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Chroniques du temps réel
par Justhom le 30 août 2025

Attention au Hold-up !

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« La nature a horreur des trop longs miracles. »
Albert Camus

Vous les anciens, « souvenez-vous », et vous les plus jeunes, voici un petit rappel historique afin que vous ne tombiez pas dans le piège que vous tendent les partis politiques et les syndicats.

Si vous souhaitez la réussite de la grève du 10 septembre prochain et surtout sa reconduction en un mouvement illimité, ne laissez pas les prédateurs syndicalistes et politicards de toutes obédiences s’immiscer dans cette grève.

La grève, c’est l’affaire des travailleurs et non celle des boutiquiers.

Il faut absolument que ces nuisibles et le personnel politique soient mis dans l’impossibilité de décider pour nous. Nous n’avons pas besoin de donneurs de leçons. Ils n’ont rien à faire dans nos manifestations.




D’autant que la vie chère, les atteintes aux libertés, la répression, les bas salaires, la casse des services publics, le chômage et l’austérité… Les crises sociale, politique, environnementale et financière, ce sont eux qui en sont les responsables, qu’ils soient de droite, de gauche, du centre…

Un petit rappel historique montre que faire confiance aux partis politiques, à leurs courroies de transmission, les syndicats, c’est l’échec assuré que les mouvements de grèves seront tués dans l’œuf.
Le but des politiques est de se servir des luttes sociales comme d’un tremplin pour accéder au pouvoir. Ils donnent l’illusion qu’ils soutiennent les mouvements sociaux. Mais lorsqu’ils sentent qu’ils échappent à leur contrôle, ils mettent tout en œuvre pour casser le mouvement.

C’est ainsi que : lors des grandes grèves de 1936, le grand révolutionnaire Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti communiste a déclaré le 11 juin 1936 « Il faut savoir terminer une grève. » Il est vrai que dans bon nombre d’entreprises, les travailleurs ne voulaient pas reprendre le travail. Ils souhaitaient prendre le contrôle de leur outil de travail.
Tous ces politicards de gauche comme de droite avaient senti le danger. Thorez, représentant du parti des travailleurs (sic) pour mieux les duper en se faisant le porte-parole de la classe politique, rajoute une louche en mettant en garde les travailleurs contre l’illusion que tout est possible !

En mai 1968, dans la nuit du 15 au 16 mai, les OS (Ouvriers Spécialisés) de l’usine Renault de Cléon, près de Rouen déclenchent la grève, occupent l’usine et se barricadent derrières les grilles. Cette grève spontanée n’était pas du goût de la CGT. Elle n’aura que quelques lignes dans le quotidien du Parti communiste, le journal l’Humanité, le 16 mai.
La CGT et le PCF prendront le train en marche et appelleront à la grève à l’usine Billancourt, un bastion de la CGT. Il s’agissait de reprendre la main.
Les étudiants se rendront à Billancourt pour apporter leur soutien aux ouvriers. Mais les militants cégétistes récuseront cette solidarité et empêcheront la fraternisation. Les éléments considérés comme perturbateurs, déviationnistes et complices avec le pouvoir devaient impérativement être évincés.
Ce qui n’a pas arrêté le mouvement de grève, bien au contraire. Il s’est transformé en une grève générale dès le 17 mai. Le PCF et la CGT se sont trouvés littéralement à la ramasse, et ce, jusqu’à la fin du conflit, en juin.
À partir de ce moment, le PCF et sa courroie de transmission n’ont eu de cesse que d’affaiblir le mouvement. Ils ne supportaient pas de perdre leur influence et leur hégémonie sur le mouvement ouvrier.

Quand la révolution est remplacée par la négociation et le compromis
Le 24 mai, le Parti communiste va s’engouffrer dans la négociation que recherche le Premier ministre.
Les accords issus de cette négociation : augmentation du SMIG de 38 %, des salaires de 10 %, en deux fois, le retour progressif aux 40 heures, le paiement des jours de grèves… serviront de prétexte au PCF et à la CGT pour déclarer que la grève n’avait plus de raison d’être.
Seulement, lorsque Georges Séguy s’est présenté devant les travailleurs de chez Renault Billancourt, ceux-ci ont rejeté l’accord et refusé de l’entériner aux cris : « Nous voulons continuer la grève » Bref, ils disaient « à bas les saboteurs. Nous sommes suffisamment adultes pour prendre notre destin sans que l’on nous tienne la main et que l’on pense pour nous. Nous voulons en finir avec ceux qui nous trahissent et nous maintiennent sous leurs rets. »
Ce n’est pas pour autant que le mouvement s’est arrêté :
- le 25 mai, l’ORTF est occupée, et ce, jusqu’au 12 juin ;
- le 7 juin, des incidents ont lieu aux usines Renault de Flins ;
- le 11 juin, les étudiants manifestent à Paris ;
- le 11 juin, de violents incidents se déroulent aux usines Peugeot de Montbéliard ;
- le 16 juin, la Sorbonne est évacuée ;
- les 23 et 30 juin, ont lieu les élections législatives qui se soldent par une victoire écrasante de la majorité présidentielle.
Voilà comment le mouvement revendicatif mené par les travailleurs est brisé dans son élan.

« La nature a horreur du vide »
Aristote

C’est vrai que depuis 1936 et 1968, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le Parti communiste est squelettique et sa compagne la CGT n’est guère mieux. Il en va de même pour l’ensemble de la classe politique et syndicale.
Le vide est sidéral : l’ensemble des syndicats ne représente que 8% des 30,6 millions de travailleurs, soit 2,448 millions d’adhérents. Autrement dit rien, ils ne sont donc pas légitimés pour nous représenter, parler en notre nom et signer des accords salariaux.
Le vide est abyssal : les candidats des partis politiques, lors du premier tour des élections présidentielles de 2022, prétendent représenter plus de 68 millions d’habitants, et légiférer en leur nom alors qu’ils ne sont que menus fretins, insignifiants. Sur plus de 47 millions d’inscrits, près de 12 millions se sont abstenus et les votes blancs ont été de 539.171.
Ce qui a fait un reste un peu plus de 34 millions de votants qui se répartissent de la sorte :
- Macron, 9 millions 860 voix, (27,84%)
- Le Pen, 8 millions de voix, (23,15%)
- Mélenchon, 7, 774 millions de voix, (21,95 %)
- Zemmour, 2, 5 millions de voix,(7,07 %)
- Pécresse, 1, 69 millions de voix, (4,78%)
- Jadot, 1, 6 millions de voix, (4, 63%)
- Lassalle, 1, 10 millions de voix, (3,13%)
- Roussel, 807 558 voix, (2,28%)
- Dupont-Aignan, 729 136 voix, (2,06%)
- Hidalgo, 619 836 voix, (1,75%)
- Poutou, 272 726 voix, (0,77%)
- Artaud, 198, 347 voix ( 0, 56%).

Il n’y a pas de quoi se glorifier et se prétendre grand démocrate quand on usurpe le pouvoir de la sorte.
Vous seriez bien inspirés si vous la mettiez en sourdine, mais comme ce n’est pas la modestie qui vous étouffe alors que vous ne représentez que peau de balle et balai de crin, vous ramenez votre fraise.
La nature a horreur du vide, les politicards également, mais ils en prennent l’habitude et l’habitude devient leur seconde nature.
Comme la nature a horreur du vide, alors engouffrons-nous dans ce vide et organisons-nous pour nettoyer les écuries d’Augias. Séparons-nous de tous ces corrompus pour occuper la place que nous aurions due toujours avoir et qui nous appartient de droit.
Nous autres anarchistes, nous nous battons contre le prêt-à-penser que vous voulez nous imposer.
Sachez que :
- nous ne sommes pas prêts à accepter que vous pensiez à notre place, vous les syndicalistes, les politicards, les curaillons, les milliardaires, les chefs d’entreprises…
- que nous avons un cerveau tout aussi bien fait que le vôtre et que nous n’aurons de cesse que de vous chasser du pouvoir.
Afin que la vermine et le chiendent que vous êtes et qui nous suce les sangs, nous fait suer sang et eaux, nous affame, se nourrit sur notre dos, nous exploite, porte atteinte à nos libertés soient totalement éradiqués…

Justhom
Groupe de Rouen
PAR : Justhom
Groupe de Rouen
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