Luttes syndicales > Si tous les retraités du monde voulaient se donner la main...
Luttes syndicales
par Jean-Jacques Chatelux et Ramón Pino le 20 septembre 2021

Si tous les retraités du monde voulaient se donner la main...

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Non à la retraite à 64 ans !



Emmanuel Macron n’a toujours pas renoncé à la « réforme » des retraites.
Tout incite pourtant à ne pas reculer encore une fois l’âge de départ en retraite : le fait incontestable que la moitié des personnes partant en retraite ne sont déjà plus au travail, le chômage important qui ne pourrait qu’augmenter, les jeunes en galère qui attendent le départ d’un ancien, l’augmentation des arrêts maladie des salariés les plus âgés, les dispositions dans les entreprises pour faire partir les plus âgés …
Les personnes interrogées par un sondage publié le 1er juillet 2021 par l’assurance AVIVA « estiment que l’âge moyen idéal pour partir à la retraite est de 58 ans ».
Les discours développés par tous les gouvernements depuis plus de vingt ans selon lesquels « on vit plus longtemps, on doit donc travailler plus longtemps », ceci étant présenté comme une évidence, visent en réalité à maintenir un niveau élevé du chômage. De tout temps, sous tous les cieux, un nombre élevé de chômeurs et chômeuses renforce le rapport de forces en faveur des employeurs et des détenteurs de capitaux au détriment des salariés.
C’est donc un outil qui favorise nettement la classe possédante pour ce qui est d’un partage des richesses.

Une retraite minimum à 1000 euros ?

La pension minimum à 1000 euros (85 % du Smic, légèrement inférieur au seuil de pauvreté) est inscrite dans la loi depuis 2003 et fait partie des promesses présidentielles d’Emmanuel Macron, réaffirmées lors de son allocution du 12 juillet dernier ; encore une qui ne sera pas tenue sous son quinquennat, tout comme celle de la préservation du pouvoir d’achat des retraités. La pension brute inférieure à 1000 euros ne concerne pourtant qu’une minorité : 5,7 millions de retraités, soit 37 % d’entre eux parmi les 15,5 millions, et seulement 3,4 millions (22%) en prenant en compte les pensions de réversion et les carrières à l’étranger. Près des trois quarts (74%) des personnes concernées sont des femmes (longues périodes « d’inactivité » pour garder et élever les enfants, temps partiels prolongés ...)
Un tiers des petites pensions concerne 1,8 million de retraités qui ont pourtant une carrière complète ou quasi complète (plus de trente années de cotisation). C’est-à-dire que 12 % de l’ensemble des retraités touchent entre 700 et 800 euros, pension inférieure à l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) !
Ces chiffres et statistiques sont extraits du rapport Turquois-Causse remis au gouvernement le 10 mai dernier. Il s’appuie sur une étude de la CNAV et ne prend donc pas en compte les fonctionnaires. Le rapport chiffre aussi l’attribution de 1000 euros uniquement aux nouveaux retraités, soit 51 700 personnes (8 % de nouveaux retraités) qui auraient un gain mensuel de 46 euros, ce qui représente pour l’État un coût de 54 millions en 2025.

Pensions et retraites en Europe.
Retraités serbes : 250 euros pour vivre.
Selon la caisse de retraite et d’assurance invalidité de Serbie, plus d’un million de retraités, soit 62 % de tous les retraités touchent moins de 250 euros de pension mensuelle, soit deux fois moins que le salaire moyen (550 euros). Et plus de 300 000 d’entre eux vivent avec 125 euros par mois. Ceux qui n’ont pas le droit à la retraite (plus de 100 000 personnes âgées) doivent se débrouiller sans rien : le minimum retraite n’existe pas.
En mai 2021, le ministre de la Ruralité a promis l’instauration d’une pension minimum de 100 euros pour les plus de 65 ans n’ayant pas encore cotisé. Courage et solidarité aux retraités serbes dans leurs luttes pour leurs droits !

Retraites espagnoles attaquées.
Les retraités de la CGT espagnole (anarcho-syndicaliste) informent dans un communiqué leur camarades européens du Réseau Syndical International des Solidarités et des Luttes, des conséquences du « Pacte de Tolède » qui a séparé les sources de financement des pensions (les cotisations) de celles des autres dépenses (Budget général de l’État). Ce simple artifice comptable dans un contexte de chômage, de faibles salaires, de baisses des cotisations des entreprises, génère un déficit de la Sécurité sociale et crée les conditions politiques et juridiques d’accès à la retraite, de baisse des pensions, de remise en cause du système public par répartition pour en privatiser une partie. La « dette comptable » de la Sécurité sociale de 1974 à 2017 s’élève à 800 milliards d’euros.
La CGT espagnole argumente : « la dette ou le déficit est un mensonge, car les impôts, tous les impôts, ont l’obligation politique et légale de payer les pensions. Il est anti-social de prétendre qu’il incombe aux seuls travailleurs de maintenir le système public de retraite, en particulier lorsque l’on constate une détérioration croissante du travail et des salaires ».
La Coordination des retraités de la CGT espagnole défend une retraite solidaire par répartition car les ressources et les richesses peuvent payer les retraites, celles d’aujourd’hui et celles des générations futures.

Les retraités espagnols dans l’action.
Les retraités d’Espagne invitent les organisations européennes du Réseau Syndical International des Solidarités et Luttes à participer aux mobilisations prévues par la COESPE (Coordination nationale pour la défense du système public des retraites). Une caravane de 160 personnes dans 40 véhicules partira du Pays Basque et fera escale à Paris le 27 septembre dans l’après-midi.
En lien avec les camarades belges, elle se rendra à Bruxelles le 28 septembre pour présenter les revendications au Parlement européen. Toutes les organisations européennes du réseau syndical sont invitées à se mobiliser.

Et en France ?



Mobilisation des retraités le 1er octobre 2021.
Le 14 décembre 1990, l’Assemblée générale des Nations-Unies a voté la création de la journée internationale des personnes âgées chaque 1er octobre. Cette journée ne doit pas se résumer à porter un meilleur regard sur ces personnes. Aussi les organisations syndicales se mobilisent pour :
le pouvoir d’achat, le droit à la santé, les services publics de qualité (dont un service public à l’autonomie).
Face au retour d’une réforme des retraites et à la baisse des salaires, plusieurs syndicats, CGT, FO, FSU, Solidaires et organisations jeunesse FIDL,UNEF, MNL, UNL, appellent à se mobiliser « pour les salaires, les emplois et les conditions de travail et d’études ».
Le 5 octobre sera également journée de mobilisation générale regroupant organisations syndicales et politiques pour réaffirmer les revendications du prolétariat. Gageons que contrairement aux manifestations anti-pass on ne risque pas d’y voir les partisans de l’extrême-droite ou de la droite la plus réactionnaire : les luttes sociales, c’est toujours pas leur truc. Nous anarchistes, serons évidemment dans la rue pour réaffirmer notre soutien à toutes les luttes sociales, sans attendre quoi que ce soit de la campagne électorale qui se dessine, et dont l’issue ne changera rien à la condition des travailleurs et travailleuses. Ce n’est pas dans les urnes que ça se passe, ce doit être dans la rue et dans nos entreprises.
Pour nos intérêts de classe,
c’est tous ensemble qu’on peut gagner !
c’est tous ensemble qu’on finira par gagner !


Jean-Jacques Chatelux et Ramón Pino
(Jean-Jacques Chatelux et Ramón Pino)









PAR : Jean-Jacques Chatelux et Ramón Pino
Jean-Jacques Chatelux et Ramón Pino
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le 20 septembre 2021 19:25:04 par Luisa

Pour avoir travaillé très durement pendant des décennies, le corps usé et fatigué, les hommes meurent beaucoup plus tôt que la plupart des femmes. La réversion de retraite est versée aux femmes. Depuis peu de temps, les hommes peuvent enfin eux aussi prétendre à la réversion de retraite de leur femme ! Une inégalité qui a perduré dans le silence ( …. ).