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Dans un sale État
par JBL le 30 mai 2021

Alerte sanitaire : retour imminent d’une vraie pandémie meurtrière

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En France, bien campé devant une oligarchie qui le cornaque après l’avoir installé au pouvoir aux dernière élections, comme l’a révélé Juan Branco dans son livre Crépuscule, nous avons une marionnette à la tête de notre pays. Prétentieux, fier et ambitieux, ce président-monarque est inspiré par un esprit bonapartiste, figure dont il a choisi de commémoré le bicentenaire de la mort, tout en délaissant dédaigneusement le 150e anniversaire de la Commune de Paris. Bien trop aveuglé par ses intérêts personnels, il est loin de se préoccuper de celui des Français et des bruits de bottes qui résonnent dangereusement à leur porte, comme à celle de l’Europe. Pire, il s’introduit sournoisement dans le jeu de l’extrême droite au risque de légitimer l’ultra droite.

Depuis la colère des gilets jaunes, qui a vu ce président être sur le point de quitter l’Élysée en hélicoptère par peur de ce soulèvement qu’il n’avait pas vu venir, la politique sécuritaire s’est imposée à lui comme une sainte vérité. La solution idéale, tant pour mater ce peuple de « gaulois réfractaires » que pour préparer sa réélection à la prochaine tournée des urnes. A l’issue de son grand débat, mené en solitaire, c’est une véritable cérémonie d’offrandes à destination de la police auquel on a assisté.
Le budget de cette corporation n’a cessé de grimper pour atteindre en 2021 11,2 milliards d’euros, soit 8% d’augmentation par rapport à 2017. Avec un tel traitement, qui leur a déjà valu voitures et commissariats tout neufs, caméras semi-professionnelles, Caméras-piéton, drones, tablettes, pistolets-mitrailleurs, fusils d’assaut, recrutement en masse et un nouvel uniforme prévu pour le 14 juillet prochain, les 120 000 poulets de France se sentent pousser des ailes, rien ne leur est refusé. Tout ceci est complété par un arsenal législatif qui ne cesse de s’accroître et qui leur permet de donner libre cours à leur imagination répressive déjà débordante.
À ce sujet, soucieux de redorer leur blason bien abîmé ces dernières années avec les nombreuses bavures qui se sont additionnées au fur et à mesure que leur impunité grandissait, l’État s’est chargé de leur faire une publicité croissante. Chaque jour, les médias de masse surfent sur l’actualité en hystérisant le moindre petit fait de délinquance et en dégoisant dessus des heures durant, grâce aux nombreux spécialistes qui écument les plateaux télé dont les incontournables responsables syndicaux de police. L’un d’eux, « France Police », dans une lettre ouverte au président, a appelé à s’inspirer des modèles brésiliens et philippins en donnant carte blanche à la police » (c’est-à-dire donner le droit à la police de réaliser des exécutions sommaires), ainsi qu’à mettre en œuvre le bouclage de certains territoires français, avec l’appui de l’armée, sur le modèle israélien vis-à-vis des territoires palestiniens (c’est-à-dire la création de point de contrôles de zones bouclées, avec limitation des entrées/sorties). A noter qu’aucune prise de position de la part du gouvernement n’a été observé.
Et se succèdent sur les plateaux télé les cadres du Rassemblement National qui ont leur rond de serviette sur plusieurs chaînes, mais aussi les autres tels M. Maréchal Le-Pen, P. De Villiers ou N. Dupont-Aignan. Il faut convaincre à tout prix que l’équation suivante jamais vérifiée : « plus de police = moins de délinquance » est opérante. Mais la question dérangeante de savoir ce qui peut bien générer les comportements déviants ne se pose pas, si bien qu’il n’est jamais question que de contrôler les comportements et non de les comprendre pour les changer, ce qui pourrait pourtant logiquement permettre de les éviter plus facilement, plus efficacement et en toute humanité. La politique de la peine croissante pour encadrer la délinquance n’a jamais fait ses preuves, comme le prouve la comparaison faite aux U.S.A. entre les États pratiquant l’ultime sanction, la peine de mort, et ceux qui l’ont abolie, car aucune différence de criminalité n’est perceptible. De plus, les chiffres sont têtus, la progression de la délinquance est la même depuis des lustres, avec de petites variations à la hausse ou à la baisse selon les années. Il en va ainsi pour les toutes dernières années comme le rapporte le très difficilement contestable S.S.M.S.I. (Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure). Par ailleurs, selon le non moins contestable Observatoire National de la Délinquance et des réponses pénales, si la mort de 30 policiers était à déplorer en 1975, elle n’est plus que de 10 en 2019, et les diverses agressions sur la flicaille n’enregistre une augmentation que de 28% depuis 2005 et non de 50% comme l’a récemment affirmé notre ministre de l’intérieur. Dès lors, confronté à cette réalité, le même préfère mettre l’accent sur « les ressentis plutôt que (sur) les faits ». Cachez donc ces chiffres que je ne saurais voir !
A contrario, les dérives policières, elles, se succèdent et la dernière en date, révélé par Médiapart concernant la procédure engagée pour retrouver les coupables de l’agression sur deux policiers à Viry-Châtillon en 2016 est affligeante. L’enquête policière a débouché sur huit acquittements et cinq condamnations dont deux jeunes âgés de 22 et 25 ans, incarcérés pendant 18 mois pour l’un et plus d’un an pour l’autre, avant qu’ils ne soient relaxés à l’issue de la procédure en appel le 18 avril 2021 faute de preuve. L’étude des rapports de police a montré une volonté manifeste de leur faire avouer des noms et des actes sans aucunes preuves mais avec beaucoup de pression, jouant sur des équivoques, des quiproquos tordus, des rapports tronqués, de faux aveux, avec menaces, violences, insultes et pressions à la clé. Mais qu’importe, des têtes avaient été demandées et la relaxe de ces deux inculpés a soulevé une bronca dans le monde politique de droite et, encouragés par les syndicats de police, certains ont dénoncé une justice trop laxiste. Là encore les chiffre ne disent pas la même chose car la sévérité des peines prononcées est plutôt en augmentation en 2019 comme en 2020. Sans doute le « ressenti » est-il aussi plus crédible que les chiffres sur cette question...Une autre affaire révèle que la hiérarchie policière a œuvré pour couvrir l’agent de la B.A.C. mis en examen pour avoir, en février 2020, mutilé grièvement d’un tir de L.B.D. un jeune homme qui ne représentait aucun danger. Les responsables directs, mais aussi le directeur départemental de la sécurité publique (ancien de l’I.G.P.N.), et même le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, sont impliqués. Ils ont ainsi œuvré pour, notamment, chercher à s’accorder sur une version des faits, superviser la mise en ligne d’une cagnotte, tenter d’éviter un contrôle judiciaire trop strict, intervenir pour faire modifier le dossier administratif du tireur en sa faveur, mettre en place « une petite parade » pour lui permettre de continuer à toucher un salaire pendant sa suspension, appuyer et obtenir une demande de lever de son contrôle judiciaire. N’y a-il pas mieux à faire que de couvrir ces coupables quand on sait, comme le souligne J.L. Mélenchon que: « l’an dernier, quatre fois plus de policiers sont morts de suicide qu’en opération ». Mais de cela, les médias de masse n’en parlent pas.
La mission première de la police est d’être au service des citoyens, de leurs droits et de leur liberté et non un rempart au service de la protection du pouvoir en place. Il faut se rappeler que l’article 12 de la première Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule que : « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique, cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ». Aujourd’hui, la police piétine les droits des citoyens en toute impunité, et bientôt en toute légalité. Au motif de « délit d’attroupement » pour avoir participé à une manifestation contre la loi « Sécurité globale» Frédéric Vuillaume sera retenu en garde à vue 44 heures, puis poursuivi devant le tribunal de Dijon qui, heureusement, prononcera une relaxe le 20 mai 2021.

Par ailleurs, depuis les gilets jaunes, il n’est pas un soir où nous soient épargnées les émissions vantant les hauts faits d’arme de la police dans les banlieues ou sur la route, sans parler des émissions d’enquêtes criminelles en tout genre. Remarquons aussi l’exceptionnel ménage accompli par V. Boloré au sein du P.A.F. (Paysage Audiovisuel Français) en massacrant la seule chaîne un peu gauchisante « Canal + ». Comme tant d’autres de ses compères cotés en bourse, tel Bouygues, il participe à ce mouvement très politique consistant à dévorer les chaînes télévisuelles en mal de financement dans l’intention de reconfigurer leurs programmes afin d’asseoir aux manettes une droite aux discours radicalisant. Ainsi, les chaînes « chiens de garde » qui distillent une lancinante propagande pro-gouvernementale depuis des dizaines années se trouvent maintenant débordées par des chaînes aux animateurs et invités agitant sans complexe un oriflamme brun foncé.
Petit florilège : le 19 oct. 2019, le journaliste Olivier Galzi, établit sur LCI des comparaisons entre le voile et l’uniforme SS. Eric Zemmour, décrit les migrants de Lesbos comme des « envahisseurs qui n’ont qu’un espoir, c’est d’’imposer leurs modes de vie à nos pays. » (CNews, 26 juin) ou, parlant des mineurs isolés il affirme : « Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont. Il faut les renvoyer. » (CNews, 29 sept.); en passant par Judith Waintraub, à qui il suffit de voir une femme voilée à l’écran pour faire un parallèle avec les attentats terroristes du 11 septembre, ou encore Yves Thréard, qui confesse en plateau : « Il m’est arrivé en France, de prendre le bus ou un bateau où il y avait quelqu’un avec un voile, et je suis descendu. » (LCI, 14 oct. 2019) ou encore P. Praud pour qui « [ Les délinquants], au bout de plusieurs récidives, il faut des peines de prison à vie pour tous les auteurs de délits. ». Pas une semaine ne passe sans que des propos racistes ou fascisants de ce type s’imposent comme des pensées dominantes, à tel point que les voix contradictoires ou protestataires contre ces propos ne s’entendent pratiquement plus. Notons que le chaîne « CNews », la plus virulente, est en passe de devenir la première chaîne d’information en passant devant « BFMTV » selon Médiamétrie. Évidemment, toutes ces vedettes du petit écran n’ont pas de mots assez doux pour saluer une police salvatrice, tout comme l’armée dont ils soutiennent les récentes tribunes.




Composée à plus de 70% de personnes d’extrême droite, voire d’ultra droite, la grande muette ne s’est pas gênée pour publier le 21 avril puis le 09 mai deux tribunes relayées par l’extrême droitier journal Valeurs actuelles, dans lesquelles elle dénonce une dangereuse menace émanant d’une gauche décrite de façon nébuleuse, sans explications ni preuves d’un quelconque danger, et se dressant en défenseuse de la nation, prête à intervenir, évoquant de manière explicite un probable putsch militaire en gestation en cas de laxisme du gouvernement. Bizarrement, notre président n’a pas bronché et aucune sanction n’a été prévue pour ces factieux qui, dans la seconde tribune, étaient des militaires d’active et donc soumis, au moins, à l’obligation de réserve. Cette attitude aurait-elle quelque chose à voir avec le soutien de 58% des français pour ces signataires ?
Sortie de ces milieux nauséabonds, que se passe-t-il ailleurs ? Là encore, Médiapart nous prévient : « Au moment où la volonté de passage à l’acte par des militants d’extrême droite trouve une nouvelle et tragique illustration avec l’attaque contre une synagogue et un restaurant turc à Halle (Allemagne), un rapport confidentiel d’Europol révèle que l’ultra-droite européenne s’arme et est en train de recruter dans les rangs des militaires et des policiers ». Après la révélation d’un nombre impressionnant de militants d’extrême droite dans l’armée et dans la police, nous apprenons que partout en Europe, des groupuscules fascistes de l’ultra-droite sont en train de passer du propos haineux, raciste ou antisémite, à une clandestinité organisée, planifiant des projets avancés d’attentats. Nombre d’entre eux ont déjà été déjoués, dont certains projetant l’assassinat du président français. Issus d’un éventail très large, leurs milieux socio-économiques va du maçon jusqu’à un ancien du Quai d’Orsay, en passant par le D.R.H., l’ingénieur, le professeur de math, le restaurateur, l’infirmière en psychiatrie, le chef d’entreprise ou le salarié de La Poste.

Voilà maintenant une bonne dizaine d’années qu’on tire la sonnette d’alarme régulièrement : la situation en Europe se dégrade et l’extrême droite se pare d’une légitimité bon teint au fur et à mesure que ses exploits passés sombrent dans l’oubli. Avec ses relents macabres, l’histoire nous rappelle à l’ordre de la dernière guerre mondiale en réactivant l’ambiance délétère de la fin des années 30 qui nous a conduit à la déflagration que l’on sait. Mais partout en Europe l’extrême droite refait surface. Les dictatures s’installent petit-à-petit au cœur des pays qui, hier, étaient pourtant de fervents démocrates. Aux élections européennes de 2019, les pays du nord comme la Suède ou la Finlande, mais aussi l’Estonie et la Lettonie, tout comme l’Allemagne l’Autriche et la Slovaquie ont enregistré des scores compris entre 10 et 20%. La France a rejoint la République Tchèque avec des scores compris entre 20 et 30%. Juste derrière le peloton de tête composé de la Pologne, la Hongrie et l’Italie qui enregistrent des scores compris entre 30 et 52,5%, devenant ainsi majoritaires dans leur pays. Dernièrement, les poussées belge et espagnole complètent cet angoissant tableau.
Le plus inquiétant est que ces scores augmentent dangereusement d’année en année depuis au moins dix ans. Inutile de dresser un bilan des autres pays du monde qui, pour la plupart, se sont déjà installés dans l’autocratie et l’autoritarisme, parfois le plus barbare, depuis longtemps. Fini le doux rêve américain d’exporter la démocratie sur toute la planète, à coup de bombes. Eux-mêmes ne sont pas passé loin d’un second putsch démocratique de l’extrême droite à leurs dernières élections présidentielles.
Oui, la peste brune est bien de retour et dans son ombre portée, se dessinent les vertigineux cortèges de disparus, d’exécutés, de torturés, de putschs militaires, de corruptions, de discriminations, d’épurations en tout genre, ou les principes d’autorité, de nationalisme, de pureté et d’ordre écrasent peu à peu ceux de démocratie, de liberté, d’égalité.

En jouant la carte sécuritaire pour affoler le chaland et s’assurer la caution de sa police, en choisissant de laisser libre cours aux dogmes répressifs et autoritaires, dans la police, l’armée, les médias de masse comme au sein de la population, dans la perspective de se concocter un duel gagnant avec Marine Le-Pen aux prochaines présidentielles, Macron a t-il bien conscience qu’il joue avec le feu ? Il pense pouvoir dominer sa rivale facilement comme il l’a fait il y a 5 ans, et que là se trouve son salut pour un second mandat. Ne court-il pas le risque de se faire dépasser par ceux-là même à qui il compte siphonner l’électorat ? A faire le jeu de l’extrême droite qui ravive l’ultra-droite, ne risque t-il pas de ne plus pouvoir éteindre les feux qu’il aura lui-même allumés ?

JBL



















PAR : JBL
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le 1 juin 2021 19:20:56 par Luisa

Macron ? Un adulescent ( ni adulte ni adolescent ) qui n’a jamais travaillé de sa vie et ne sait rien faire de ses dix doigts. Alors il s’amuse avec :
- la double contrainte qui rend fou : il le sait !
Ce « en même temps » chacun de nous peut vérifier au quotidien pluriel les dégâts causés, et
- le mépris vient s’ajouter avec « la Californie sans la mer » ! À mon avis, le gamin peut faire pire encore .....