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Luttes syndicales
par Ramón le 13 avril 2026

BIOCOOP : quand c’est fini ça recommence

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On vous en a déjà parlé : les salarié-e-s du magasin Biocoop de la Place des Fêtes étaient en conflit avec leur direction ; 28 jours de grève plus tard et après avoir signé un protocole d’accord , le combat reprend.




Si les augmentations de salaires de 4,5 % demandées ont bien été accordées, par contre la mise en retrait de la directrice gérante dont l’attitude managériale était à l’origine du conflit avec le personnel, n’est pas vraiment effective. Elle ne peut s’empêcher d’intervenir sur les plannings du personnel.

Un premier manager avait été recruté et tout semblait se dérouler parfaitement bien avec le personnel. Trop bien ? Il a été remplacé très vite par un autre manager plus en osmose avec la directrice gérante donneuse d’ordre. Et évidemment nous voici revenu-e-s à la case départ : propos vexants, insultes, salarié-e-s en larmes, en arrêt maladie.
Quatre ex-grévistes ont préféré jeter l’éponge et démissionner. Deux nouvelles embauches et le turn-over continue de plus belle : ce magasin qui compte vingt employé-e-s a vu défiler dans ses murs depuis 2020 pas moins de 150 salarié-e-s.
Fin mars une réunion s’était tenue à l’initiative des grévistes pour créer un groupe de surveillance de l’application de l’accord de fin de grève Bien leur en a pris, ce groupe de surveillance est composé de travailleurs et travailleuses du magasin, , de client-e-s et d’habitant-e-s du quartier, solidaires de la lutte, ainsi que de membres de différentes associations, organisations syndicales et politiques.




Rapidement réuni, le comité de surveillance a appelé au débrayage du personnel samedi 11 avril à partir de 14h00 et à un rassemblement de soutien devant le magasin. Gros succès, habitant-e-s et client-e-s étaient au rendez-vous, syndicats et politiques aussi.




Ce n’est pas le début d’une nouvelle grève (28 jours en mars ont laissé des traces pécuniaires…) mais une autre forme de lutte annoncée à coups de débrayages sauvages suivis de reprise du travail les jours suivants, puis re-débrayage, puis…
La directrice donneuse d’ordre prévenue, a rappliqué à toute allure et les grévistes lui ont généreusement distribué le tract suivant :
BIOCOOP PLACE DES FÊTES : rien n’a changé !

Le 11 avril 2026


Nous, organisations syndicales, politiques et associatives parisiennes et collectifs d’habitant-es et de client-es du quartier apportons notre soutien à la grève, ce samedi, des salarié-es de l’entreprise BALPOP, sous enseigne Biocoop, aussi connue sous le nom Biocoop Les Fêtes, située à Paris 19ème arrondissement.

Après avoir cessé majoritairement le travail du 3 au 28 janvier dernier, un protocole de fin de conflit a été signé qui a entraîné, entre autre, une augmentation générale des salaires.

Deux mois après sa mise en œuvre, force est de constater que les tensions liées à la gouvernance du magasin restent intactes.

Pire, après le passage, suite à la reprise du travail, d’un manager de transition, c’est à un pur produit issu de la grande distribution, mandaté par l’enseigne Biocoop elle-même, qu’iels ont à faire pour exercer le désir de revanche de la part de la présidente de la société…

Avec une détermination intacte, les grévistes exigent la fin des méthodes de management cassantes et infantilisantes qui prévalent depuis plusieurs semaines : iels ne se laisseront ni intimider, ni démoraliser et encore moins diviser !

Mieux, les Prud’hommes sont saisis à cet effet de sorte que la convention collective applicable dans l’entreprise soit respectée : ainsi, de la responsable en titre du magasin, à son adjointe en allant jusqu’aux responsables de rayon, aucun-e n’est véritablement considéré-e pour les tâches réellement effectuées… et encore moins payé-es en conséquence !

Leur combat est d’autant plus emblématique que leur mobilisation sans précédent a ouvert une brèche dans le système Biocoop, qui vise à suresponsabiliser le personnel sans pour autant le rémunérer en conséquence.

Le premier groupe de distribution alimentaire bio s’enorgueillit d’avoir réalisé près de 2 milliard d’euros de Chiffre d’Affaires l’an dernier et de vouloir ouvrir plus d’une centaine de nouveaux magasins d’ici 2029 : il est temps de mettre fin à l’émiettement des personnels répartis dans autant d’entités que de magasins et qui fait reposer la qualité des relations sociales sur le bon-vouloir de chaque sociétaire.

Signataires : L’Après Paris Nord, La Cantine des Pyrénées, CGT Myam, CGT Terroirs d’Avenir, Collectif Mise En Place, les élu-e-s communistes du 19ème, FA-Groupe Salvador Segui, LFI 19ème, NPA-l’Anticapitaliste 19ème, NPA-Révolutionnaires Paris 20, Révolution Permanente, SNCSN CNT-SO, SUD Commerce Francilien, SUD Le Zingam, SUD Triporteurs, UL CGT du 19ème, US CGT Commerce Paris… et des habitant-e-s de Place des Fêtes ainsi que des client-e-s du magasin solidaires !



Le combat risque donc de durer un certain temps ; nous en reparlerons bien entendu.

Ramón (Groupe Salvador Seguí)



PAR : Ramón
Groupe Salvador Seguí
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