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Dans un sale État

par Léo Decasse • le 7 octobre 2026
Point d’indice de dégel à l’horizon
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Une intersyndicale de la fonction publique appelait à la grève et aux manifestations partout en France ce mardi 29 septembre 2026. À Laon, ce sont près de 350 personnes qui ont battu le pavé entre le lycée Paul Claudel et la préfecture pour faire entendre leurs revendications.
Ambiance combative et gros son des Bérus en tête de cortège, la manifestation est bruyante et déterminée ce mardi matin. Sifflets, pétards, cornes de brumes et slogans mobilisateurs accumulent les décibels autant que les fonctionnaires l’amertume. Les salarié.e.s des trois fonctions publiques (d’État, territoriale et hospitalière) entendent défendre une certaine idée des services publics.
L’école de la vie
Contrairement au point d’indice des fonctionnaires, la circulation n’est pas bloquée au départ de la manifestation malgré un important dispositif policier et les risques occasionnés. Qu’à cela ne tienne, le service d’ordre syndical connaît le mot « autogestion ».
Au premier arrêt devant le lycée professionnel Julie Daubié, un professeur de l’éducation nationale raconte le quotidien des classes surchargées (37 à 38 élèves dans des classes au lycée P. Claudel), la chaleur étouffante des locaux dans un contexte de canicules précoces et à répétition dues au réchauffement climatique et retrace l’histoire du point d’indice et de son gel depuis 30 ans. Un comble !
Pas étonnant donc de retrouver plusieurs lycéen.e.s en tête de cortège. Ces derniers se mobilisent partout en France pour avoir des conditions d’apprentissage décentes alors que les A.E.S.H. n’ont toujours pas de statut et que de nombreuses heures de cours manquent (12 heures d’économie pour le lycée au départ de la manifestation). Ces jeunes découvrent en retour la dure réalité du «maintien de l’ordre».
Un parent s’indigne : « On a dit à mes enfants que s’ils rentraient dans l’établissement (P. Claudel, NdLR) à 9 heures, ils ne pourraient pas sortir avant midi à cause de la manif. On les habitue au système carcéral et on les dissuade de se mobiliser pour leurs droits ».
Système d’exploitation
Outre la fameuse revalorisation (avec rattrapage immédiat) du point d’indice pour retrouver un peu de pouvoir d’achat, les mobilisés demandent l’arrêt du recours généralisé aux contractuel.le.s au profit de plus de titularisations, un regain d’attractivité passant par une meilleure prise en compte de la santé au travail, la fin des disparités hommes/femmes etc.
Les slogans dénoncent en rimes la privatisation, l’ubérisation et la capitalisation. « La sécurité sociale, la retraite, les cotisations, c’est à qui ? », renvoient les haut-parleurs se rappelant du programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R.).
Avec le plan d’économie de 54 milliards prévu par le prochain budget gouvernemental, les questions posées sont éminemment politiques. « On a le choix. On peut mettre de l’argent dans les écoles et les hôpitaux ou bien acheter des porte-avions », résume à grands traits un représentant de la C.G.T.
Conséquences concrètes
Après un bref arrêt devant le centre des finances publiques, décrit comme le « parent pauvre de la fonction publique qui paie le plus lourd tribut en termes de suppressions d’emplois » où un orateur lance un vibrant : « Cette dette n’est pas la nôtre », une halte symbolique donne tout son sens à la perte de service public de proximité.
La fermeture redoutée du dernier bureau de poste du plateau (rue du Bourg, comprenant le dernier distributeur automatique de billets de la ville-haute) serait encore un coup dur porté aux usagers de cette partie de la ville.
Léo Decasse
Le Démocrate de l’Aisne
PAR : Léo Decasse
Le Démocrate de l’Aisne
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