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Dans un sale État
par relations extérieures le 18 mars 2020

L’entraide n’est pas un vain mot

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Communiqué des Relations extérieures de la Fédération anarchiste





17 mars 2020

Les annonces de confinement faites hier soir par le président français sont utiles, et nous ne le nierons pas. Au contraire, nous, organisés au sein de la Fédération Anarchiste, savons qu’une des valeurs les plus importantes est l’entraide. L’entraide qui signifie aussi de prendre soin des plus affaiblis et fragiles de notre société. Il n’y a pas de réelle liberté sans prise en compte des autres.

Nous ne pouvons que rejeter l’idée que seules la police et l’armée seraient aujourd’hui la solution au respect des consignes face à cette pandémie. Si, depuis des semaines, le gouvernement français n’avait pas minimisé les choses, n’avait pas refusé de prendre en compte l’alerte des soignantes, soignants et des scientifiques, nous aurions pu avoir une prise de conscience collective forte dès le début de l’épidémie. La plus belle pantalonnade étant le maintien des élections. Mais comme toujours le business est passé avant l’humain dans la tête de l’État, préoccupé avant tout par la protection des possédants.

Dans le même temps, nous ne pouvons que regretter l’attitude égoïste et malsaine de ceux qui ont pillé les stocks de masques, de gel hydroalcoolique ou bien ont dévalisé les supermarchés, poussés parfois par la peur, souvent par un instinct de survie nombriliste. Priver ceux qui en ont le plus besoin des moyens de protection nécessaires ou de nourriture n’est pas acceptable. La solidarité passe aussi par une forme d’autodiscipline face au danger.
La Fédération Anarchiste souligne qu’il y a trop d’oubliés dans tout cela : les personnes emprisonnées ne sont pas protégées efficacement, tout comme les personnes sans domiciles fixes, sans papiers, en squat de fortune, etc… Elles sont des centaines de milliers à devoir subir sans pouvoir se protéger concrètement. Ce n’est là, malheureusement que la continuité de la société dans laquelle nous vivions avant le covid19. C’est pour nous plus qu’inadmissible. À nous là aussi de faire jouer l’entraide dès que c’est possible.

Nous apportons tout notre soutien et nos remerciements à celles et ceux qui continuent à travailler parce que leurs métiers sont nécessaires : les soignantes et soignants, les aidantes et aidants, celles et ceux qui contribuent au maintien des approvisionnements, les travailleurs et travailleuses de la propreté etc…. Vous êtes des centaines de milliers à prendre des risques pour garantir que nous puissions vivre sereinement cette période. Risques accrus par l’incapacité, l’absence de volonté du patronat (privé et étatique) de garantir la sécurité. Combien de masques pour tous ceux et celles citées ? Combien de litres de gel hydroalcoolique ? Combien de mesures de distanciation de sécurité sanitaire ? Combien de réorganisations des lieux ?

Nous saurons nous souvenir de tous les patrons qui auront fait travailler des gens à des postes non nécessaires, juste pour garantir leurs profits, mettant en danger les salariés et leurs proches. Mais aussi de ceux qui dirigent l’État et qui ont minimisés les dangers que représentent ce virus pour ne pas freiner la machine capitaliste. Nous appelons d’ailleurs ceux et celles qui le peuvent à exercer leur droit de retrait au plus vite ! Ne crevons pas pour des Capitalistes !

Encore une fois, cette pandémie n’est pas une blague. Depuis le moyen âge nous savons que lesmesures de confinement sont efficaces pour enrayer la progression des maladies. Appliquons l’entraide : protégeons-nous, protégeons nos proches, nos voisins et au fond protégeons nous toutes et tous.

Il sera temps une fois ce funeste moment passé de nous débarrasser de ceux qui depuis des années tuent la solidarité, vendent tout au privé et mettent à mal la protection sociale et sanitaire. Nous les sortirons aussi sûrement que nous l’aurons fait avec le coronavirus. Et nous serons particulièrement vigilantes et vigilants, après la crise, face aux mesures liberticides et répressives qui, n’en doutons pas, nous serons présentées une fois de plus comme nécessaires.

Solidarité, entraide et courage.

Les relations extérieures de la Fédération anarchiste
PAR : relations extérieures
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