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Dans un sale État
par le groupe Pierre Ruff de Perpignan le 24 mars 2016

"Débordements" policiers à Perpignan

Le maintien du projet de loi travail a donné lieu, un peu partout en France, à une nouvelle journée de manifestations le 17 mars.

À Perpignan, la jeunesse était très mobilisée avec 2000 manifestants - dont au moins 1500 lycéens - descendus dans la rue.

L’objectif partagé par une partie d’entre eux était de rejoindre l’Université (non mobilisée à Perpignan) où une assemblée générale étudiante était prévue. Les jeunes donnaient le ton et de la voix : ambiance détendue.

Mais sous prétexte d’un parcours prétendument déposé en Préfecture par le C.J.R. (Collectif des Jeunes Révoltés), un barrage humain a été mis en place avec, en première ligne, des militants CGT et PCF et en renfort, derrière, les flics... empêchant ainsi la manif de s’élancer sur les boulevards en direction de l’Université.

Le cortège a donc été canalisé sur le seul trajet autorisé par la préfette, riche de l’expérience de plus d’un siècle du contrôle de la rue et des manifs par l’État : petite traversée du centre ville pour revenir rapidement au point de départ et dispersion rapide.

Les policiers étaient présents en très grand nombre, la plupart en civil.

Les libertaires étaient peu nombreux, "en civil", pas badgés, sans drapeau, et déambulaient sur un mode cool.

Mais à la traversée de la populaire rue des Augustins, très étroite, l’encadrement policier s’est renforcé. L’atmosphère a changé brutalement lorsque des flics en civil ont fendu la foule pour s’en prendre à une camarade du groupe Pierre Ruff de la Fédération anarchiste. Protestations individuelles puis collectives n’ont pas été du goût de la flicaille : ils ont été nombreux à fondre sur ceux qui tentaient de s’opposer à l’arrestation violente de cette militante.

Deux compagnons ont été blessés. La camarade et l’un de ces compagnons ont été embarqués.

Quelques observations s’imposent. Tout d’abord, il y a eu véritablement provocation policière. Les flics se sont introduits en plein cœur de la manif pour se saisir d’une militante dont le comportement était pacifique, en phase avec le climat de la manif. Ensuite, les libertaires étaient particulièrement encadrés et surveillés depuis un petit moment (observations personnelles et déclarations policières ultérieures permettent de l’affirmer).

L’intervention de la police a été déclenchée après que les premiers slogans hostiles à l’état d’urgence commencèrent à fuser des libertaires.

Les militants politiques arrêtés sont tous deux militants anarchistes, mais aussi membres actifs de l’Observatoire pour le Respect des Droits et des Libertés, fondé pour contester l’état d’urgence. Leur mise en garde à vue visait à intimider et soumettre les militants actifs de la ville, ce que confirme l’acharnement du patron local de la police nationale qui a demandé expressément à la procureure l’autorisation de poursuivre la garde à vue de la camarade ciblée jusqu’à son terme, 24 heures.

La décision de poursuivre ou pas est entre les mains de la procureure.
PAR : le groupe Pierre Ruff de Perpignan
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