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par Patrick Schindler • le 1 avril 2026
Que nous propose le rat noir pour ce court mois de février ?
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Février international avec ce cri des femmes iraniennes : Nous n’avons pas peur de Nathalie Amiri et Düzen Tekkal. Argentine : Fictions, dix-sept nouvelles de Jorge Luis Borges. Italie : Le sublimissime Baron perché d’Italo Calvino. Suède : Notre besoin de consolation est insatiable de Stig Dagerman. Et enfin, France : Nous sommes tous des minorités de Juliette Speranza.

« C’est parce qu’elle se voit sans avenir que notre génération est prête à se sacrifier »…

Dans cette nouvelle édition de Nous n’avons pas peur, le courage des femmes iraniennes (éd. Du Faubourg), Jafar Panahi nous livre son sentiment sur l’avenir du mouvement iranien Femmes, Vie, Liberté (FVL). Un cri populaire lancé en 2022, à la suite du meurtre de Mahsa Amini qui, comme l’affirme le cinéaste iranien lors de son transfert de prison « a transformé la vie de Téhéran. Des femmes non voilées arpentaient les rues, intrépides et tandis que la guerre plane sur la région, la population refuse de reculer »…
Les deux journalistes engagées Natalie Amiri (germano-iranienne) et Düzen Tekkal (kurde Yézidie), nous expliquent ensuite d’une même voix dans quel objectif elles ont réalisé ces seize interviews représentatives de femmes iraniennes « ayant trop longtemps souffert en silence ».
« Nous avons parlé avec elles, vu leurs larmes, témoigné de leur passion pour la liberté et de leur fierté afin que l’occident ne puisse plus dire : Je ne savais pas ! » Les auteures ajoutent « afin qu’il n’y ait plus de conflits entre Perses contre Kurdes, Kurdes contre Boloutches, etc. Plus de violences contre les femmes ou de génocides comme ceux dont été victimes les minorités Yézidis, Baha’ies ou Lors »…
Petit résumé du parcours de ces seize femmes interviewées et deux ou trois phrases résumant leurs colères.
- C’est d’abord l’actrice Golshifteh Farami (née en 1983) qui nous explique comment, après une enfance marquée par les conflits, elle décida de s’habiller en garçon pour se promener librement et de se raser la tête, après avoir été attaquée et brûlée à l’acide dans la rue. Enfermée durant sept mois, elle choisit alors l’exil « En Iran, j’avais compris très tôt l’oppression que représentait le voile quand il m’interdisait de faire du vélo. Mais à l’étranger, je reste toujours une étrangère. »
- Ghazal Abdellali, photographe est née en 1994. Surprise devant sa fac avec son hijab mal ajusté, elle fut empêchée de terminer ses études. « Le voile, j’avais honte de le porter ». Elle participa alors au mouvement FVL, mais « 90 % de mes amies ont été frappées ou arrêtées ». Elle aussi a choisi l’exil et nous confie : « le plus dur pour moi a été de comprendre qu’en Allemagne je pouvais parler librement » !
- Paraston Foruhar, artiste activiste née en 1962 nous explique entre autres, pourquoi chaque année, elle prend le risque de retourner en Iran « afin d’honorer la mémoire de mes parents assassinés pour raisons politiques durant la répression des brutales années 1980 et pour exiger que tous les meurtres d’opposants soient élucidés ».
- Shohreh Bayat, joueuse d’échec internationale, est née en 1987. Violemment calomniée par les médias officiels iraniens parce que son foulard était mal ajusté durant un tournoi en Orient, elle n’a plus jamais osé rentrer dans son pays « Comment peut-on négocier avec ceux qui ont tué notre peuple, nos frères, nos sœurs. La brutalité de ce régime est infinie ».
- Shila Behjat, journaliste activiste baha’is (une des minorités persécutées) en née en 1982. Elle vit en Allemagne et a écrit sur Tahereh Qurrat, première poétesse militante persane baha’ie féministe du début XIXème « La révolution féministe actuelle en Iran est pour moi quelque chose de grandiose, un des moyens à contourner la répression ».
- Ani, 37 ans a caché son visage sur la photo car elle vit en Iran. Arrêtée et battue par la police des mœurs, en apprenant la mort de Mahsa Amini (kurde comme elle), bien que souffrante, elle ne put s’empêcher d’aller à ses funérailles, malgré les risques.
- Nargess Eskandari, psychothérapeute, née en 1965 à Téhéran est une opposante aux Mollahs. Elle a donné naissance à sa fille en prison et s’est exilée en Allemagne en 1985, où elle exerce des responsabilités municipales pour les Grünen « Mon engagement féministe et pour les Droits humains ne m’a jamais quitté durant toutes ces années ».
- Fariba Balouch, enseignante, vit aujourd’hui à Londres. Elle nous fait partager le quotidien des Baloutches (5% de la population iranienne), confrontés à la discrimination, aux viols « Je n’arrive jamais à en parler sans pleurer »…
- Rita Yahan-Farouz, chanteuse née en 1962 de parents juifs séfarades, vit en Israël. Elle évoque les années d’enfance durant lesquelles avant l’exil, elle devait absolument cacher son origine considérée comme « impure ». « En Israël, je chante les femmes iraniennes, ces héroïnes avec tout le drame et la chaleur de mes racines persanes ».
- Jasmin Shakeri est née à Berlin de parents iraniens. Elle nous relate une conversation bouleversante qu’elle a eue, non sans difficultés techniques, avec un ami iranien et sa conclusion « L’époque où l’on pouvait jouir du privilège de se raire ou de détourner le regard est révolue » !
- Shirin Ebadi (1947) juge avocate harcelée pour ses convictions politiques avant son exil à Londres en 2009, attire notre attention sur les conséquences de la loi islamique pour les femmes iraniennes, yéménites, syriennes, irakiennes et libanaises et sur « l’attitude des redoutables Gardiens de la république islamique : ces terroristes. Pour nous une révolution, c’est comme un train qui ne s’arrête pas avant le terminus. Et son terminus pour nous, c’est la chute du régime ».
- Nasih Alinejad (1976) réfugiée politique aux États-Unis « Pour une femme, vivre en Iran, c’est l’enfer : le gouvernement a peur des femmes, mais aux USA je dois aussi combattre la peur et le risque quotidien d’être enlevée par des agents islamistes ».
- Narges Mohammadi (1972), ingénieure, a été arrêtée en tant que militante au Centre de la Défense des Droits humains et croupit toujours en prison, malgré son prix Nobel de la paix obtenu en 2023. Dans ses lettres écrites en prison, elle nous alerte sur la situation des femmes emprisonnées et harcelées sexuellement « Nous continuerons à ne pas céder et ceci jusqu’à la victoire » !
- Nazanin Boniadi (1979), fille d’une mère activiste et vivant à Londres a décidé de mettre sa notoriété au service d’Amnesty International GB et nous crie « derrière chaque personne assassinée, des milliers se lèveront. Je ne voulais pas porter sur la tête quelque chose que je refusais. Les vraies causes du « problème iranien » : c’est son régime et il faut que les occidentaux cessent de le sauver »…
- Nasrin Sotoudeh (1963), avocate journaliste incarcérée en 2010 et 2018, a été interviewée par les auteures durant sa liberté conditionnelle. Elle leur a raconté ce qu’elle a vu dans la rue et en prison. Certains passages ont été supprimés par peur des représailles…
- Enfin, Leily, 26 ans, anonyme a tout perdu en un mois : travail, amies et sa tranquillité d’esprit. « L’idée d’être incarcérée est mon pire cauchemar. En prison on meurt à chaque instant, nous ne sommes même pas au courant d’un millième des actes de violence dont sont victimes nos compatriotes ».
Pour conclure : Baraye, chanson de Shervin Hajipour devenue l’hymne à la liberté depuis le début du soulèvement en Iran :
l’occasion d’un premier passager clandestin...
Barāye zan, zendegi, āzādi
Jorge Luis Borges : Fictions
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Jorge Luis Borges est né 1899 à Buenos Aires dans une famille bourgeoise originaire d’Europe. Après la Première Guerre mondiale, la famille rentre en Argentine et Borges s’engage dans de multiples activités culturelles : il fonde des revues, traduit notamment Kafka, Faulkner et publie poèmes et essais. En 1938, il obtient un emploi dans une bibliothèque municipale de Buenos Aires. C’est à cette époque qu’il écrit Pierre Ménard, auteur du Quichotte, son premier conte fantastique. Il perd son emploi en 1946, en raison de ses positions contre la politique péroniste, et devient inspecteur des lapins et volailles sur les marchés publics ! Borges n’est découvert par la critique internationale que dans les années 50 et ne sera reconnu qu’au début des années1960. En 1955, le gouvernement « révolutionnaire » militaire, qui chasse Juan Perón du pouvoir, nomme Borges devenu aveugle, directeur de la bibliothèque nationale bien que plusieurs nouvelles de Fictions écrites dix ans auparavant pouvant être lues comme des dénonciations du totalitarisme. En 1976, il serre la main du général Pinochet ce qui, selon sa veuve, lui coûta le prix Nobel de la littérature. Il le regrettera amèrement par la suite, qualifiera alors les années de dictature argentine de « désastreuses » et accueillera favorablement le retour à la démocratie.
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Pour donner une petite idée de l’univers si particulier de Jorge Luis Borges où seule l’imagination est reine, nous avons choisi quelques-uns des contes les plus marquant dont le premier dans lequel le narrateur nous explique que, tandis qu’il dinait avec un ami, ils découvrirent au fond d’un couloir « un miroir qui nous guettait. Or, les miroirs ont quelque chose de monstrueux car, un des hérésiarques d’Uqbar avait déclaré que miroirs et copulation étaient abominables car ils multipliaient le nombre des hommes »… C’est à partir de cette formule que nous allons partir à travers une foule de documents et encyclopédies - à l’appui de pensées de Spinoza et de Schopenhauer - sur les traces « d’un pays oublié où les peuples sont congénitales idéalistes et conçoivent l’univers comme une série de processus mentaux se développant ou se dédoublant successivement dans le temps selon les besoins poétiques » !
Le conte suivant Al-Mutasim, pourrait se targuer d’être le premier roman policier mythique tout en faisant un clin d’œil à l’Ulysse de James Joyce et aux romans de Rudyard Kipling.
Petit plongeon ensuite dans la vie d’un écrivain français qui tente d’incarner Miguel de Cervantes dans une version révisée, plus moderne, voire… plus subtile ?
Une autre nouvelle met en scène « un homme venant d’un village "non-contaminé par le grec" et où la lèpre était rare, aspirant à conjurer un être humain par le seul pouvoir de ses rêves ». Et si c’était le rêveur qui était lui-même rêvé ?
Nous partons ensuite pour Babylone « où c’est la loterie commandée par une compagnie et partie essentielle du réel, qui dicte les vies de ses citoyens selon les variations de ses règles ».
Nous sommes ensuite invités à découvrir les mystères de l’œuvre d’Herbert Qain, un écrivain venant de décéder et qui considérait que « la bonne littérature était assez commune et que c’était à peine si le dialogue de la rue ne la valait pas » … Toujours à Babylone : et si la bibliothèque de Babel était une bibliothèque « infinie », composée de galeries hexagonales proposant des livres dits impénétrables et jonchées de chercheurs et érudits « en quête du livre total » ?
L’histoire suivante est celle d’un espion chinois qui durant la Première guerre mondiale espère transmettre un secret aux Allemands mais, la rencontre inattendue avec un sinologue va contrarier son plan d’une manière tout-à-fait imprévisible.
Ces dix-sept petites histoires bousculent les formes narratives traditionnelles, à la fois doctes et plus fantasques les unes que les autres. Elles relèvent de la même dynamique labyrinthique en forme de puzzles dans lesquels il est bon perdre au fil des pages, notre esprit rationaliste. Identités fragmentées, interactions entre temps et mémoire, où s’arrête la réalité « infinie » et où commence la fiction ? Surtout comme quand inopinément, au détour d’une ligne, un des narrateurs lâche un énigmatique « Parler, c’est tomber dans la tautologie. Toi, qui me lis, es-tu sûr de comprendre ma langue ? » !
Italo Calvino : Le baron perché
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Italo Calvino nait à Santiago de las Vegas (Cuba) en 1923, d’un père anarchiste dans sa jeunesse et d’une mère botaniste et pacifiste. En 1925, la famille retourne en Italie, alors mussolinienne, et s’installe définitivement à Sanremo, où le jeune Italo grandit et reçoit une éducation laïque et antifasciste donnée par ses parents libres-penseurs et républicains francs-maçons. Les vastes forêts et la faune luxuriante ligurienne de son enfance sont omniprésentes dans les premières fictions de Calvino comme Le Baron perché. Lui et son frère Floriano grimpant dans les arbres adoraient restés perchés des heures sur les branches en lisant leurs histoires d’aventures préférées…. Jeune homme, Calvino refuse de faire son service militaire et se cache avant de s’engager dans la résistance communiste. De retour à l’université, il est initié au monde littéraire par Elio Vittorini. En 1957, désabusé par l’invasion soviétique de la Hongrie en 1956, Italo Calvino quitte le Parti communiste italien. En 1968, installé à Paris il rencontre Raymond Queneau, Roland Barthes, Georges Perec, Lévi-Strauss, etc.
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Il se trouve que la veille de ce jour fatal, Baptiste « qui en matière de cuisine laissait libre court à son aigreur » avait décidé de cuisiner des escargots. A cette nouvelle, ses deux frères avaient pris en pitié ces pauvres limaçons et avaient tenté de les libérer. Malheureusement, Baptiste s’en était aperçu et leur servir ce lendemain midi, triomphante, un potage aux escargots suivi d’une entrée aux colimaçons !... Côme refusa alors radicalement de les avaler et muni de son tricorne et de sa petite épée, couru se réfugier en haut d’une yeuse, leur arbre préféré et refusant catégoriquement d’en redescendre.
Côme tint parole et y resta… 52 années durant lesquelles, Blaise va se transformer en scribe et nous raconter au jour le jour, les journées du « haut perché » auquel il apporte en douce, vivres, biens matériaux et culturels. La famille est aux abois. Comment faire redescendre Côme de son perchoir ? Organiser une battue ? avoir recours à un exorciste ? s’en remettre à l’art militaire maternel ou tout bonnement à la perfidie de Baptiste ? Au fil du temps, les ardeurs familiales vont se dissiper, l’abbé va même lui donner d’en bas ses leçons de latin. Du haut de ses cimes, Côme va faire de surprenantes rencontres. A commencer par Violette, la troublante petite voisine crâneuse. Sans trop en dévoiler, il croisera également un chat sauvage, fera la connaissance du fameux brigand, Jean des Bruyères, une espèce de Robin des Bois qui au contact de Côme s’éprendra de littérature ! Bref, notre sauvageon « habillé de fourrures de la tête aux pieds » finira par se lier - outre un basset surnommé Optimus Maximus qui va devenir son fidèle complice - avec tous les laissés-pour-compte de la région : paysans, nomades, francs-maçons. C’est ainsi que sa réputation va se répandre dans toutes les cours d’Europe !
Dans ces pages débordant de cocasseries et chargées d’un humour ravageur, nous trouverons nombre de traces autobiographiques laissées par Italo Calvino qu’il confiera bien après la publication de son ouvrage aux critiques comme par exemple, la grande complicité qui le liait à son frère Floriano ainsi que l’incapacité de communiquer avec son père « alors que tous deux étions pourtant de nature très prolixe »…
Mais le génie de Calvino ne se limite pas à son vécu, truffant son roman de moultes références historiques donnant quelque idée de sa grande érudition. Aussi fera-t-il vivre Côme aux temps de la Révolution française lors du passage de Napoléon en Italie, puis à l’époque de la domination autrichienne. Mais ce n’est pas tout car Blaise notre narrateur n’épargnera pas de nous parler des essais de correspondance de son frère avec Denis Diderot, Jean-Jacques Rousseau et même un certain Voltaire… Un livre aérien !
Stig Dagerman : Notre besoin de consolation est insatiable
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Dix-sept de ses textes parus écrits pour la plupart à la demande de la presse et de la radio suédoise y sont rassemblés. Dans la notule, Alain Gnaedig nous précise - avant de parcourir la vie et l’engagement de Dagerman - que Notre besoin de consolation, le titre de ce petit volume, qui « est issu d’un petit texte au milieu d’une production riche et foisonnante », est issu d’un livret d’une demi-douzaine de pages seulement publié en France en 1981.
Les textes qui y sont insérés sont pour le préfacier « le reflet de sa vision hyperréaliste, voire parfois désespérée du monde et pourrait se résumer dans sa formule comme étant "l’art d’arriver en retard et le plus tôt possible" » !
Le premier article nous plonge dans l’introspection d’un écrivain de vingt-huit ans, on y devine Dagerman en personne « que ses succès littéraires laissent impuissants face au vide existentiel ». Sans évidemment deviner quelle fin lui réservera l’avenir trois ans plus tard, Stig écrit déjà comme une prémonition « La mort peut apparaitre comme une consolation pour une vie ratée. Il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de notre liberté » ! Si le recueil commence très fort, ne nous laissons pas décourager pour autant et poursuivons pour essayer de comprendre à la lecture des textes suivants pourquoi Dagerman - qui aurait pu être un homme comblé ayant toutes les qualités, talent, engagement, succès, vie sentimentale et familiale réussies - après une vie passée à essayer de comprendre et à analyser, prit sa décision fatale.
- Dans le texte suivant destiné à la radio après le décès de Gustave V, on découvre un Stig qui n’y va pas de main morte pour dénoncer le jeu du gouvernement suédois « qui a organisé le chagrin national, afin de construire un mythe foulant au pied le sens premier antique du terme démocratie »… Délicieux !
- Un peu plus loin, dans une analyse très argumentée Dagerman passe en revue pour les contredire, les différents arguments avancés par les détracteurs de l’anarchisme, notamment ceux ayant sévi dans l’Espagne de 1936, jusqu’à ceux qui s’en étaient pris à l’anarcho-syndicalisme dans les pays latins.
- Ailleurs, nous découvrons La terreur communiste en Bulgarie, un discours de 1947, vive protestation à la suite de l’exécution de Nicolas Petkov « processus qui outre avoir supprimé un être humain visait également à supprimer la liberté individuelle de penser, d’agir et de croire ». Stig n’épargnant pas au passage, l’attitude « dite neutre » de la Suède durant le nazisme. - Dagerman conclue après avoir répondu à la question Croyons-nous en l’être humain ? posée dans la Revue des coopératives suédoises et après un long développement : « Je crois que l’ennemi de l’homme est la non-organisation qui le prive du sentiment de sa responsabilité envers ses semblables »….
– Un autre texte s’interroge sur l’efficacité des pétitions qui se termine ainsi : « Il le faut ne serait-ce que pour quelque chose d’aussi fragile qu’un témoignage de sympathie posé sur un simple morceau de papier ». Stig nous livre sa réflexion à la suite de l’Appel de Stockholm en 1950, après le conflit des deux Corées en réaction à la menace nucléaire qui pour lui, « fait preuve d’une timidité presque illimitée face à la réalité » !
- Concernant à présent le débat Est/Ouest, Stig pose cette simple question « De quel côté désirez-vous mourir ? Aux côtés de Nègres de ghettos côtoyant des communistes américains inculpés ou aux côtés des travailleurs russes réduits à l’esclavage ? »… En réponse à un questionnaire sur les risques de guerre, Dagerman lance « l’art de diviser pour régner aurait-il été très largement remplacé par celui d’effrayer pour régner ? »
– Après sa prise de fonction à la tête d’une revue culturelle, Stig part de la fameuse phrase de l’écrivain nazi Hanns Johst « Où j’entends le mot culture… » pour s’interroger sur le sens donné à ce mot dans la Suède contemporaine.
– Plus amusant en 1952, Dagerman conclue à la demande d’une future bachelière sur ce qu’elle doit faire après l’avoir obtenu : « il est plus important d’être asocial qu’inhumain » !
- Nous découvrons ensuite sous sa plume érudite, un morceau de l’histoire suédoise consacré aux Statares, ces ouvriers agricoles maintenus en quasi esclavage jusqu’au milieu du XIXème siècle.
– Dans un tout autre registre plus terre-à-terre, les trois textes suivants traitent des « ennuis parentaux ». Tour-à-tour Stig évoque le désarroi d’un père forcé par son rejeton de tuer ce qu’il a de plus cher. Il invite ensuite non sans humour, Jonathan Swift et Franz Kafka à s’exprimer en matière d’éducation. Enfin, Dagerman s’adresse directement aux petits enfants et leur explique non sans exemples pourquoi ils sont souvent « obligés d’obéir ».
– Suit un petit texte ludique au sujet des « chiens qui n’ont pas le droit de fumer dans les trains danois » ! –
Le suivant évoque le Printemps français. Il a été écrit en 1947/48, tandis que les époux Dagerman se rendent en France. Nous aurons donc l’occasion de traverser avec eux en auto le Danemark, l’Allemagne, la Hollande, la Belgique et la France. Dans une Europe de l’après-guerre recouverte de décombres et de pitoyables nostalgiques d’Hitler et encore soumise au marché noir. Nous découvrirons entre autres, un « Paris désabusé, petite cité aux habitants fatigués où les maisons sont basses et grises comme si elles avaient été peintes par des journées entières de pluie et des rues où fleurissent des noms nouveaux de résistants ». Ce Paris où galope une prostitution parallèle, tandis que démarre la « légende Jean Genet ». Dagerman nous racontera l’histoire du résistant Jean Portal, racontée par sa mère, Etta Federn, une écrivaine radicale anarcho-syndicaliste autrichienne et dont Stig tirera L’ombre de Mart, sa pièce de théâtre aux accents de tragédie, mais en ayant un peu déformé la véritable histoire des deux fils d’Etta. Le recueil s’achève sur un poème acerbe que Dagerman adressa au président du Comité de l’assistance publique suédoise qui considérait « que les allocataires ne devaient pas avoir de chiens » !
Juliette Speranza : Nous sommes tous des minorités
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Dans son introduction de Nous sommes tous des minorités (éd. du Faubourg), Juliette Speranza part du constat que « la fièvre antiwoke a envahi les médias or, opposer woke et antiwoke n’a aucun sens : une société sans minorité n’existe pas » nous dit-elle avant de revenir sur la définition de société par Aristote, c’est-à-dire une association d’individus. Mais comment s’associer à un groupe niant ou menaçant votre existence-même ? A qui profite le silence des minorités ? D’ailleurs, qu’entend-on par minorité, une réalité statistique ou politique ? Et si les minorités étaient non pas une démarche identitaire mais une opportunité ? Albert Camus n’a-t-il pas écrit « la démocratie ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité » ? Pour nous en faire une idée plus précise, Juliette Speranza est allée puiser dans les situations individuelles et le vécu d’une dizaine d’individus, comme autant de témoignages et les analyse ensuite d’une manière éloquente.
« L’égalité sous-entend une discussion continue, pas seulement entre majorité et minorité, mais aussi entre minorités »
Le témoignage de Gabrielle Deyder nous entraine dans l’univers « des grosses » et nous comprenons très vite pour quelles raisons elle avait décidé d’en finir un certain jour de juin 2016, lassée des moqueries, des injonctions à maigrir, de se sentir rejetée et s’entendre dire qu’elle puait. Mais surtout comment Gabrielle a fini par se raccrocher à la vie en affrontant, en écrivant et en parlant de sa propre histoire. A la suite de quoi l’auteure s’appuie sur les dits de nombre de sociologues sur la condition des gros à travers l’histoire et selon les civilisations, les religions, les milieux sociaux et la science. Nous n’aurons de cesse d’être surpris. Suit l’entretien avec Alexandre victime d’homophobie, de moqueries, de harcèlement et violences depuis l’âge de huit ans, parce qu’il était efféminé. Sur ce sujet, Juliette Speranza convoque encore nombre d’auteurs et nous abreuve de références à l’histoire antique et moderne. Nicolas Joncour nous introduit, lui, dans l’univers des autistes « non-oralisants ». Ne communiquer qu’à travers un écran ou une tablette n’est pas sans inconvénient : il est souvent gêné par ses gestes incontrôlables et dans le dialogue écrit, n’ayant pas le temps nécessaire à la répartie immédiate dans certaines situations. Se rendant rapidement compte qu’il « n’était pas normal », malgré le bac qu’il décroche à ses 18 ans, il s’aperçoit rapidement que pour la société « il n’est pas rentable » et se passionne alors pour l’histoire du handicap à travers les âges et plus précisément à l’inqualifiable Aktion T4, l’extermination dans les camps nazis plus de 300 000 handicapés. Il s’engage corps et âme pour le droit à l’autodétermination, afin de s’opposer à une société validiste paternaliste et faire reconnaitre l’expérience handicapée comme une science sociale. Plus loin, l’auteure évoquera également la condition des roux, des gauchers, des bossus, des nains etc. dans l’histoire. A présent nous découvrons avec Marie Cau, la vraie face de la transidentité : « en me transformant, je ne suis pas devenue une autre ». Ne se sentant ni homme ni femme, il n’assume pas sa différence, se marie et a des enfants avant de divorcer à 40 ans et choisir la vie qui lui correspond. Devenue maire un temps, elle se bat alors pour la normalisation et la banalisation des trans et contre les violences qu’elles et ils subissent. Là encore l’auteure nous invite à faire un petit détour par l’Antiquité et remonter le temps jusqu’à la terrible condition des transexuel.les dans les années 60/70 - et ce malgré l’action concrète de Robert Badinter pour Coccinelle - assimilés aux maladies mentales et psychiatrisé.es jusqu’aux années 2010.
« Dire pour exister, c’est la stratégie des minorités. Taire pour dominer, celle de la majorité »
Nous abordons ensuite l’histoire de Fatima Benomar et comment « garçon manquée » marocaine, elle est devenue, « après une vie tumultueuse » résumée par Juliette Speranza, une figure de proue du féministe « Les femmes silencieuses dans la rue évaluent le danger, mesurent chaque trajectoire, alors que les hommes vivent la rue autrement ». Pour ponctuer son commentaire au sujet de l’expérience de Fatima, Juliette Speranza cite cette phrase de Monique Wittig « Le féminin est toujours masqué, signalé, indiqué par rapport à un référent prétendument universel : le masculin »… Le témoignage de Frédéric Moutou questionne lui, sur la double appartenance d’être noir ET créole. Métis, il ne comprend pas la notion de race et les hiérarchies issues du colonialisme concernant les différentes nuances de noireté de la peau et ses conséquences aux Antilles. Et quid en plus, du « triomphe de l’Amérique blanche » souhaitée par Donald Trump !... C’est à présent au tour de Steeve Tran, acteur vietnamien, boat people déraciné de dénoncer « la façon d’effacer l’individu sous une étiquette empêchant tout éclosion authentique ». L’auteure réfléchit ensuite sur les stéréotypes véhiculés par l’humour, ainsi que sur le fantasme de « la peur jaune » qu’elle soit économique ou pandémique. Edifiant. Suit l’entretien avec Jonas Pardo qui décida d’assumer son judaïsme après l’attentat de l’Hypermarché de Vincennes de s’engager à déconstruire les mythes et à faire face à l’antisémitisme de gauche, aiguisé par l’attitude de l’Etat d’Israel vis-à-vis des Gazaouis. La parole est donnée ensuite à Ghaleb Bencheikh (islamologue privilégié) et Saïda (mère de famille). Ils nous racontent ce que signifie pour eux être musulmans aujourd’hui en France. Pour le premier « vivre dans une grande imprécision, une forme de confusion entre appartenance religieuse, origine ethnique et sociale dans un contexte d’un double extrémisme, religieux ou amalgames racistes d’une part et de tentative de récupération électorale de l’autre », c’est pour cette raison que Ghaleb se bat pour la recherche et la diffusion de la connaissance autour de l’islam. Saïda nous raconte comment et pourquoi selon son sentiment, la méfiance face aux musulmans s’est amplifiée depuis les attentats terroristes. Juliette Speranza fait ensuite un subtil parallèle avec la situation des Burakumin, ces Japonais « impurs »… Nous terminons avec Michelle Perro, historienne et militante féministe et sa prise de conscience brutale d’être vieille (90 ans) qu’elle raconte. « On néglige la sève et l’on expose l’écorce » ! L’auteure renforcée par les propos de Simone de Beauvoir et d’autres sociologues, nous explique alors pourquoi et comment à son sens, « nous tuons les vieux de par notre organisation sociale et nos normes » !...
Ajoutons que durant ce voyage au cœur des minorités, nous aurons l’occasion de croiser bien du beau monde de Virginia Woolf à Michel Foucault, du journal anarcho-syndicaliste de la fin du XIXème La Voz de la Mujer, à Judit Butler, Simone de Beauvoir, Christine Delfy, Antonin Artaud, Franz Fanon, Denis Diderot, Monique Wittig, Arthur Rimbaud, Simone Weil, Emma Goldman etc. Un parcours vertigineux à travers les différences.
Patrick Schindler, groupe de Rouen de la FA
Une passagère clandestine
Un autre passager clandestin nous conte, en occitan, une légende : Celle-ci veut que jadis Février avait 30 jours et Janvier 29. Le 29 janvier de cette année-là une vieille se promenait dans les bois. Janvier voulut faire mourir la vieille de froid mais celle-ci se moquait de lui en lui disant "Tu es mort, Janvier, c’est ton dernier jour, tu ne m’auras pas !"
Janvier, furieux demanda à Février de lui prêter deux jours. Février accepta, et les complices firent mourir la vieille. Mais, par la suite, Janvier n’a jamais voulu rendre les deux jours à Février.
PAR : Patrick Schindler
Groupe de Rouen de la FA
Groupe de Rouen de la FA
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Le rat noir répond à l’appel de juin
En mai le rat noir lit ce qui lui plait (mai 2023)
En avril le rat noir ne se découvre pas d’un livre
Athènes . Rendez vous féministe et solidaire était donné le 8 mars
En Arès, le rat noir hellénophile attend le printemps.
Hommage au philosophe, René Schérer
Pour un mois de février à ne pas mettre un rat dehors...
Le rat noir a fait au gui l’an neuf : merveille : son œuf mensuel.
Grèce. Un Rom de 16 ans tué par un policier pour un vol à 20 €
Pour finir l’année avec le rat noir
Commémoration du 17 novembre 1973, hier à Athènes
Ballade en novembre pour le rat noir
Finies les vendanges en octobre, le rat noir fomente en tonneau
"C’est en septembre que je m’endors sous l’olivier." rêve le rat noir
Coming août, voici le rat noir.
Le rat noir lit à l’ombre en juillet
Gay Pride Athènes 2022
En mai, le rat noir lit ce qui lui plaît.
En avril, le rat noir ne se découvre pas d’un livre.
Encore un peu du rat noir pour mars
Le rat noir de mars
Vite, le rat noir avant que mars attaque...
Février de cette année-là, avec le rat noir.
Une fin de janvier pour le rat noir
deux mille 22 v’là le rat noir
Le Rat Noir de décembre...
Un rat noir de fin novembre...
Début novembre, le rat noir est là
Octobre, nouveau message du rat noir
revoilà le rat en octobre
Le message du rat noir, fin septembre
La rentrée du rat noir
La fin août du rat noir
Mi-août, voilà le rat noir !
Le rat noir, du temps de Jules au temps d’Auguste
Le rat, à l’ombre des livres
Interview de Barbara Pascarel
Le rat noir, fin juin, toujours le museau dans les livres
Un bon juin, de bons livres, voilà le rat
On est encore en mai, le rat lit encore ce qui lui plait
En mai le rat lit ce qui lui plait
Fin avril, le rat noir s’est découvert au fil de la lecture
Un rat noir, mi-avril
Une nouvelle Casse-rôle sur le feu !
Qu’est Exarcheia devenue ?
V’là printemps et le rat noir en direct d’Athènes
Le rat noir de la librairie. Mois de mars ou mois d’arès ? Ni dieu ni maître nom de Zeus !!!
Librairie athénienne. un message du rat noir
Le rat noir de la librairie athénienne. Février de cette année-là.
Le rat noir d’Athènes mi-janvier 2021
Le rat noir de la bibliothèque nous offre un peu de poésie pour fêter l’année nouvelle...
Volage, le rat noir de la bibliothèque change d’herbage
Octobre... Tiens, le rat noir de la bibliothèque est de retour...
Le rat noir de la bibliothèque pense à nous avant de grandes vacances...
Maurice Rajsfus, une discrétion de pâquerette dans une peau de militant acharné
Juin copieux pour le rat noir de la bibliothèque.
Juin et le rat noir de la bibliothèque
Mai : Le rat noir de la bibliothèque
Séropositif.ves ou non : Attention, une épidémie peut en cacher une autre !
Mai bientôt là, le rat de la bibliothèque lira ce qui lui plaira
Toujours confiné, le rat de la bibliothèque a dévoré
Début de printemps, le rat noir de la bibliothèque a grignoté...
Ancien article Des « PD-anars » contre la normalisation gay !
mars, le rat noir de la bibliothèque est de retour
Janvier, voilà le rat noir de la bibliothèque...
Vert/Brun : un "Drôle de couple" en Autriche !
Ancien article : Stéphane S., le poète-philosophe libertaire au « Sang Graal »
Algérie : l’abstention comme arme contre le pouvoir
Décembre 2019 : Le rat noir de la bibliothèque
1er décembre, journée mondiale contre le sida : les jeunes de moins en moins sensibilisés sur la contamination
A Paris, bientôt de la police, partout, partout !
Les Bonnes de Jean Genet vues par Robyn Orlin
N° 1 du rat noir de la bibliothèque
En octobre et novembre le ML avait reçu, le ML avait aimé
Razzia sur la culture en Turquie
Ces GJ isolés qui en veulent aux homos !
Service national universel pour les jeunes : attention, danger !
Vers l’acceptation de la diversité des familles dans la loi ?
Une petite info venue de Grèce
Le philosophe à l’épreuve des faits
La Madeleine Proust, Une vie (deuxième tome : Ma drôle de guerre, 1939-1940)
Loi sur la pénalisation des clients : billet d’humeur
Les anarchistes, toujours contre le mur !
Le Berry aux enchères
En route pour un nouveau tour de manège, rat noir !
Décembre, le rat noir a un scoop : Dieu existe. C’est le Père-Noël qui lui a dit.
"Qu’on me laisse à mes souvenirs de lecture" fredonne le rat noir en ce mois de novembre.
En octobre le rat noir lira-t-il des octosyllales à l’octopode octogénaire ?
Septembre, des livres plein le cartable, le rat noir fait sa rentrée
Qui est in et qui est août ? se demande le rat noir
Juillet, rat noir, qu’est-ce que tu lis pour les vacances ?
Le Rat noir a lu Guy Pique
Mai, ou, et, donc, le rat noir ?
C’est le printemps, avril, le rat noir est de retour.
Sur le calendrier du rat noir, au mois de février, les jours s’allongent peu à peu
"Monsieur Janvier, c’est des livres francs" exige le rat noir.
Décembre, le rat noir a rempli sa hotte
A Athènes, Exarcheia est toujours bien vivante : La Zone, un nouveau lieu de rencontre libertaire vient d’ouvrir ses portes !
Le rat noir fera craquer les pages blanches, octobre tiendra sa revanche
Les livres portent déjà les couleurs de septembre et l’on entend, au loin, s’annoncer le rat noir
Le raout du rat (noir) en août
Les livres du rat noir de juin, les livres du rat noir de juin
Mai, mai, mai, Patrick mai... Mai, mai, mai, rat noir !
"Nous roulerons comme les écrivains roulent Ni riches, ni fauchés... Viens être mon rat noir d’avril Viens, nous allons briser toutes les règles"
Mars : "Un pas, une pierre, un rat noir qui bouquine..."
Février de cette année-là (2024) avec le rat noir
Janvier, une nouvelle révolution... terrestre*. Et le rat noir, toujours là.
Décembre : pas d’hibernation pour le rat noir.
Novembre, le rat noir toujours plongé dans des livres.
lectures d’octobre avec le rat noir
Sœurs ensemble, tu n’es plus seule !
Les vendanges du rat noir. Septembre 2023, un bon cru...
Le rat noir est "in" pour ce mois d’août
Lunettes noires pour un rat noir, voilà juillet.
Gay Pride d’Athènes 2023 en une seule photo !
Le rat noir répond à l’appel de juin
En mai le rat noir lit ce qui lui plait (mai 2023)
En avril le rat noir ne se découvre pas d’un livre
Athènes . Rendez vous féministe et solidaire était donné le 8 mars
En Arès, le rat noir hellénophile attend le printemps.
Hommage au philosophe, René Schérer
Pour un mois de février à ne pas mettre un rat dehors...
Le rat noir a fait au gui l’an neuf : merveille : son œuf mensuel.
Grèce. Un Rom de 16 ans tué par un policier pour un vol à 20 €
Pour finir l’année avec le rat noir
Commémoration du 17 novembre 1973, hier à Athènes
Ballade en novembre pour le rat noir
Finies les vendanges en octobre, le rat noir fomente en tonneau
"C’est en septembre que je m’endors sous l’olivier." rêve le rat noir
Coming août, voici le rat noir.
Le rat noir lit à l’ombre en juillet
Gay Pride Athènes 2022
En mai, le rat noir lit ce qui lui plaît.
En avril, le rat noir ne se découvre pas d’un livre.
Encore un peu du rat noir pour mars
Le rat noir de mars
Vite, le rat noir avant que mars attaque...
Février de cette année-là, avec le rat noir.
Une fin de janvier pour le rat noir
deux mille 22 v’là le rat noir
Le Rat Noir de décembre...
Un rat noir de fin novembre...
Début novembre, le rat noir est là
Octobre, nouveau message du rat noir
revoilà le rat en octobre
Le message du rat noir, fin septembre
La rentrée du rat noir
La fin août du rat noir
Mi-août, voilà le rat noir !
Le rat noir, du temps de Jules au temps d’Auguste
Le rat, à l’ombre des livres
Interview de Barbara Pascarel
Le rat noir, fin juin, toujours le museau dans les livres
Un bon juin, de bons livres, voilà le rat
On est encore en mai, le rat lit encore ce qui lui plait
En mai le rat lit ce qui lui plait
Fin avril, le rat noir s’est découvert au fil de la lecture
Un rat noir, mi-avril
Une nouvelle Casse-rôle sur le feu !
Qu’est Exarcheia devenue ?
V’là printemps et le rat noir en direct d’Athènes
Le rat noir de la librairie. Mois de mars ou mois d’arès ? Ni dieu ni maître nom de Zeus !!!
Librairie athénienne. un message du rat noir
Le rat noir de la librairie athénienne. Février de cette année-là.
Le rat noir d’Athènes mi-janvier 2021
Le rat noir de la bibliothèque nous offre un peu de poésie pour fêter l’année nouvelle...
Volage, le rat noir de la bibliothèque change d’herbage
Octobre... Tiens, le rat noir de la bibliothèque est de retour...
Le rat noir de la bibliothèque pense à nous avant de grandes vacances...
Maurice Rajsfus, une discrétion de pâquerette dans une peau de militant acharné
Juin copieux pour le rat noir de la bibliothèque.
Juin et le rat noir de la bibliothèque
Mai : Le rat noir de la bibliothèque
Séropositif.ves ou non : Attention, une épidémie peut en cacher une autre !
Mai bientôt là, le rat de la bibliothèque lira ce qui lui plaira
Toujours confiné, le rat de la bibliothèque a dévoré
Début de printemps, le rat noir de la bibliothèque a grignoté...
Ancien article Des « PD-anars » contre la normalisation gay !
mars, le rat noir de la bibliothèque est de retour
Janvier, voilà le rat noir de la bibliothèque...
Vert/Brun : un "Drôle de couple" en Autriche !
Ancien article : Stéphane S., le poète-philosophe libertaire au « Sang Graal »
Algérie : l’abstention comme arme contre le pouvoir
Décembre 2019 : Le rat noir de la bibliothèque
1er décembre, journée mondiale contre le sida : les jeunes de moins en moins sensibilisés sur la contamination
A Paris, bientôt de la police, partout, partout !
Les Bonnes de Jean Genet vues par Robyn Orlin
N° 1 du rat noir de la bibliothèque
En octobre et novembre le ML avait reçu, le ML avait aimé
Razzia sur la culture en Turquie
Ces GJ isolés qui en veulent aux homos !
Service national universel pour les jeunes : attention, danger !
Vers l’acceptation de la diversité des familles dans la loi ?
Une petite info venue de Grèce
Le philosophe à l’épreuve des faits
La Madeleine Proust, Une vie (deuxième tome : Ma drôle de guerre, 1939-1940)
Loi sur la pénalisation des clients : billet d’humeur
Les anarchistes, toujours contre le mur !
Le Berry aux enchères
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