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par Ava • le 2 octobre 2026

La Naissance d’une insurrection

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La Jeunesse sans bornes






Le jeudi 17 septembre à Créteil, la première étincelle d’un futur brasier naissait. Des lycéen-nes et personnels de ce lycée bloquaient pour lutter contre des conditions d’éducation déplorables. Manque de professeurs, d’AED, d’AESH et d’infirmiers, locaux mal isolés, pas rénovés ou encore des horaires de cours intenables… Tous les lycéen-nes de France souffrent également des conséquences du manque de moyens donné à l’éducation nationale. Ce qui a lancé une mobilisation nationale qui fait trembler les médias et le gouvernement.

Le budget de l’éducation nationale a augmenté de 30% depuis 2017, alors pourquoi la situation dans les lycées se dégrade-t-elle ? À la rentrée 2026, environ 4000 postes d’enseignants ont été supprimés dans le public et le privé en France, 74 classes ont été fermées rien qu’en Ille-et-Vilaine. Notre avenir est également mis en péril avec Parcoursup et son système de sélection injuste et qui repose sur des « filtres numériques » et met donc notre projet d’orientation entre les mains d’un algorithme. Puis une fois en étude supérieure, le gel des APL empêchera les plus précaires d’entre nous de se loger. Sans oublier de mentionner le décret « Bienvenue en France » imposé par l’Etat avant l’été, un projet frontalement anti-immigration qui vise à augmenter les frais d’inscription pour les étudiants étrangers non-européens. En bref, pour tous les lycéens le stress s’accumule vis-à-vis de l’orientation, le tout en subissant des rythmes fatigants et des conditions dans lesquelles il n’est pas possible d’apprendre de façon optimale.

Alors oui, il était évident que ce ras le bol collectif mènerait à un mouvement de masse. Le 29 septembre, journée de mobilisation intersyndicale à Rennes, les premiers grands blocus rennais ont éclaté dans une grande partie des lycées de la ville. Brequigny, Jean Macé, Émile Zola, tous ont fait nombre pour peut-être enfin se faire entendre, en tant que jeunes toujours infantilisés et invisibilisés. Puis le lendemain, le 30 septembre, d’autres lycées se sont joints au mouvement avec Coëtlogon, Jean Jaurès ou encore Sévigné à Cesson-Sévigné. Le 1er octobre, encore plus avec Joliot-Curie, Châteaubriant, Descartes mais aussi Jeanne d’Arc, un établissement privé. Mais le gouvernement commençant à avoir peur face à la situation, nous a envoyé ses chiens et on a subi une répression violente. 7 interpellations. Cela mène à une réponse de plus en plus violente de la part des élèves mobilisés et pour la première fois depuis des années, les regards commencent à se tourner vers nos revendications.

Mais le combat ne doit pas s’arrêter maintenant. Dans la journée du jeudi 1er octobre, 3 lycéen-nes ont été entendu-es au rectorat après un rassemblement improvisé devant cette institution. Un élève de Joliot-Curie, un autre de Jean Macé et enfin moi, élève de Bréquigny avons été appelés pour soi-disant discuter des revendications lycéennes. Toutes les problématiques énoncées ont été niées en bloc et l’on a tenté d’apaiser notre courroux en promettant que ce que l’on demande soit transmis au Ministère de l’Education, en nous incitant à rejoindre les instances de démocratie scolaire (CVL) et en essayant de nous persuader qu’il serait préférable de nous désolidariser des dégâts matériaux qui ont pu être commis. Mais la force de ce mouvement est la peur qu’il provoque partout en France. Cette désobéissance civile doit se poursuivre jusqu’à ce que nous ayons gain de cause et ce ne sont pas des petites réformes qui nous feront taire. Nous n’arrêterons pas tant qu’un changement radical ne sera pas effectué dans le système scolaire et plus largement dans la société capitaliste. On nous parle de démocratie et de discussion mais nous ne céderons pas à un système où le peuple n’a de pouvoir qu’à travers les urnes.

À présent, des étudiants mais aussi des professeurs se sont mobilisés à nos côtés en soutien dans cette lutte qui nous concerne finalement toutes et tous. Que vous soyez jeunes ou que vous souhaitiez nous aider, n’hésitez pas à venir rencontrer Révolte Lycéenne, notre collectif de jeune excédés par cette société âgiste et répressive.

Gardons cette détermination, et vive le feu !

Ava, Groupe La Sociale, Rennes
PAR : Ava
Groupe La Sociale, Rennes
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