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par Hépha Istos • le 28 septembre 2026

Une semaine parisienne, la mobilisation IA change de vitesse

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Le surgissement fin 2022 des IA génératives a sonné le départ d’une course effrénée pour en augmenter la puissance et les répandre dans tous les pans de nos existences. Rien ni personne ne doit y échapper. Qu’on la boycotte, comme l’auteur de ces lignes, à qui elle ne manque décidément pas, ou qu’on l’utilise à l’occasion comme plus de la moitié de la population, résister s’impose. Aux États-Unis la mobilisation contre les Data Center qui pullulent comme doryphores en Bretagne a déclenché une véritable levée de bouclier contre l’IA, au point qu’en cette période électorale Démocrates et Républicains se retrouvent pour imposer des moratoires sur les usines IA (mal nommées data centers).




En France, la contestation sort du bois. En première ligne, on trouve les collectifs réunissant habitants et association écolos pour barrer la route aux usines IA qu’on veut leur imposer. Moins visibles pour l’instant, mais en pleine effervescence, d’autres collectifs s’assemblent pour contester la montée en puissance de ces machines « intelligentes » imposées par la nouvelle Sainte Alliance des milliardaires, gouvernants et scientifiques unis autour d’un triple objectif : rendre payant ce qui nous est gratuit – penser –, grignoter sans relâche ce qui nous reste d’autonomie, et industrialiser la « production » et la destruction des cibles militaires, civils compris. Sans souscrire à tous leurs objectifs, le groupe des Marteaux se mobilise pour soutenir ces mouvements encore naissants.

Mercredi 23 septembre au soir, l’Académie du climat accueillait une réunion publique organisée par le journal Reporterre, accompagné par les écolos de Bonpote et des informaticiens de Data for Good sur le thème « Comment boycotter l’IA et son monde ». Entre autres interventions, on y a entendu le réjouissant récit de la lutte du collectif Assez DC qui s’oppose à un méga projet d’usine IA à Valence, dans la Drôme. Ce collectif a su prendre de vitesse les envahisseurs car son noyau dur émerge d’une lutte précédente, telle la braise sous les cendres. Les militants se connaissaient, le savoir-faire était dans la place. Résultat : la suspension cet été du permis de construire. Une autre présentation par contre a plutôt jeté un froid : la réponse trop longue, alambiquée, du représentant de la Quadrature du Net à la question pourtant toute simple : « Êtes-vous contre l’IA ?».

Jeudi 24 septembre, le plus grand incubateur de Startup européen créé par Xavier Niel accueillait un événement de la société Mistral, pseudo champion national de l’IA. Les collectifs Pause IA, STOP IA et IA Réveillons-nous ont saisi l’occasion pour se rassembler devant les bâtiments de Station F. Chacun son message. Sur la base de la possible extermination de l’humanité, les « doomers » de l’association Pause IA veulent faire levier sur la classe politique pour imposer la mise en « pause » du développement des IA les plus puissantes. STOP IA mobilise plutôt l’action directe pour « freiner le développement irresponsable des technologies d’intelligence artificielle destructrices ». Quant au projet du collectif IA Réveillons-nous, il est d’une autre nature. C’est un projet « citoyen » qui invite chacun à agir en soutenant une la pétition déposée sur le site du Conseil Économique Social et Environnemental réclamant une Convention citoyenne sur l’IA.

Vendredi 25 au matin, dès le lendemain, et pour le troisième jour consécutif, les membres de ce collectif survitaminé remettaient le couvert tractaient devant la Maison de la Radio, à l’occasion d’une matinée IA en public organisée par France culture, intitulée « Intelligence artificielle – entre promesses, illusions et révolutions créatives ». Pas même mention des risques pourtant documentés de perte de contrôle de ces machines monstres ni même des leurs toxicités avérées. Quant à la « révolution créatrice », le débat n’aura pas permis d’en entrevoir le début d’un commencement. Des « réveilleurs » et « réveilleuses » ont profité d’une session de question du public pour prendre la parole, dénoncer le pillage planétaire impuni du travail des artistes et exposer leur projet de Convention sous les vigoureux applaudissements de l’assistance.

Hépha Istos – groupe des Marteaux
PAR : Hépha Istos
groupe des Marteaux
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