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par Confédération nationale du travail (CNT) le 12 juillet 2018

La mobilisation s’organise contre la sélection à l’entrée de l’université…

FLAN Etudiant

Article extrait du « Monde libertaire » n° 1793 de mars 2018
Depuis lundi 15 janvier, Parcoursup remplace APB (admission post-bac).
Lundi 22 janvier, les lycéennes et lycéens de terminales ont pu consulter les fiches de formations, « contenus pédagogiques, taux de réussite, attendus, etc., pour saisir leurs vœux d’orientation, constituer leur dossier et fournir les pièces demandées (notes, lettre de motivation, etc.). Cette phase d’inscription s’achève le 13 mars, mais les candidats pourront finaliser leur dossier jusqu’au 31 mars ».

La Confédération nationale du travail (CNT) Supérieur-Recherche analyse cette réforme : enseignement supérieur, un nouveau « Flan étudiant ».
Nos trois altesses, Ed, Fred et J.-M. nous ont présenté le 30 octobre 2017 le « Plan étudiants », rebaptisé dans cet article « Flan étudiant ». Le projet de loi est actuellement en examen au Parlement. Pour la faire brève, l’étudiant.e va connaître le bonheur absolu à la rentrée 2018 !… On a déjà entendu ça lors des précédentes réformes de l’université qui n’ont fait que saccager davantage les conditions d’études, de vie et de travail des étudiant.e.s et personnels des établissements universitaires.

La sélection, une idée neuve… ou pas !
Prenons cette citation du Flan étudiant dans la partie « Une affectation simple et transparente » : « Si pour des raisons de capacités d’accueil, l’université ne peut admettre tous les candidats, la priorité sera donnée à ceux dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents avec la formation choisie » (p. 22). Voilà, il n’y a plus de tirage au sort certes, mais une sélection à grande échelle qui ne dit pas son nom et qui va continuer de laisser des milliers de bâchelier.e.s sur le carreau.

Oui, oui si, non, ou si oui, non, si, oui, hein ?
La désormais tristement célèbre application post-bac qu’utilisaient les étudiant.e.s pour postuler à des formations du supérieur est remplacée dans l’urgence par Parcoursup, censé être fonctionnel courant janvier 2018. Les différentes formations du supérieur ont donc quelques semaines pour fournir des « attendus » spécifiques qui s’ajouteront aux « attendus » nationaux pondus par le ministère avec des trucs hyperprécis comme « savoir mobiliser des compétences en matière d’expression écrite et orale afin de pouvoir argumenter un raisonnement »… Des enseignant.e.s des différentes formations recevront les dossiers des candidat.e.s auxquel.le.s ils et elles devront répondre par « oui » ou « oui si », cette dernière réponse obligeant le ou la candidat.e à suivre un ou des modules complémentaires pouvant durer jusqu’à un an, sans assurance d’être pris.e après, et avec les conséquences financières que cela représente pour certain.e.s de passer une année sans revenu et qui, en plus, compte pour du beurre au niveau académique. Un « oui si » qui ressemble donc fort à un « non », ou au mieux à un redoublement d’office avant même d’avoir mis les pieds dans sa formation.

Tou.te.s perdant.e.s… sauf les patrons !
Les capacités d’accueil de certaines filières où il y a plus de demandes que d’offres seront parfois augmentées, mais sans augmenter les effectifs déjà à bout de souffle, et pas suffisamment pour satisfaire entièrement la demande. On voit donc difficilement comment les candidat.e.s obtenant un « oui si » pourraient tou.te.s être admis.e après avoir suivi leurs modules complémentaires qui servent donc plutôt à décourager les élèves dans l’espoir qu’ils et elles choisissent de se réorienter. Un calcul cynique mais qui risque de fonctionner. En bref, tout le monde est perdant : les élèves découragé.e.s qui ne tenteront même pas le coup, celles et ceux qui perdront un semestre ou un an sans même qu’on leur ait laissé une chance d’essayer, les enseignant.e.s qui auront plus d’élèves et devront aussi assurer les modules complémentaires sans augmentation d’effectifs. Il existait pourtant une façon de satisfaire tout le monde : augmenter les effectifs de personnel et accepter tou.te.s les candidat.e.s ! Mais pour ça, bien sûr, il faut plus de moyens, et où trouver l’argent ? Nous on sait. Par exemple dans les milliards du crédit impôt recherche qui sert d’évasion fiscale aux grandes entreprises, ou dans les milliards de la recherche militaire qui sert l’impérialisme français de demain.

Zéro en solution
Les programmes et contenus des enseignements tournés uniquement vers les chaînes du salariat ; la précarité de centaines d’enseignant.e.s vacataires et de postdocs qui pourraient être recruté.e.s en tant que maîtres.se.s de conférence ; les conditions de travail des personnels administratifs dû à un manque criant de moyens dédiés à l’encadrement…

Et les étudiant.e.s étrangers ?
On ne s’émeut pas beaucoup de leur sort en France. Notons quand même qu’une réaction se fait jour pour la régularisation des étudiant.e.s sans papiers, qui sont des proies faciles pour les forces répressives françaises. Une assemblée générale y était consacrée le 19 décembre 2017 à la Bourse du travail de Paris à l’initiative de l’association RUSF Paris-I. Pétitions, motions de conseils d’unité de formation et de recherche (UFR), grèves (comme celle du 12 décembre 2017) se font jour. Et rien ne nous empêche de nous inspirer des luttes passées en tenant compte du contexte d’aujourd’hui. Mais attendez, on est en 2018, ce n’est pas le cinquantenaire d’un truc cette année ?… On peut peut-être rappeler qu’en 1967 avaient été organisées des manifestations étudiantes contre le plan Fouchet et le système de sélection à l’entrée de l’université qu’il prévoyait… Grèves, blocages, sabotages pour une université émancipatrice pour tou.te.s !
PAR : Confédération nationale du travail (CNT)
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