, doté d’une documentation phénoménale, émaillée de nombreuses et pertinentes citations, notes et références répond à beaucoup de ces questions. Edifiant !

Patrick Schindler, individuel FA Athènes

PAR : Patrick Schindler
individuel FA Athènes
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