Histoire > Terreur de la blanchitude
Histoire

par Hugues • le 27 février 2026
Terreur de la blanchitude
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Un livre de témoignages oraux collectés entre 1936 et 1938, traduits par Elsa Quéré, intitulé Sous le règne du fouet, une histoire orale de l’esclavage aux Etats-Unis. Un choix parmi 2 300 autres entretiens qui donne la parole à ceux et celles qui connurent l’esclavage, enfants ou adolescents. Ces personnes déjà très âgées à l’époque décrivent les conditions de vie des noir-e-s esclavagisés avant l’abolition en 1863. Ce sont des propos que montre la cruauté, la terreur et l’exploitation mise en place par le suprémacisme blanc dans les Etats du Sud. La préfacière Françoise Vergès rappelle d’ailleurs que le système esclavagiste fut l’un des moteurs du développement capitaliste tant aux USA que dans les Iles de la Caraïbe.

Ces témoignages de femmes et d’hommes décrivent les conditions de « vie » de cette population noire dans les grandes plantations, les maltraitances coutumières où le fouet règne en maître, les violences sexuelles (à peine évoquée dans les témoignages ?) la violence de la séparation lors de la vente de tel ou esclave, membre de la famille, à un autre propriétaire. En bref, une immense cruauté des « maîtres » blancs, femmes ou hommes pendant la période esclavagiste et même après une soi-disant émancipation à l’issue de la guerre de Sécession.
Quelques extraits pour illustrer mon propos.
Propos d’un pasteur : « Vous les nègres, obéissez à vos maîtres et à vos maîtresses et ne leur volez rien. »
Propos des personnes esclavagisées
« Fallait répondre “ Oui monsieur maître“ et saluer très bas, sinon le contremaître t’en collait une. On était leurs exclaves, on était leurs chiens. »
En 1867 « on était censé être libre. Ils avaient promis de nous payer, mais on n’a jamais rien eu. »
« Quoi qu’on fasse on avait droit au fouet […] il y avait un endroit dans la cuisine où elle attachait les esclaves aux murs […] Des fois, elle leur mettait presque le dos en lambeaux. »
« J’ai vu des hommes […] se faire assommer à coup de trique ; des femmes dénudées jusqu’aux hanches et fouettées. »
« Très souvent il arrivait couvert de sang à cause des coups que lui donnait ce satané contremaître. »
« J’ai reçu de l’éducation, mais pas celle des livres. Moi, j’ai reçu l’éducation du fouet et des coups. » (Les exclaves avaient une interdiction absolue d’apprendre à lire et à écrire).
Le maître « a menacé de me fouetter, de m’immobiliser en me liant les mains aux pieds et de me passer la muselière de fer. Ça c’était le pire. »
« ils avaient fouetté la pauvre Leah jusqu’à ce qu’elle s’écroule presque morte. Puis ils ont frotté ses plaies avec du sel et du poivre pour qu’elle souffre encore plus. »
« Les Ku Klux […] Ceux qu’ils ne fouettaient pas, ils les pendaient par les doigts et les orteils. »
« Les blancs nous disaient qu’on était né pour travailler pour eux et qu’on faisait ça très bien. »
Cette période fut épouvantable et a laissé des traces profondes dans les communautés des Etats-Unis. Le trumpisme, ses milices suprémacistes et masculinistes en sont une lamentable illustration encore aujourd’hui.
Hugues
Groupe Commune de Paris
Quéré E. (trad), 2026 Sous le règne du fouet, une histoire orale de l’esclavage aux Etats-Unis, Toulouse, Ed. Ici-bas
PAR : Hugues
Groupe Commune de Paris
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