Les articles du ML papier > « Casse-rôles », le nouveau magazine féministe ET libertaire !
Les articles du ML papier
par Patrick Schindler (synthèse), groupe Botul de la Fédération anarchiste le 19 mars 2018

« Casse-rôles », le nouveau magazine féministe ET libertaire !

Article extrait du « Monde libertaire » n° 1791 de janvier 2018
Nous avons reçu le n° 2 de Casse-rôles, particulièrement fourni. En accord avec Solange, sa coordinatrice, nous avons convenu de faire un focus sur deux de ses articles. Vous laissant le plaisir de découvrir les autres. Le premier, « On fait quoi des violeurs ? », écrit par Laurence Biberfeld, pose la question de la « correctionnalisation » banalisée du viol, à la suite de la déqualification du viol d’une gamine de 11 ans par un père de famille de 28 ans... Il faut savoir que 40 à 80 % des viols, même aggravés, commis en France, échappent à la comparution en assises. Et ce, sous le prétexte d’une procédure « plus rapide et moins traumatisante et de l’engorgement des tribunaux ».

Le patriarcat, solidement enraciné dans nos sociétés par le biais d’une sexualisation des rapports entre hommes et femmes, a encore de beaux jours devant lui. Renforçant une sexualité de « droit tacite » et consumériste. Alimentée par le rôle joué par les mannequins, les starlettes et les « hardeuses » sur les sites pornos. « Un mec qui se farcit sur les sites spécialisés, les culs, chattes, nichons et sourires serviles, ne peut avoir d’autre approche d’un être humain de sexe féminin, que celle issue de ces scénarios stéréotypés », constate Laurence Biberfeld. « Il y a donc un compartiment social qui suinte le cul servile, face à un compartiment où les femmes se battent pour leurs droits. » Un compartiment pour le commerce et un autre pour le droit. Pour la loi, ce qui différencie le viol de l’abus sexuel, c’est la pénétration. Elles sont de plus en plus trash dans le porno. Esthétique de la surenchère du viol, mis en scène. De fait, systématiquement banalisé et glamourisé. Devenu « quasiment consenti » dans les vidéos, contre rémunération. Produit de grande consommation, mais qui reste un crime dans la vraie vie.

Or, une sorte de phallocratie générique habite les institutions qui ne traitent pas les crimes sexuels comme elles traitent les crimes à part entière. Comme si condamner les premiers revenait à jeter l’opprobre sur la sexualité masculine… Cas extrême de ce système : un père qui avait violé sa fille de 6 ans a été condamné à un an avec sursis, les magistrats ayant estimé que l’enfant était consentante ! Non déchu de ses droits parentaux, il l’a tuée deux ans plus tard… Car aujourd’hui, nous en sommes rendus là : braquer une banque vous envoie aux assises, mais pas le viol d’une petite fille ! Après plusieurs exemples de ce type, Laurence Biberfeld, ennemie des prisons en arrive aux solutions alternatives. Pour déconditionner un violeur, pourquoi ne pas lui faire suivre une vraie formation sexuelle, avec des rencontres de putes survivantes, de hardeuses reconverties, de victimes de viols ? Accompagnée d’une solide formation scientifique et sociologique et d’une désintoxication psychique des images violentes et addictives ? Une thérapie de substitution apte, en quelque sorte, à lui faire comprendre comment l’individu est manipulé et conditionné par la société marchande.

Le second article, signé Annie, traite de « La réforme du travail, bombe à retardement pour l’égalité professionnelle femme/homme ». Peu de médias évoquent la neutralité des textes de la réforme en ce qui concerne les droits des femmes. Elles seront pourtant les premières victimes de cette nouvelle injustice sociale. 56 % d’entre elles travaillent dans des petites entreprises où les syndicats sont moins implantés, 55 % sont en CDD, tandis qu’elles sont représentées à 85 % dans les familles monoparentales. Il existe en France, 26 % d’écart de salaires entre les femmes et les hommes. Et avec la réforme, les accords collectifs de branche seront encore moins favorables aux femmes. Sont remis en cause, l’allégement du temps de travail en cas de grossesse, la durée du congé maternité et les absences pour enfants malades. Pour sa part, la disparition du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) met en péril la prévention des violences sexuelles au travail. L’égalité entre femmes et hommes jusque-là financé par les employeurs, devra désormais être cofinancé par les comités d’entreprises financièrement limités. Et il y a fort à craindre qu’ils choisissent de privilégier les expertises économiques, « par nécessité »...





Ce numéro de Casse-rôles contient encore, entre autres, un hommage à Simone Veil, sous un mode original qui s’intitule « Les hommes aussi s’en souviennent ». Puis, « La lessive », un poème de Jacques Prévert. « Une semaine de la mode en branchouillard » interroge : « Au nom de quoi les femmes devraient-elles s’attifer comme-ci ou comme ça ? » On y trouve également une réflexion de Justhom, « Les femmes objet de toutes les convoitises », sur la société dominée par le patriarcat et le consumérisme. « Le pesant casting fille/garçon » s’interroge sur le pesant rôle genré qui nous est attribué dès la naissance. Enfin, la rubrique « Des femmes en lutte », décrit la vie de femmes remarquables, comme Gauri Devi et d’autres. Bonne lecture, en attendant le n° 3 !
PAR : Patrick Schindler (synthèse), groupe Botul de la Fédération anarchiste
SES ARTICLES RÉCENTS :
Réagir à cet article
Écrire un commentaire ...
Poster le commentaire
Annuler