Dans un sale État > Au ministère de la Justice, Au gouvernement du Brésil : LIBERTÉ POUR RAFAEL BRAGA
Dans un sale État
par Relation internationales le 23 juillet 2017

Au ministère de la Justice, Au gouvernement du Brésil : LIBERTÉ POUR RAFAEL BRAGA


Le 20 juin 2013, il y a quatre ans, Rafael Braga, un homme noir de 25 ans, qui vivait dans la favela de Vila Cruzeiro à Rio de Janeiro, a été arrêté au moment de la dispersion d’une manifestation, à laquelle il n’a pas pris part, contre la montée du prix des autobus dans la région Centre de Rio. Il a été arrêté avec deux bouteilles en plastique avec le désinfectant « Pinho Sol » et l’eau de javel « Barra » qui ont été montrées par la police ouverte et avec des chiffons.

Rafael a servi de bouc émissaire pour le gouvernement brésilien en réponse aux manifestations en 2013 où il fut le seul condamné. Il a été accusé par la police de porter des cocktails Molotov. Il a été défendu par un avocat commis d’office, et il a été condamné à cinq ans et dix mois de prison pour avoir transporté des objets incendiaires. Cependant, le rapport de l’escadron anti-bombes de la Policia Civil témoigna que Rafael avait des produits de nettoyage qui avaient d’infimes possibilités de fonctionner comme cocktail Molotov.

Le 1er décembre 2015, il a été libéré de prison et placé en liberté conditionnelle, contrôlé par un bracelet électronique parce que la défense a été assumée par l’Institut des défenseurs des droits humains, qui avait fait appel de la sentence, et Rafael put revenir à la favela avec sa famille à Cascantinha. Le 12 janvier suivant, seulement un mois après, Rafael a été arrêté de nouveau par l’UPP (police militaire) locale qui l’a inculpé grâce au recours à un « kit de flagrant délit », consistant à placer chez lui de la drogue (0,6 g de marijuana et 9,3 g de cocaïne) et, dans ce cas, des fusées de feu d’artifice, qui sont couramment utilisées dans les favelas pour avertir de l’entrée de la police.

Ces « kits de flagrant délit » sont fréquemment utilisés par la police, parce que, selon la loi d’État de Rio de Janeiro, bien qu’il n’y ait pas d’autres preuves incriminantes, la parole de la police est suffisante pour condamner un accusé. Surtout s’il est pauvre, Noir et s’il vit dans une favela. Cette pratique est utilisée pour justifier les morts, les détentions d’innocents et les inculpations d’innocents comme Rafael Braga. Mais aussi, pour abuser les touristes en les contactant dans des lieux publics habillés en civil et en plaçant sur eux un sachet de drogue : ils sont alors arrêtés ou rançonnés. Au choix.

Après cette détention, Rafael fut accusé de trafic de drogue, association de trafic et collaboration pour le trafic de drogue. L’association et la collaboration ne sont pas compatibles, selon la loi brésilienne. Le juge n’a pas pris en compte les contradictions de la police impliquée dans l’arrestation, il n’a pas admis la procédure judiciaire demandée par la défense et, en juin 2016, a condamné Rafael à 11 ans de prison, ce qui a fait de lui une victime supplémentaire de la plus infâme violence d’État contre les pauvres, les «favelados», les Noirs, qui constituent également la grande majorité de la population pénitentiaire du Brésil.

Au cours de ces quatre années, de nombreuses campagnes de soutien ont été développées et l’affaire est reconnue dans tout le Brésil comme une barbarie de plus du système judiciaire brésilien pour avoir nié à Rafael Braga, pauvre, noir, « favelado », le droit de se défense. Cependant, le gouvernement brésilien ne veut rien savoir et garde Rafael en prison. C’est pourquoi nous avons lancé une campagne internationale pour exiger que le gouvernement brésilien le libère immédiatement.

La justice brésilienne a un plan pour Rafael Braga : la prison, le pourrissoir des Noirs pauvres, un tour d’écrou supplémentaire dans le châtiment exemplaire infligé aux Noirs, aux pauvres et aux « favelados » pour les maintenir à distance.

Nous pensons autrement : exiger sa liberté et étendre dans le monde, jusqu’en Europe, la solidarité avec Rafael, avec sa mère, qui se bat dans les rues de Rio pour la liberté de son fils qui survivait en collectant des canettes pour les recycler, qui est ni un terroriste ni un narcotrafiquant et qui, selon ses proches, ne comprend même pas bien ce qui lui arrive parce qu’il n’est qu’un jeune pauvre, un Noir, vivant dans une favela et innocent, accablé par l’État et ses juges racistes.





Plus d’information :
https://libertemrafaelbraga.wordpress.com/


http://www.federation-anarchiste.org/
relations-internationales@federation-anarchiste.org
PAR : Relation internationales
SES ARTICLES RÉCENTS :
Réagir à cet article
Écrire un commentaire ...
Poster le commentaire
Annuler