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Chroniques du temps réel

par Pierre GERARD • le 10 octobre 2026
Hydrogène-mania : le capitalisme a trouvé sa molécule miracle
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Critique du techno-solutionnisme à l’appui d’une enquête sur la molécule totem H₂
Il y a des mots qui finissent par devenir des talismans. Des mots que l’on agite pour conjurer les contradictions du présent et éviter de poser les questions qui fâchent. Aujourd’hui, dans les discours industriels et gouvernementaux sur la « transition énergétique », ce mot pourrait bien être hydrogène.
H₂ est partout. Face au changement climatique catastrophique en cours, lié à l’accumulation dans l’atmosphère de gaz à effets de serre liée aux activités humaines, les dirigeants nous promettent des voitures propres, des camions propres, des avions propres, de l’acier propre, des usines propres et même, à terme, une économie propre. Le tout sans renoncer à la croissance, à la mondialisation des échanges, à l’augmentation des mobilités et à la puissance industrielle.
Une molécule, donc, et un miracle : continuer comme avant, mais en vert.

Dans Hydrogène Mania, une enquête sur le totem de la croissance verte, paru en 2024 au Passager clandestin, Aline Nippert entreprend de regarder derrière cette promesse. Son enquête de 300 pages montre comment H₂ est devenu bien davantage qu’un simple outil technique : une véritable molécule-totem autour de laquelle se cristallisent les espoirs d’une transition énergétique qui voudrait surtout ne rien changer à la logique économique dominante.
Et c’est bien là que commence notre problème.
Crise énergétique, mais surtout crise politique
La question énergétique n’est pas une question d’ingénieurs.
Elle détermine ce que nous pouvons produire, où nous pouvons le produire, comment nous nous déplaçons, comment nous nous chauffons, quelles infrastructures nous construisons et quelles ressources nous arrachons aux territoires. Elle est donc une question profondément politique.
Notre société industrielle repose sur une consommation gigantesque d’énergie et de matières. Depuis deux siècles, le capitalisme a bénéficié d’un accès toujours plus massif à des sources d’énergie concentrées : charbon, pétrole, gaz, nucléaire, et désormais, des installations industrielles gigantesques pour la production d’énergie renouvelable.
Mais nous savons aujourd’hui que cette fuite en avant rencontre des limites physiques. Le changement climatique en est l’une des manifestations les plus évidentes. À cela s’ajoutent l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement de certaines ressources, les pollutions, l’artificialisation des sols et la multiplication des conflits autour de l’accès aux matières premières.
Face à cette situation, deux grandes orientations sont possibles.
La première consiste à remettre en cause les quantités produites et consommées : produire moins, transporter moins, consommer moins de ressources, et décider collectivement de ce qui est réellement nécessaire.
La seconde consiste à conserver autant que possible le niveau actuel de production et de consommation, mais en changeant les technologies utilisées.
C’est cette seconde voie que porte la « croissance verte ».
Et l’hydrogène en est devenu l’un des emblèmes, comme les énergies renouvelables ou le nucléaire peuvent, dans une certaine mesure, s’y apparenter.
Pour développer le secteur de l’Hydrogène, l’Union européenne est prête à verser des dizaines de milliards d’Euros pour servir les intérêts des lobbyistes industriels.
Il n’existe pas d’énergie magique
Commençons par dégonfler le mythe : l’hydrogène n’est – globalement - pas une source d’énergie. Il n’est pas comparable au soleil, au vent, au pétrole ou au charbon. C’est un vecteur énergétique : il faut dépenser de l’énergie pour le fabriquer, sauf exception avec l’Hydrogène « blanc » que l’on ne trouve qu’en quantité infime à l’état naturel et d’ailleurs très difficile à exploiter.
En règle générale, on produit H₂ à partir de gaz naturel, de charbon ou d’électricité. Et suivant le procédé utilisé, le bilan climatique n’a évidemment rien à voir.
Aujourd’hui, l’hydrogène industriel est très majoritairement fossile. Une grande partie est produite à partir de gaz naturel ou Méthane CH4 par vaporeformage, procédé qui rejette d’importantes quantités de CO₂. Rappelons que H2 est déjà là : les géants mondiaux de la chimie Linde, Air Liquide, Air Product, fabriquent aujourd’hui 100 millions de tonnes de H2 par an, nécessaire pour le secteur industriel. Les processus de production de H2 à base d’énergie fossile ont rejeté 900 millions de tonnes de CO2, soit 3% des émissions mondiales, soit autant que le transport aérien.
Voilà déjà un premier paradoxe : la molécule présentée comme l’un des carburants de la transition est aujourd’hui largement fabriquée grâce aux énergies fossiles.
Alors on nous répond : il faut produire de « l’hydrogène vert ».
Cette fois, l’électricité renouvelable sert à séparer l’eau H2O en hydrogène et oxygène grâce à l’électrolyse. Sur le papier, le raisonnement semble imparable : soleil ou vent → électricité → hydrogène → énergie sans carbone. Sauf qu’entre le soleil et l’usage final, nous avons ajouté une machine et plusieurs transformations. Et à chaque transformation, une partie de l’énergie disparaît sous forme de pertes.
Pourquoi convertir une électricité en hydrogène pour ensuite reconvertir l’hydrogène en électricité, lorsqu’il est possible d’utiliser directement cette électricité ?
La question n’est pas anodine. Elle permet de distinguer deux choses que les discours industriels mélangent volontiers : décarboner certains usages grâce à l’hydrogène, et utiliser l’hydrogène pour maintenir tous les usages existants.
Ce ne sont pas les mêmes ambitions.
Un peu moins que 50 nuances de couleurs du capitalisme vert
Gris, bleu, blanc, noir, vert, rose, turquoise… Selon ces usages, mais surtout méthodes de production, l’hydrogène a désormais ses couleurs. On pourrait presque croire à une révolution esthétique.
Mais derrière ce nuancier, une réalité demeure : il faut toujours produire la molécule et donc mobiliser de l’énergie et des infrastructures.
L’hydrogène bleu, par exemple, consiste à produire de l’hydrogène fossile tout en captant une partie du CO₂. Voilà comment une industrie gazière peut se présenter comme actrice de la transition sans renoncer à son modèle économique.
Le problème ne se résume d’ailleurs pas au CO₂. L’extraction, le transport et l’utilisation du gaz naturel ou méthane CH4 s’accompagnent régulièrement de fuites de ce puissant gaz à effet de serre.
Quant à l’hydrogène vert, il n’est évidemment pas immatériel.
Pour produire massivement de l’électricité renouvelable, il faut des éoliennes, des panneaux solaires, des lignes électriques, des électrolyseurs, des compresseurs, des réservoirs, des canalisations et des installations portuaires. Et pour construire tout cela, il faut des minerais.
Beaucoup de minerais.
Acier, cuivre, aluminium, silicium et autres matériaux sont nécessaires à cette nouvelle infrastructure énergétique. Il faut donc extraire, transformer, transporter.
Le « vert » ne supprime pas l’extractivisme. Il peut simplement en déplacer les formes et les territoires.
Mais à quoi sert réellement H₂ ?
Nous ne prétendons pas que cette molécule serait inutile, il existe des usages industriels pour lesquels elle peut effectivement jouer un rôle.
Le premier est même un usage actuel : le raffinage du pétrole.
L’hydrogène sert notamment à désulfurer les carburants. Le comble, c’est que la molécule censée nous faire sortir du pétrole contribue aujourd’hui à faire fonctionner l’industrie pétrolière, alors que le secteur du transport routier est responsable de 11 % des émissions totales de CO2 !
Autre usage majeur : l’ammoniac, indispensable à la fabrication des engrais azotés.
Là encore, produire l’hydrogène nécessaire à partir d’une source bas-carbone pourrait réduire les émissions du procédé.
Mais cela ne règle pas une autre question : quel modèle agricole voulons-nous ?
Produire des engrais plus « propres » ne remet pas en cause l’agriculture industrielle, les excédents d’azote, la concentration des élevages ou les pollutions atmosphériques avec les particules fines ou des cours d’eau qu’ils entraînent.
La technologie peut rendre un système moins émetteur de CO2 sans pour autant rendre ce système désirable. C’est une distinction essentielle.
L’acier, un cas différent
La sidérurgie constitue probablement l’un des arguments les plus sérieux en faveur de H₂.
Aujourd’hui, une partie importante de la production d’acier repose sur le charbon. Dans certains procédés, l’hydrogène pourrait remplacer le carbone comme agent réducteur du minerai de fer. Ici, l’hydrogène répond à un problème industriel réel.
Mais même dans ce cas, une question demeure soigneusement évitée : combien d’acier voulons-nous produire ?
Car une partie considérable de la production industrielle sert à construire les infrastructures d’une économie qui produit toujours davantage. Toujours plus de véhicules, de bâtiments, de marchandises, d’équipements.
On peut donc chercher à produire de l’acier sans carbone. Mais on peut aussi se demander pourquoi nous en produisons autant.
La première question relève de l’ingénierie. La seconde relève de la politique.
Et si nous arrêtions de vouloir tout sauver ?
C’est précisément ce qui devient gênant avec l’hydrogène.
Le récit dominant ne propose pas de choisir. Il propose de tout conserver, voire de continuer la croissance, grâce à H2.
Les transports routiers, l’aviation, l’industrie, le chauffage, le stockage de l’électricité ? => H₂.
À chaque problème, sa molécule.
Mais lorsqu’on regarde les usages un par un, le château de cartes se fragilise.
Pour une voiture particulière, utiliser de l’électricité pour fabriquer de l’hydrogène, puis utiliser celui-ci dans une pile à combustible pour produire à nouveau de l’électricité destinée au moteur implique davantage de pertes que l’utilisation directe d’une batterie électrique.
Pour chauffer un logement, transformer de l’électricité en hydrogène avant de le brûler dans une chaudière est encore plus difficile à justifier lorsque des solutions électriques directes existent.
Pour certains usages industriels lourds, en revanche, l’hydrogène peut être pertinent.
Tout l’enjeu est donc de distinguer les usages où H₂ peut être difficilement évitable de ceux où il sert surtout à ne pas changer nos habitudes.
Le rêve de l’avion propre
L’aviation résume à elle seule la logique du techno-solutionnisme.
C’est alors qu’apparaissent les avions à hydrogène, les carburants de synthèse fabriqués à partir d’hydrogène, les nouveaux réacteurs et les promesses de neutralité carbone.
Mais l’hydrogène est une molécule extrêmement légère, inflammable et volumineuse. Le stocker dans un avion suppose des réservoirs adaptés et, dans le cas de l’hydrogène liquide, des températures proches de -253 °C.
Il faudrait donc modifier profondément les avions et les infrastructures aéroportuaires.
Et surtout, une question simple reste posée :
Pourquoi vouloir absolument décarboner l’augmentation du trafic aérien plutôt que réduire ce trafic ?
80 % des habitants de cette planète n’ont jamais pris l’avion, et pourtant, le trafic aérien double tous les 15 ans. Les 1% les plus riches de la planète sont responsables de la moitié de la pollution de l’aviation.
Ne faudrait-il mieux pas diminuer le trafic aérien plutôt que de chercher à le rendre propre ?
Voilà ce que le techno-solutionnisme permet : il transforme une question politique — faut-il faire cela ? — en question technique : comment faire cela autrement ?
Une transition qui nécessite des territoires, à l’international
La promesse hydrogène ne s’arrête pas aux frontières européennes.
L’Europe veut produire de l’hydrogène chez elle, mais elle imagine aussi en importer de régions disposant de davantage de soleil, de vent ou de ressources en métaux rares. C’est là que le discours sur la transition rencontre celui de l’extractivisme. Il ne suffit pas de regarder la couleur du kilowattheure produit. Il faut regarder le territoire où il est produit.
Qui possède les infrastructures ? Qui décide ? Qui travaille ? Qui bénéficie des profits ? Qui supporte les nuisances ? Qui perd l’accès à la terre ou aux ressources ?
Le projet géant de production d’Hydrogène vert CEOG a ainsi suscité des mobilisations en Guyane, tandis que d’autres projets envisagent de transformer d’importantes capacités renouvelables d’autres régions du monde (Kazakhstan, par exemple) en hydrogène destiné aux marchés européens.
La logique peut devenir terriblement familière : les ressources sont ailleurs, les infrastructures sont imposées, la consommation est ici, les profits circulent vers les mêmes acteurs.
Le changement de couleur de l’énergie ne suffit pas à abolir les rapports de domination ni le colonialisme.
Le mythe du « découplage »
Au fond, le projet hydrogène repose sur une promesse beaucoup plus ancienne : celle du découplage, qui entend faire croître l’économie (et le PIB !) tout en réduisant ses impacts en termes de destruction de l’environnement.
Continuer à produire davantage, mais plus efficacement. Continuer à voyager, mais avec des carburants propres. Continuer à construire, mais avec des matériaux décarbonés. Continuer à consommer, mais avec des objets « écoresponsables ». Pour des patrons, c’est séduisant, mais c’est aussi une manière de ne jamais interroger la quantité.
Or, les gains d’efficacité ne suffisent pas nécessairement lorsque les volumes continuent d’augmenter. Quand une voiture consomme moins de carburant, nous roulons davantage. Une infrastructure est plus efficace ? Nous multiplions les usages. C’est le mécanisme de l’effet rebond.

L’histoire énergétique récente montre d’ailleurs que les nouvelles sources d’énergie ne remplacent pas les anciennes. Elles s’y ajoutent. Comme le démontre le Directeur de recherche au CNRS Jean-Baptiste Fressoz dans Sans Transition, une nouvelle histoire de l’énergie, la « transition énergétique » est un leurre, elle n’a jamais existé.
Le charbon n’a pas disparu avec le pétrole. La consommation de charbon a même augmenté plus vite que celle de pétrole ces dernières décennies. Le pétrole n’a pas disparu avec le gaz. Les renouvelables ne font pas disparaître les fossiles. Pourquoi l’hydrogène ferait-il exception ?
La question du pouvoir
C’est ici que l’écologie rejoint directement la critique anarchiste. Car demander « quelle technologie ? » ne suffit pas. Il faut demander qui décide ?
Qui décide de construire une nouvelle centrale, une ferme solaire, un parc éolien, un pipeline ou un terminal d’importation, de maintenir une usine, de produire davantage d’acier, du nombre d’avions, de voitures et de camions nécessaires ?
Aujourd’hui, ces décisions sont largement prises par des États, des multinationales, des investisseurs et des institutions économiques qui n’ont pas pour objectif la satisfaction des besoins humains ou les limites écologiques. Leur objectif est la rentabilité et l’accumulation du capital.
Dans ces conditions, même une technologie réellement utile peut être mise au service d’une logique qui ne l’est pas. Le problème n’est donc pas la technologie en elle-même. Le problème est le système social qui décide de son usage.
La décroissance n’est pas une austérité
À ce stade, le mot « décroissance » apparaît inévitablement.
Mais il faut être clair sur ce qu’il signifie : il ne s’agit pas de demander aux classes populaires de se serrer encore la ceinture pendant que les plus riches continuent à voyager en jet privé et à accumuler des résidences secondaires. Il ne s’agit pas de miser sur la culpabilisation individuelle, alors que la publicité incite à consommer davantage. Il ne s’agit pas de demander à chacun de devenir un consommateur parfait dans un système qui organise précisément la surconsommation.
La décroissance que nous défendons est d’abord une question de répartition et de choix collectifs.
Réduire certaines productions inutiles (les milliards de gadgets en plastique, par exemple). Arrêter les productions nuisibles (du complexe militaro-industriel par exemple). Maintenir et développer ce qui répond aux besoins essentiels. Réduire les transports de marchandises inutiles. Développer les transports collectifs. Rénover plutôt que démolir. Réduire la place de l’automobile. Sortir de l’agriculture industrielle. Produire des objets réparables et durables. Et décider collectivement de ces transformations.
Il ne s’agit pas de revenir à la bougie des amish chers à notre très cher Président Macron.
Il s’agit de sortir d’une société qui brûle toujours davantage de ressources pour produire toujours davantage de marchandises, dont une partie ne répond même pas à des besoins réels. Avec les conséquences que l’on connaît : développement des cancers, destruction des écosystèmes, course au profit...
L’hydrogène ne nous sauvera pas
Alors, faut-il jeter l’hydrogène aux oubliettes ?
Non, il pourra probablement jouer un rôle dans certains secteurs industriels difficiles à électrifier directement. Il serait absurde de nier cette possibilité. Mais il faut refuser qu’un outil devienne un projet de société.
L’hydrogène ne nous dit rien de ce que nous devons produire : il ne nous dit pas qui doit décider. Il ne nous dit pas pour qui nous travaillons. Il ne nous dit pas quelle quantité de marchandises nous devons fabriquer. Il ne nous dit pas combien d’avions doivent décoller chaque jour. Il ne nous dit pas combien de voitures doivent encombrer nos villes. Il ne nous dit pas quelle agriculture nous voulons. Il ne nous dit pas quel rapport nous voulons entretenir avec les territoires et le vivant.
Toutes ces questions sont politiques.
Et c’est précisément pour cela que le techno-solutionnisme est si confortable : il permet de faire comme si elles ne l’étaient pas.
On nous présente les choix d’hydrogène gris, bleu, vert ou rose.... Mais peut-être faudrait-il commencer par choisir entre plusieurs manières d’organiser la société.
Une société où les décisions restent entre les mains de celles et ceux qui possèdent les capitaux et contrôlent les infrastructures. Ou une société où la production est décidée collectivement en fonction des besoins et des limites écologiques.
Une société où l’on cherche sans cesse une nouvelle technologie pour maintenir l’accumulation. Ou une société qui accepte de renoncer à certaines productions pour rendre possible une vie digne et désirable pour toutes et tous.
C’est finalement la véritable question derrière l’hydrogène.
Pas : quelle technologie permettra de sauver la croissance ?
Mais : de quelle croissance voulons-nous nous débarrasser ?
Car aucune molécule, aussi légère soit-elle, ne pourra résoudre une contradiction politique.
On ne peut pas produire et consommer toujours davantage sur une planète finie.
Et si nous voulons réellement éviter la catastrophe écologique, il faudra probablement faire quelque chose de beaucoup plus difficile que changer de carburant : changer de société .
La causerie populaire tenue au local La Commune le 16/09 intitulée "Crise énergétique et désastres environnementaux: peut-on faire confiance à la "transition écologique" et aux solutions technologiques?" écoutable ici https://youtu.be/wh4FQGAis0s
PAR : Pierre GERARD
Groupe La sociale FA de Rennes
Groupe La sociale FA de Rennes
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