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par Nicolas - Comité de rédaction du Monde libertaire le 1 avril 2026

Édito du ML n°1882

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La Révolution est œuvre d’action quotidienne

Distantes peuvent sembler les heures glorieuses du syndicalisme révolutionnaire, de l’anarcho-syndicalisme. D’autant plus qu’aujourd’hui, le syndicalisme de lutte des classes souffre de l’ombre poisseuse d’un syndicalisme réformiste — pour ne pas dire collaborationniste — confortablement niché dans le giron de l’État.

Il est vrai que les anarchistes n’ont pas toujours chanté à l’unisson la partition syndicale, quand bien même en ont-ils écrit certaines de ses plus belles pages. Mais, face à la progression du fascisme, sous toutes ses casquettes, nous savons trop bien que la riposte ne passera pas par les urnes.

Ne nous viendrait-elle pas du syndicalisme ? Face aux vicieux coups de rabots que nous assènent main dans la main capitalos et politicards, il paraît plus que jamais impératif de rappeler l’absolue nécessité de la résistance économique au sein d’organisations de classe, libres et autonomes. Car, pour autant que nous soyons en déroute, les patrons, eux, s’accordent pour nous bouffer le conquis !

Nous ? Nous ne sommes que du menu fretin, mais qui, rassemblé et organisé, peut lancer la lame de fond, opérer la poussée nécessaire au basculement.

Pour ce faire, il nous faut batailler dans nos boites : à l’atelier, au bureau, dans les couloirs, dans les vestiaires, à la machine à café… Ça paraît parfois d’une insignifiance confondante, un fichu boulot de Sisyphe, un ouvrage souvent ingrat qu’il nous faut remettre vingt fois sur le métier. Or, « la Révolution est œuvre d’action quotidienne », nous disait Pouget !

Alors que se profile le 90e anniversaire de la Révolution espagnole, comment nous faudrait-il encore penser les mots d’ordre d’action directe, d’autogestion ou de grève générale expropriatrice, pour qu’il ne s’agisse pas d’idées pieuses, d’injonctions creuses ?

N’est-ce pas dans le creux de la vague qu’il nous faut redoubler d’huile de coude et revenir à toutes rames ? Sonnons le tocsin, car il y a urgence syndicale ! Retroussons-nous un peu les manches pour faire vivre au quotidien la lutte des classes !



PAR : Nicolas - Comité de rédaction du Monde libertaire
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