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Chroniques du temps réel

par Philippe Pelletier • le 25 janvier 2026
Blizzard en Amérique du Nord : l’anarchie des météores frappe fort
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Le continent nord-américain connaît en ce moment (fin janvier 2026) un vaste blizzard d’une énorme intensité. Les services météorologiques annoncent une baisse de température d’une vingtaine de degrés en moyenne par rapport aux « normales » de référence. Ils ont enregistré moins 6° C à Dallas (Texas), à la place des + 15°C de moyenne habituels en janvier. Ils annoncent jusqu’à moins 30° C au Québec et moins 35° au Dakota.
Le vortex polaire arctique est à l’origine de ce phénomène météorologique. Ce terme désigne une zone de basse pression étendue sur environ mille kilomètres de moyenne en hiver. Il est théoriquement centré sur le pôle Nord, mais il est également fluctuant et mobile.
Le temps de la zone polaire est conditionné par les variations saisonnières de l’ensoleillement. C’est conforme à la rotation de l’orbite terrestre par rapport au soleil qui conditionne l’évolution de la « machine macro-climatique » (ensemble des phénomènes météorologiques observables sur la Terre, qui ne correspond néanmoins pas à un supposé « climat mondial » comme le voudrait la vulgate).
En été, lorsque le soleil atteint davantage le pôle, les différences de températures sont moindres, le vortex se réduit et il est davantage localisé. En hiver, au contraire, il se renforce. Le courant-jet (jet-stream) subpolaire qui circule d’ouest en est, au niveau amont de la troposphère conditionne également le temps arctique. Lorsqu’il faiblit et se détend (« comme un élastique » si l’on choisit une image), le vortex s’élargit et il s’étend en direction du sud, en particulier sur la façade orientale du continent nord-américain. C’est ce qui se passe en ce moment, avec des records de température battus, les pires depuis une quarantaine d’années d’après le météorologue états-unien Ryan Maue.
Les causes de cette variation du courant-jet sont encore mal connues. Selon la doxa du GIEC, elles s’expliqueraient par un réchauffement relativement rapide de l’Arctique qui affaiblirait la ceinture de vents isolant l’atmosphère de la zone polaire nord-américaine. On a néanmoins du mal à comprendre ce caractère « isolant » des vents et comment du « chaud » serait susceptible de produire du « froid », et même du grand froid.
En outre, la doxa néglige les variations climatiques de la zone arctique, où l’on observe un adoucissement à l’est du Groenland, mais aussi un refroidissement à l’ouest, précisément là où se déclenchent les épisodes du vortex. Il va sans dire que ce constat météorologique malmène tous les fantasmes géopolitiques, et guerriers, concernant la ré-ouverture hors glace du fameux passage dit du « nord-ouest » (au nord-ouest par rapport au Groenland) (weather is bad). Cette route maritime raccourcirait en effet fortement la distance entre Seattle et Rotterdam par rapport au trajet passant par le canal de Panama (time is money).

Les épisodes d’extension du vortex arctique vers le sud des États-Unis (côté oriental) sont plus fréquents depuis une quinzaine d’années. Ils donnent du crédit à la théorie du géographe climatologue Marcel Leroux, dite des AMP (Anticyclones Mobiles Polaires). Leroux renverse en effet la conception climatologique habituelle considérant que ce qui se passe à l’équateur conditionne l’ensemble du temps planétaire, comme une sorte de pompe à chaleur générale. Selon lui, il faut au contraire privilégier ce qui se passe aux pôles lesquels, contrairement aux régions tropicales où l’on n’observe qu’une faible variation interannuelle des températures, sont davantage affectés par des variations dans ce domaine (sans pour autant oublier qu’à proximité du pôle, le thermomètre ne descend pas en dessous de zéro).
Pour Leroux, « le refroidissement de l’Arctique augmente la puissance et la fréquence des AMP, l’exportation d’air froid est en constant accroissement. (…). Leur trajectoire est plus méridionale, les agglutinations anticycloniques sont plus puissantes, plus fréquentes et plus étendues, les dépressions sont plus creusées, les échanges méridiens sont intensifiés » (La Dynamique du temps et du climat, Dunod, 2000, 2e édition).
Révolutionnaire, bouleversant trop de schémas établis, critiquant férocement le « tout modélisation » en privilégiant les observations sur les terrains, avec comparaisons rétroactives, la théorie des AMP est rejetée par la doxa. Il est vrai qu’elle remet en cause la conclusion comme quoi pour « lutter contre le changement climatique », il faut prôner la « décarbonation » et, donc, relancer l’électronucléaire.
Le dernier rapport du GIEC (rapport du Groupe III, celui qui est chargé des « solutions », avril 2022) reconnaît en effet que « l’énergie nucléaire peut faire partie d’une stratégie d’atténuation » de l’émission des gaz à effet de serre (p. 333). Il reste dans la lignée du précédent président du GIEC, l’économiste sud-coréen Lee Hoesung, qui, lors d’une conférence de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) tenue à Vienne le 7 octobre 2019, souhaite à cet organisme de « réussir à relever ces défis car le climat a besoin de toute l’aide possible ».
Certes, qu’en mots subtilement choisis tous ces propos sont-ils tenus ! La prudence est de rigueur pour ne pas fâcher les derniers écologistes encore opposés au nucléaire. Mais le message est clair, sauf pour les partisans obtus de la doxa qui ne voient pas non plus que, en France, les médiatiques physiciens de l’atmosphère (à ne pas confondre avec les géographes climatologues) dopés à la modélisation et à la politique de la peur via le catastrophisme sont liés au CÉA (Commissariat à l’Énergie Atomique) : Jean Jouzel, Véronique Masson-Delmotte, Hervé Le Treut, feu Michel Petit, Françoise Vimeux, François-Marie Bréon, Sylvie Joussaume, Jean-Claude Duplessy ou Christophe Cassou, des scientifiques qui, quel hasard, sont favorables à l’électronucléaire.
L’actuel épisode du vortex nord-américain a des répercussions sur la façade orientale du continent européen, dont l’Hexagone. Météo-France annonce une période de froid. Il neige à Saint-Etienne au-dessus de 850 m d’altitude. Nous sommes en hiver, quoi.
Philippe Pelletier, le 25 janvier 2026.
PAR : Philippe Pelletier
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