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par Guy le 27 mars 2019

Justhom : De l’esclavage et du colonialisme (Les Editions Libertaires)

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C’est une véritable somme de recherches, d’écrits historiques et d’analyses que nous livre notre camarade Justhom dans son nouvel ouvrage.
Tout d’abord, il remonte à l’Antiquité pour relever les premières traces qui constituent les prémices de l’esclavage, jusqu’aux temps dits « modernes ».

Puis il dresse un panorama complet de l’étendue de ce fléau du colonialisme, qui n’est qu’une « juste » continuité de l’esclavage voire qui l’accompagne ou le précède dans la volonté des maîtres de soumettre l’Autre, incarnée par le militarisme, le colonialisme, l’expansion, la guerre qui a poussé les pays dotés de moyens guerriers, et aussi conduits par une soif de rapines, d’extension de biens , de gains , de terres toujours plus grandes, à asservir des peuples qui, jusqu’à leur arrivée, vivaient en paix et en harmonie, suivant leur propre culture.
Le plus souvent, le colonialisme, en s’implantant avec une violence inouïe (autour de 100 millions de victimes, un véritable génocide ) a décimé des territoires anciens que son appétit insatiable commandait de repeupler par des populations transportées d’un autre continent ( Afrique notamment ).

Justhom dresse ensuite la liste de tous les pays coloniaux, aiguillonnés le plus souvent par l’Eglise (désireuse d’apporter la « lumière » ), qui se sont livrés aux pillages, massacres, viols, … au nom de la civilisation : Europe bien sûr, mais aussi Russie, Chine, Japon, Empire Ottoman, USA et bien sûr, Royaume-Uni et France qui se sont taillés à coups de baïonnette et de canons, la part du lion !
Les soi-disants hommes de gôche ( Hugo, Jaurès, Blum,..) y ont apporté leur caution et leur verve sale.

L’esclavage, quant à lui, perdure encore dans certains pays du Golfe, ainsi que le colonialisme incarné par Israël qui continue, depuis 1948, son œuvre d’exclusion de l’entité palestinienne, au su et au vu du monde entier, voire avec l’approbation des USA,.. sans oublier la France qui, par ses réseaux toujours actifs de la Françafrique, son soutien inconditionnel aux pouvoirs despotiques, sa politique de soumission économique imposée par le Franc CFA, poursuit sa sale besogne de néocolonialisme et de préservation de ses intérêts géopolitiques au service des grands groupes privés : Bolloré, Total,..
Cette domination s’exerce également aujourd’hui, ici et ailleurs, par le capitalisme (garanti et protégé par l’Etat ) qui assujettit les salarié.e.s par le biais du Contrat de travail lui permettant de leur tondre la laine sur le dos, en extorquant la plus-value sur les richesse produites par le salariat.

Justhom appuie ensuite sur la condition incontournable qui a prévalu pour que ces individus puissent commencer à s’émanciper, aussi bien de l’esclavage que du colonialisme, qui forment des chaînes entremêlées : c’est par leur soulèvement (notamment celui du 29 août 1794) que les esclaves prirent leur destin en main, puis poursuivirent leur libération. Mais c’est dès 1503, que les toutes premières révoltes d’esclaves éclatent à Ayiti (Haïti en amérindien) puis essaimèrent à Puerto-Rico, Cuba, La Martinique,.. contre vents et marées, malgré décrets et loi visant à l’abolition (1794, 1848, ..) mais qui ne constituaient que de l’encre noircie sur papier, bien loin de leur application, de la réalité.
Parmi toutes les ignominies rattachées à cette honte du maltraitement de l’homme par l’homme, il faut noter le Code Noir ( promulgué par Louis XV en 1724 ), destiné à maintenir ces populations d’esclaves dans le plus grand dénuement, et aussi de protéger les maîtres contre les soulèvements , rebellions, évasions des esclaves, assauts des « Nègres » marrons.

Après ce brillant exposé, (presqu’) exhaustif de la cruauté humaine tellement elle est souvent infinie et renouvelée, Justhom rend justice aux anarchistes, accusés à tort, souvent d’indifférence contre le fait et le crime colonial. Il cite les interventions des anarchistes contre l’armée, contre le rôle et l’action des troupes coloniales, « La Marseillaise des requins » de Gaston Couté, la note de Bakounine quand il évoque l’application de la loi Darwin à la politique internationale concernant la question du colonialisme par rapport à l’Algérie, les écrits de Kropotkine soulignant combien le colonialisme avait été destructeur des civilisations anciennes et véhiculait une idéologie oppressive, castratrice et violente,..

Bref, c’est un livre incontournable écrit avec le style décoiffant de Justhom, une sorte de thèse sur la domination dans quelques-uns de ses pires moments.

Guy
PAR : Guy
groupe de Rouen
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le 29 mars 2019 16:08:32 par Jean-Marc Raynaud

Cette note de lecture sur "Esclavage et colonialisme" de Justhom est remarquable à tous points de vue. Tout est dit. Ce livre, en effet, ne mérite pas d’être lu, il doit l’être. Car on ne savez pas à quel point. Normal, tout a toujours été fait pour qu’on ne sache pas. Désormais, avec ce livre, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Alors, faites le savoir.
Merci à toi, Guy, de nous donner envie de lire ce livre, majeur.
Jean-Marc Raynaud ( irresponsable chevronné des éditions libertaires ).