Actus anarchistes > Germinal juin 2019
Actus anarchistes
par René Berthier le 30 août 2019

Germinal juin 2019

Lien permanent : https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=4198

Nous recevons de nos camarades de la revue Germinal [note] — Revue d’études libertaires, de Madrid le numéro de juin composé de trois articles extrêmement intéressants.





Le premier, de Thiago Lemos Silva, est intitulé (je traduis) : « Neno Vasco par lui-même : la chronique comme écriture de soi dans la biographie d’une anarchiste. »
Neno Vasco était un militant portugais actif dans le mouvement anarchiste brésilien de 1901 à 1911. Il a maintenu une présence au sein du mouvement brésilien après son retour au Portugal à travers ses écrits dans la presse anarchiste portugaise. Sa publication posthume, A Concepção Anarquista do Sindicalismo [La Conception anarchiste du syndicalisme] (Lisbonne : A Batalha, 1920 ; republié en 1984), a été particulièrement influente dans le mouvement brésilien. C’est à travers de tels écrits que les mouvements anarcho-syndicalistes d’Amérique latine sont restés attachés au communisme anarchiste comme leur idéal ultime.
Dans son article, Thiago Lemos Silva étudie les chroniques de Neno Vasco qui furent publiées dans le livre Da Porta da Europa [De la porte de l’Europe] et dans la presse anarchiste portugaise et brésilienne. A partir de ces chroniques, l’auteur tente de soulever des questions théoriques et conceptuelles sur la façon dont Neno s’est construit dans sa trajectoire aussi bien individuelle que collective.
Bien que ses écrits aient été destinés à informer et débattre avec les lecteurs brésiliens et portugais sur la lutte quotidienne menée par le mouvement anarchiste et ouvrier dans différents pays d’Europe, ces écrits ont également permis au biographe de réaliser une sorte d« écriture de soi » et de trouver une clé pour ouvrir la porte de l’histoire du mouvement anarchiste et ouvrier sur le continent européen.

L’article suivant, de Michel Suarez, est intitulé « Notas sobre la revolución social y los historiadores ». (Notes sur la révolution sociale et les historiens). Michel Suarez n’est pas un nom étranger aux lecteurs du Monde libertaire puisqu’il nous a donné une contribution au numéro spécial que nous avions consacré au centenaire de la Révolution russe : « La Révolution russe et le mouvement libertaire espagnol : un amour impossible » (Monde libertaire 1790).
Dans son article de Germinal, Michel Suarez nous donne son interprétation de la guerre civile espagnole, qui est généralement présentée comme un conflit armé entre les « deux Espagnes », occultant totalement l’un des événements les plus radicaux de transformation sociale dans la société contemporaine.
Mené en grande partie par le mouvement libertaire espagnol, le projet de changement révolutionnaire lancé après le coup d’État de Franco fait encore l’objet de dissimulations, de mépris et de reproches de la part des historiens. Dans son article, Michel Suarez donne un bref aperçu bibliographique des différentes approches de la révolution et des positions idéologiques qui les soutiennent.

Le troisième article, de Clément Magnier, est intitulé « Cipriano Mera, Revolucionario antitotalitario ».
Cet article tente de comprendre l’action politique de Cipriano Mera et de son groupe de la CNT de Madrid et de montrer son rôle important dans la guerre civile ainsi que son influence possible sur les autres secteurs de la CNT grâce à ses Mémoires [note] , et à l’aide de concepts fournis par d’autres disciplines. Mera va devenir le principal propagandiste du processus de militarisation parmi les milices de la CNT, l’officier anarchiste le plus remarquable et le principal architecte de la défaite militaire communiste lors de la création du Conseil de défense nationale. L’article vise à définir sa relation avec le Front populaire et son rôle polémique dans l’issue de la guerre.
Pour les jeunes militants des années 60 et 70 qui ont aujourd’hui largement atteint l’âge de la retraite, Cipriano Mera était un de ces personnages aussi mythiques qu’impressionnants de la révolution espagnole, ceux qui ne prirent jamais vraiment la peine d’apprendre le français et dont le visage était constamment tourné vers l’Espagne, attendant la moindre occasion d’y retourner pour reprendre le combat.

Notons que Clément Magnier est l’auteur d’une biographie inédite consacrée à Cipriano Mera (1897-1975) – la seule qui existe à ce jour en langue française : Cipriano Mera Sanz, 1897-1975, De la guerre à l’exil, Clément Magnier, éditions CNT-RP, 2011, 231 p., 15 €, frais de port 3,25 €.

PAR : René Berthier
SES ARTICLES RÉCENTS :
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (9e partie)
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (8e partie)
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (7e partie)
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (6e partie)
La violence sociale est la pire des violences !
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (5e partie)
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (4e partie)
Des nouvelles du Brésil
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (3e partie)
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (2e partie)
Syndicalisme révolutionnaire et anarchisme (1e partie)
Les taureaux catalans pour l’indépendance ?
« Policiers, suicidez-vous » ?
Terrorisme ou insurrectionalisme ?
Tierra y Libertad
Nito Lemos Reis
feliz aniversario
Portugal : Sortie du dernier numéro de la revue A Idea
Recension et commentaire du livre de Reiner Tosstorff, The Red International of Labour Unions (RILU) 1920-1937
Ordre moral et partouze sado-maso
Réagir à cet article
Écrire un commentaire ...
Poster le commentaire
Annuler