Luttes syndicales > Actualités des luttes de précaires sous coronavirus au 19 mai 2020 –
Luttes syndicales
par Réseau STOP PRECARITE le 24 mai 2020

Actualités des luttes de précaires sous coronavirus au 19 mai 2020 –

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1. L’accès à indemnisation de tous les sans emploi et précaires
Si le gouvernement a annoncé une « année blanche », soit la prolongation de l’indemnisation jusqu’en août 2021 pour les intermittents du spectacle, rien n’est prévu pour les autres intermittents de l’emploi, vacataires, intérimaires, CDD d’usage, qui ont vu leurs missions arrêtées ou non renouvelées dans les secteurs de la culture, de l’hôtellerie-restauration, du tourisme, du sport.. Jusqu’ici, la prolongation des droits à indemnisation ne concerne que les allocataires de l’ARE et de l’ASS et seulement jusqu’au 31 mai. La réforme de l’assurance-chômage avait déjà exclu de l’indemnisation environ 500 000 personnes au 1/11/2019 et son second volet, qui va abaisser ou diminuer les allocations d’un autre demi-million de personnes, n’est que reporté du 1er avril au 1er septembre. Or des prévisions font craindre un million de chômeur-se-s de plus sur 2020. Les associations et syndicats de chômeurs et précaires AC !, APEIS, CNTPEP CGT, MNCP, syndicats CGT et SUD de Pôle emploi, Solidaires, SUD Culture, le DAL, Stop Précarité demandent la prolongation sur un an de l’ensemble des droits des chômeur-se-s et précaires inscrit-e-s à Pôle emploi, et l’ouverture de droits à une indemnisation leur permettant de vivre à l’ensemble des personnes en emploi discontinu ou sans emploi et qui ne pourront en retrouver durant cette période, la suppression des contrôles, radiations et trop-perçus. Ils demandent également la création d’un Fond exceptionnel d’indemnisation alimenté par une augmentation des cotisations patronales et la taxation des hauts revenus et des profits et dividendes des entreprises. Le Collectif des Précaires Hôtellerie Restauration Evénementiel (CPHRE sur facebook et cphre2020@hotmail.com) se joint à cette demande. Les vacataires de la culture comme ParisVacAction, collectif des vacataires de Paris Musées, réclament la prolongation automatique de leurs contrats depuis le 16 mars et l’embauche en CDI ou la titularisation.
L’annonce le 4 mai d’une aide exceptionnelle de 200 euros aux jeunes de moins de 25 ans précaires, étudiants ayant perdu leur travail ou stage, et jeunes percevant l’APL, ne répond pas à la gravité de leur situation, qui a suscité des initiatives solidaires citoyennes. Il faut un accès au RSA dès 18 ans et sa revalorisation, un moratoire des loyers pour les faibles revenus, une année blanche des expulsions locatives jusqu’à fin mars 2021. Rejoignez la campagne du DAL : www.loyersuspendu.org

2. De nouvelles atteintes au droit du travail
Au lieu de réduire la durée du travail pour en partager l’accès, le gouvernement a déjà, par ordonnance du 25 mars, autorisé jusqu’à fin 2020 à déroger à la durée maximale du travail qui passe de 48 à 60h par semaine et à 12H par jour. Semblant reprendre l’appel du MEDEF à « travailler plus pour gagner plus », Olivier Véran propose au personnel hospitalier « plus de souplesse sur les 35H pour ceux qui voudraient augmenter leur rémunération », alors qu’il est urgent de revaloriser leurs salaires, parmi les plus bas d’Europe (28è rang sur 32 pour les infirmières), en incluant les paramédicaux (aides-soignants, agents de ménage, etc..) et non de leur accorder une prime ! Ces personnels ne peuvent déjà pas prendre leurs RTT faute d’embauches (1 million de journées non prises sur les seuls hôpitaux de Paris).12 organisations syndicales et collectifs hospitaliers appellent le 16 juin à une journée de mobilisation pour l’hôpital. Enfin, le détricotage du droit du travail se poursuit : l’Assemblée nationale a voté le 15 mai une précarisation des contrats courts, autorisant les patrons à fixer le nombre maximal de renouvellements de CDD et le délai de carence entre deux contrats par simple convention d’entreprise et non plus au niveau de la branche, plus protectrice. (La jurisprudence européenne fixe la durée maximale de renouvellement d’un CDD à 5 ans).

3. La reprise de l’activité économique sans sécurité sanitaire
Dans de trop nombreu x secteurs publics et privés la reprise de l’activité a été prématurée et porteuse de risques sanitaires élevés. Cela a été permis par la réouverture des écoles maternelles et primaires le 11 mai dans des conditions d’improvisation terrifiantes, dénoncées par les enseignants, de nombreux maires et des hauts fonctionnaires du Ministère, avec pour effet 70 cas de contamination et la re-fermeture de 50 établissements.. Les Coordinations nationales de l’Éducation et Lycéenne, les Stylos Rouges, Facs et Labos en lutte appellent les personnels mis en situation de danger grave et imminent à exercer leur droit de retrait, et à faire grève s’il est contesté.
Les transports publics étant à nouveau bondés, l’inspection du travail a mis en demeure le 13 mai la RATP d’assurer sous 8 jours la sécurité à bord de ses bus, non assurée.
A la Poste, la gestion du service minimum a été chaotique, sans masques pendant plusieurs semaines, sans prioriser les opérations importantes pour les usagers, avec pour effet plus de 850 cas avérés ou suspectés de Covid 19, des cadences infernales.
Une victoire importante a été remportée contre Amazon par Solidaires rejoint par CGT, CFDT et FO à la Cour d’Appel de Versailles le 24 avril, amenant l’entreprise à fermer ses six entrepôts français. Un accord d’entreprise vient d’être signé avec ces syndicats programmant sur la base du volontariat une reprise progressive d’ici le 2 juin, le personnel restant payé à 100 % d’ici là. Une procédure d’information-consultation des CSE assistés d’un expert permettra de vérifier si les conditions sanitaires ont été observées. Les Prud’hommes ont été saisis du refus de l’entreprise de payer les salariés ayant exercé leur droit de retrait.

4. La reprise de la répression antisyndicale
En dépit des véritables urgences, la répression reprend contre les cheminots, Eric Bezou risquant le licenciement contre l’avis de l’inspection du travail (signez la pétition « Nous ne laisserons pas licencier Eric Bezou » sur Change.org), 5 cheminots de Paris-Est convoqués en entretien disciplinaire pour fait de grève contre la réforme des retraites, 3 enseignants du lycée de Melles sanctionnés arbitrairement pour s’être opposés aux ESC ...

5. La reprise des mobilisations dans l’espace public
Les mobilisations pour nos droits et libertés reprennent, bien que durement réprimées alors qu’elles respectent les impératifs sanitaires. Après le rassemblement de soutien aux quartiers populaires à l’Ile St-Denis, les petits groupes devant les hôpitaux de Tenon et Robert Debré, outre l’appel à la journée pour l’hôpital du 16 juin, une manifestation statique de soutien à nos soignants est appelée samedi 23 mai à 14H devant nos hôpitaux avec masques et distanciation.
Le 30 mai aura lieu la Marche des solidarités, annulée le 21 mars, pour la régularisation des sans papiers, la fermeture des CRA, l’égalité des droits ; elle sera organisée sur le principe d’une répartition par petits groupes sur 3 kms dans Paris. Contact : marche.des.solidarites@gmail.comDes associations, collectifs et syndicats de précaires et chômeurs prévoient aussi des actions dans l’espace public en juin.

Contacts utiles
Collectif Outils du soin : www.outilsdusoin.fr
UGICT CGT luttevirale.fr N° vert 08 05 38 48 22
Solidaires http://la-petite-boite-a-outils.org N° vert 08 05 37 21 34


PAR : Réseau STOP PRECARITE
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