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par Héha Istos • le 2 novembre 2026

Le 17, K.O. Google : dire NON ! avec Ozans

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Ce 17 octobre, La manifestation organisée par le collectif Ozans dire NON, contre le projet d’usine IA de Google, fut un succès, rassemblant près de 1500 personnes. La préfecture de Châteauroux avait pourtant fait son possible pour enrayer la mobilisation, avec pas moins de 140 véhicules contrôlés. Mais la collaboration du préfet avec Google, n’a pu empêcher la longue marche de traverser les parcelles agricoles où les milliardaires états-uniens veulent délocaliser l’usine délirante qu’ils n’arrivent plus à imposer chez eux.


« Nous sommes seuls, venez nombreux nous soutenir ! ». L’appel du collectif en lutte a été entendu, amplifié par la démission de quatre élus de la mairie d’Étrechet, déchirant leur mandat pour dénoncer l’incapacité de la commune à s’opposer à un projet dont elle ne veut pas : l’artificialisation de 212 hectares de bonne terre agricole, l’engloutissement de 500 MW par an, des nuisances de toutes natures, et tout ceci pour opérer des machines électroniques dont les productions sont largement toxiques.

Au niveau local, une nouvelle étape du processus se déroulera du 2 novembre au 10 janvier, chacun pouvant « adresser ses questions » à la commission d’enquête. Une étape en trompe l’œil, si l’on se souvient, par exemple, du cas de « Campus IA », l’usine IA que l’État veut imposer à Foujus, en Seine-et-Marne. Pas grand-chose à attendre de ce dispositif purement consultatif et dont le respect de la forme fait office de traitement du fond. Pas grand-chose, sauf… sauf toutefois si la pression monte, localement bien sûr, mais aussi globalement, élargissant le mouvement à l’ensemble du pays. Or, force est de constater que l’opposition à l’IA monte en puissance. Par son ampleur, cette seconde étape de la marchandisation du monde est au rendez-vous de la convergence de nombreuses luttes. Pour n’en citer que trois, les plus visibles, on voit émerger des luttes écologiques, contre les giga-usines IA, des luttes socio-économiques, contre l’irruption des IA dans le monde du travail, et une lutte générationnelle, bien résumée par le slogan algébrique « +2 profs -2 prompts ».




Les lycéens ne s’y trompent pas. Le déferlement des IA inaugure une vague de dégradation ou destruction des métiers intellectuels et créatifs qui va rendre chaotique leurs premiers pas dans le monde professionnel. Une communication récente d’un des plus grands acteurs de l’IA, annonce la couleur : Microsoft annonce la création de 60 000 plans de « départ volontaire », pour une population de 223 000 employés. Ces emplois ne seront que très marginalement remplacés par d’autres plus enrichissants et mieux rémunérés. C’est ce que met très concrètement en évidence le fonctionnement du plus grand data center de France dédié au web, le Paris Digital Park. La société Digital Realty qui gère les 630 000 serveurs et 5000 Km de câbles déclare n’employer que 80 à 90 personnes… en complément des 1600 caméras-robots en charge de la surveillance du site.
L’automatisation est au fondement du monde digital, elle ne laissera que peu de place au travail humain.

Le 18, tout le monde déteste les Data centers
L’État déploie un front global, avançant le chiffre de 35 projets de Data Centers ; la contre-attaque elle aussi sera globale. Dès le 18, le collectif d’Ozans agrégeait les résistants de terrain et les organisations d’envergure régionale ou nationale pour fédérer les oppositions à cette industrie prédatrice, appelant à un moratoire et à un débat démocratique sur l’intégralité des projets de Data Centers.
L’Appel du 18 octobre convoque chacune et chacun à « entrer en résistance contre les data centers ». Ce 18 octobre, ne manque pas d’entrer en résonnance avec un certain… 18 juin. Autre temps, autres mœurs… l’administration n’est plus ici au service d’un occupant militaire, mais d’une oligarchie largement globalisée. Essentiellement basés en Californie, les oligarques de l’IA ont déjà installé leurs lignes de repli dans des méga-bunkers enterrés en grande partie le long des côtes de la Nouvelle Zélande ou dans les îles du Pacifique.

Héha Istos





APPEL DU 18 OCTOBRE 2026

Dimanche 18 octobre 2026, quatorze collectifs issus de toute la France ont lancé un appel commun « à entrer en résistance contre les data centers » lors de la mobilisation organisée par le Collectif Ozans dire non, sur les lieux du projet de data center de Google, à côté de Châteauroux.
Alors que le vivant sur Terre est de plus en plus menacé, les géants de la tech’ se jettent à corps perdu dans le développement incontrôlé des intelligences artificielles, en dépit de l’intérêt général et au profit de quelques-uns.

Nous dénonçons :
• l’infrastructure gigantesque de ces projets, qui s’accaparent des milliers d’hectares de terre cultivables, mettent en péril notre souveraineté alimentaire, aggravent les tensions sur le foncier agricole et entraînent la destruction d’espaces naturels (bois, forêts, marais…) indispensables à la biodiversité.

• le mépris des habitant·es et collectivités par les porteur·euses de projets et l’absence de prise en compte des besoins des territoires avec des implantations de projets dans des zones considérées comme vides ou sinistrées.

• les atteintes à la santé pour les habitant.e.s et le vivant voisins : pollutions sonore, lumineuse, de l’air, des sols et de l’eau, dispersion de gaz à effet de serre et de polluants éternels (PFAS), réchauffement local de l’environnement.

• l’utilisation de discours mensongers visant à endormir la population, avec l’utilisation de termes rassurants comme « Fermes de données », « Campus numérique » « Green Data Center », ou des termes techniques comme « Hyperscale », et même « Data Center optimisé ».

• la pression insensée et quotidienne des lobbies et le contournement du droit à un environnement sain et de l’objectif de « zéro artificialisation nette » par des manœuvres telles que la déclaration en tant que « Projet d’Envergure Régionale » ou « Projet d’Intérêt National Majeur ».

• l’absence d’anticipation des coûts publics, les promesses d’emplois toujours surestimées par les porteurs de projet de Data Centers, et jamais mises en regard de l’ampleur des destructions d’emplois causées par l’IA.

• des conséquences néfastes avérées sur le développement humain, l’éducation, l’information, la culture, et la cohésion sociale ; le pillage systématique des fruits du travail, de la créativité et de l’intelligence humaine sans aucun respect ni contrepartie pour les auteur·ices.

• l’utilisation de ces technologies à des fins de surveillance généralisée, d’actions de propagande et de manipulation des électeur·ices ; ou sur des terrains de guerre, permettant une déresponsabilisation toujours plus avancée des armées vis-à-vis des massacres commis.

• la quantité démesurée de matériaux, d’eau et d’énergie engloutie par ces projets, générant de fortes tensions voire des conflits d’usage pour l’approvisionnement des secteurs publics et privés, dans un contexte déjà fragilisé par les sécheresses de plus en plus fréquentes et précoces.

• la poursuite d’un extractivisme forcené, qui tue, maltraite, dépossède, affame des populations un peu partout dans le monde pour augmenter les stocks de minerais et terres rares nécessaires aux composants électroniques des Data Centers etsupercalculateurs.

• les investissements pharaoniques consacrés à cette nouvelle technologie, qui s’apparentent à une fuite en avant du capitalisme au nom d’un soi-disant « progrès » pouvant aboutir à un éclatement de la bulle spéculative de l’IA.

• une absence totale de maîtrise technologique dénoncée par des spécialistes de la sécurité de l’IA lanceur·euses d’alerte, avec des dangers déjà constatés de pertes de contrôle ayant un impact sur les infrastructures.

Nous, citoyen·nes réuni·es ce jour à Châteauroux, lançons un appel solennel à la société toute entière, aux organisations politiques, syndicales, associatives à se mobiliser. Il est indispensable que nous prenions le temps de choisir sur quelles voies s’engager et sur lesquelles nous devons refuser d’aller.
Au vu de la gravité de la situation, il est urgent d’agir à tous les niveaux.

Nous appelons :
• Les élu·es à exiger un moratoire et un débat démocratique sur l’intégralité des projets de Data Centers,
• Les partis politiques à cesser de cultiver l’ambiguïté en se positionnant clairement,
• Les associations et syndicats à soutenir juridiquement, financièrement, matériellement et politiquement les luttes,
• Chacun·e à entrer en résistance par une diversité de moyens et à rejoindre les collectifs s’opposant à des projets de Data Centers sur tout le territoire.

Châteauroux, le 18 octobre 2026

Les premiers Collectifs signataires :
Collectif Assez datacenter rovaltain – Valence ; Collectif IA pas moyen – Alsace ; Collectif Non au DataCenter de Rantigny ; Collectif Ozans dire NON ! – Châteauroux ; Collectif Stop Campus IA ; Collectif ViVantes (Bessé-sur-Braye (72) et Bonneveau (41)) ; Noyelles-sous-Bellonne Anti-Data Center ; L’Atelier Paysan ; Le Nuage était sous nous pieds ; Les Soulèvements de la Terre – Lille ; Les Soulèvements de la Terre – Indre ; XR (Extinction Rébellion) – Lille ; Les Amis de la Terre Drôme ; Mouvement National de Lutte pour l’Environnement – Réseau Humanité et Nature ; Terres de Luttes ; Le CIQ de l’Estaque Gare (13)


PAR : Héha Istos
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